Basé à Dole, le producteur de protéines Ÿnsect lève 125 millions de dollars

L'entreprise Ÿnsect, productrice de protéines alternatives à partir d'insectes, a levé 125 millions de dollars (110 millions d'euros) pour devenir le leader mondial du secteur. Basée à Évry (Essonne), elle élève des insectes à Dole (Jura) depuis 2016 et va installer un nouveau site près d'Amiens.
Les larves de scarabée molitor, appelées "tenebrions meuniers" car friandes de farines de céréales, sont élevées puis transformées en engrais et en nourriture pour animaux depuis 2016 dans la "fermilière" de Dole (Jura).
Les larves de scarabée molitor, appelées "tenebrions meuniers" car friandes de farines de céréales, sont élevées puis transformées en engrais et en nourriture pour animaux depuis 2016 dans la "fermilière" de Dole (Jura). © Sébastien Bozon / AFP
L'entreprise française Ÿnsect, qui revendique un statut de leader mondial des protéines alternatives, annonce jeudi 21 février avoir réussi à lever un fonds de 125 millions de dollars, soit 110 millions d'euros, afin de développer la production d'insectes pour l'alimentation animale et les engrais organiques.

Cet investissement, qui représente "le plus grand tour de table hors États-Unis" dans les protéines alternatives selon le PDG Antoine Hubert, doit permettre de construire un site d'élevage d'insectes dans à Poulainville, à la périphérie d'Amiens (Somme). L'entreprise, dont le siège social est à Évry (Essonne), concentrait jusqu'à présent sa production dans sa ferme de Dole (Jura), où elle s'est installée en 2016.

 


Un marché en expansion

Elle espère, grâce à cette ferme verticale picarde, baptisée Ÿnfarm, produire jusqu'à 20 000 tonnes de farine d'insectes à sa mise en service en 2021. "On pourra probablement faire significativement plus" à terme, car "on a une grande réserve foncière sur le site de Poulainville", se réjouit Antoine Hubert, dans un entretien à l'AFP.

L'entreprise, dotée d'un carnet de commandes de 70 millions de dollars pour les quatre prochaines années, produit cette farine pour des animaux domestiques et les poissons d'élevages, "du saumon à la crevette, en passant par la truite ou le bar", précise le PDG d'Ÿnsect. Les chiens, chats et poissons représentent à eux seuls "plus de 100 milliards" sur les 500 milliards de dollars que représente le marché mondial de la nourriture animale, selon Antoine Hubert. Il chiffre le marché des fertilisants à 200 milliards de dollars.

 
Intervenants : Alexis Angot, cofondateur d'Ynsect; Antoine Hubert, PDG d'Ynsect.

 

La larve de scarabé molitor, vedette de l'entreprise

L'entreprise a sélectionné une espèce, un petit scarabée nommé le molitor, pour ses qualités nutritionnelles et sa capacité de reproduction, laquelle "peut monter très fortement grâce au fait qu'il aime bien vivre en groupe", indique Antoine Hubert. La démarche présente également un intérêt sur le plan environnemental: les protéines d'insectes utilisées en aquaculture peuvent se substituer à la farine et à l'huile de poisson. Ces matières premières sont fabriquées à partir de la pêche minotière (sardines, anchois), souvent décriée car elle mettrait en péril la sécurité alimentaire des populations de pays en voie de développement.

 

Ynsect emploie actuellement 105 personnes. Elle prévoit de recruter pour commencer 70 personnes supplémentaires pour son site amiénois.

La majorité des investisseurs historiques d'Ÿnsect (Bpi Ecotechnologies, Quadia, Demeter et Vis Vires New Protein Ventures) participent à ce nouveau tour de table mené par Astanor Ventures, avec IdInvest Partners, BPI large Venture, Crédit Agricole Brie Picardie, Caisse d'Epargne Hauts-de-France et Picardie Investissement (France), Finasucre et Compagnie du Bois Sauvage (Belgique), Talis Capital (UK), Happiness Capital (Hong Kong) et un family office singapourien.
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