Haute-Saône : la préfecture retoque le projet d'usine de méthanisation à Grandvelle

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Le préfet de Haute-Saône a refusé la demande d'enregistrement d'une importante installation de méthanisation à Grandvelle-et-le-Perrenot déposée par la société Naturalgie. De nombreux riverains, élus et acteurs locaux avaient manifesté leur opposition au projet.

C'est peu de dire que le projet était controversé. Le 14 juillet 2021, 170 riverains et membres de la confédération paysanne avaient manifesté contre le projet d'installation d'une unité de de méthanisation sur le territoire de la commune de Grandvelle-et-le-Perrenot (Haute-Saône) comprenant 3 sites déportés de stockages des digestats sur les communes de Thurey-le-Mont, Buthiers et Gézier-et-Fontenelay. 

C'est la société Naturalgie, créée par quatre agriculteurs du Doubs et de Haute-Saône, qui a déposé la demande le 29 septembre 2020. L'idée était d'utiliser les "cultures intermédiaires" couvre-sol, exigées entre deux cultures vivrières, pour fournir le méthaniseur, notamment en seigle fourrager. Une quinzaine d'agriculteurs devaient alimenter l'installation qui pouvait produire du biogaz en grande quantité, pour assurer entre 5 et 10 % de la consommation de la ville de Besançon. La création coûtant 10 millions d'euros financés par des fonds privés. 

La préfecture a tenu compte de la forte opposition au projet. "78 % des avis des conseils municipaux, 86 % des observations des élus communaux, 96 % des observations de particuliers et 96 % des observations du monde agricole", précise le communiqué. Ces différents contradicteurs s'inquiétaient du détournement des terres agricoles nourricières. 

"La terre doit nourrir l'humanité et les animaux et non pas des méthaniseurs qui produisent un gaz qu'il serait plus pertinent d'économiser", écrivait en 2021 le collectif Vigilance méthanisation de la Romaine

Il fallait entre 800 et 1000 hectares pour produire les 36 000 tonnes de seigle fourrager destinés à alimenter le méthaniseur. Les opposants estimant qu'en réalité le double de surface serait nécessaire.

"Par ailleurs, la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) de la Haute-Saône, la chambre d'agriculture de la Haute-Saône et la confédération paysanne de Haute-Saône, ont rendu un avis partagé concernant le risque que le projet mette grandement en difficulté le contexte agricole local, au détriment des cultures vivrières", précise encore la préfecture. 

Enfin les riverains s'inquiétaient des nuisances olfactives et des norias de camions aux périodes d'ensilage. 

Le projet de méthaniseur, en gestation depuis plus de cinq ans, et qui avait déjà été proposé sur la commune de Devecey (Doubs) sera peut-être proposé sur un autre territoire par ses promoteurs.