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Dole : incident avec les gilets jaunes à l'aéroport de Tavaux

Rémi Champomier Le Progrès
Rémi Champomier Le Progrès

Au lendemain de l'incursion d'une cinquantaine de gilets jaunes dans le hall d’entrée de l'aéroport de Dole-Jura à Tavaux, les manifestants assument leur action coup de poing. Le Préfet lui, condamne et évoque un dérapage assurant que la sécurité de l'aéroport n'est pas remise en cause.  
 

Par E.Braconnier et A.Bilinski

Au lendemain de l'incursion des gilets jaunes à Dole
Au lendemain de l'incursion des gilets jaunes sur le tarmac de l'aéroport de Dole-Jura, les manifestants assument leur action coup de poing et le Préfet condamne. Images Rémi Champomier, Le Progrès et reportage E. Braconnier H. Perret ITW Yves Bongain, Porte parole des gilets jaunes du rond point d'Innovia Richard Vignon Préfet du Jura

 

 
Dans le Jura, le mouvement des gilets jaunes s'est durci hier pour la première fois en 8 semaines, avec la tentative d'incursion d'une cinquantaine de manifestants dans l'aéroport de Dole-Jura, à Tavaux. Ces habitués du rond-point d’Innovia, qui l’ont occupé jusqu’au 21 décembre dernier, ont voulu prouver aux forces de l'ordre qu'ils étaient capables d'actions plus musclées que celles menées jusque-là. « On voulait organiser un petit bras de fer avec la gendarmerie, pour leur montrer que si on voulait, on pouvait envahir la piste, mais sans le faire », explique l’un des porte-paroles du secteur, Yves Bongain.
 

Une action assumée

 
C’est donc une cinquantaine de manifestants qui a convergé vers l’aéroport dimanche en début d’après-midi, alors que sur le tarmac, le vol en provenance de Porto, avec 180 passagers à bord, effectuait sa rotation dominicale et que les voyageurs au départ étaient en train d’enregistrer leurs bagages.  Selon Yves Bongain, « au début, tout se passait bien, jusqu’à ce que du personnel de l’aéroport envenime les choses ». Une querelle aurait effectivement éclaté entre une manifestante des gilets jaunes, qui avait pris une chaise sur la terrasse du café de l’aéroport, et  une serveuse qui aurait tenté de la lui reprendre. Une version confirmée par le patron de l’établissement. Les deux femmes auraient échangé quelques claques, provoquant la colère du cortège, qui aurait décidé d’entrer dans l’aéroport…

 
Des images qui ont choqué

 
La suite, ce sont des images qui ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux qui la racontent : celles tournées par notre confrère du Progrès, Rémi Champomier. On y voit une quinzaine de gilets jaunes forcer l’entrée de l’aéroport en repoussant un cordon de gendarmes et refluer vers la sortie. « Des familles étaient en train d’enregistrer, des passagers ont crié, des enfants se sont mis à pleurer », explique le directeur de l’aéroport, Jean-Jacques Berto. Ce que confirme le porte-parole des gilets jaunes du rond-point d’Innovia : « Il y a eu 10 minutes de flottement et de bousculade. On a réussi à rentrer dans l’aéroport, juste derrière les barrières. Là, il y avait des enfants, des gens qui allaient embarquer. Il y a eu un mouvement de panique, on a dit allez, on s’en va, et on est repartis ».
 

Des passagers bloqués durant près de deux heures

 
Les manifestants ont alors bloqué les accès à l’aéroport durant près de deux heures, en érigeant des barricades aux entrées et sorties de la route, avant de libérer les lieux et de repartir à quelques centaines de mètres de là, sur le rond-point qu’ils avaient occupés durant un mois et demi.

Le Préfet du Jura, Richard Vignon, a condamné cette intrusion, qu’il qualifie de « dérapage », le premier dans le Jura depuis le début du mouvement. Selon lui, « pour certains, une minorité, il y a une tentative de durcissement du mouvement ». Il souligne que « jusque-là, les consignes données aux forces de l’ordre étaient d’engager la discussion, de négocier, de rester ferme sur ce qui est légal et que ce dialogue, cette proximité, avaient jusqu’ici bien fonctionné ».
Richard Vignon condamne cette intrusion qui ne remet, selon lui, pas en cause la sécurité de l'aéroport, déjà protégé par le plan Vigipirate. Il affirme néanmoins qu'aucune nouvelle action de ce genre ne sera tolérée et « laisse au procureur le soin de donner les suites judiciaires qui s’imposent à cette action ».
 

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