INTERVIEW. "Dans la Nièvre, on est maltraités" : la ligne SNCF Nevers-Dijon en travaux durant sept mois

La voie ferroviaire qui relie Nevers à Dijon sera en travaux de juillet 2023 à février 2024. Denis Thuriot, le maire de la commune nivernaise, ne cache pas ses craintes pour les usagers.

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Pendant sept mois, la ligne SNCF qui relie Nevers à Dijon par transport express régional (TER) sera en travaux. De juillet 2023 à février 2024, des opérations auront lieu sur différents tronçons. Ce qui occasionnera des fermetures. 

Denis Thuriot, le maire (Renaissance) de Nevers, oscille entre l'agacement et la crainte pour les usagers nivernais. Il répond à nos questions.

Comment en arrive-t-on à des travaux longs de sept mois ?

Denis Thuriot : Dans la Nièvre on est maltraités. Notre département est le dernier de la classe au niveau régional et on ne fait rien pour que ça change, on est toujours pris en charge les derniers. C’est très pénalisant, notre département va être privé de transport vers Dijon, parce que les décisions ont été prises 7 ans trop tard. 

Qui sera dérangé durant cette période, d'après vous ? 

D.T. : On a 3 000 étudiants à Nevers, certains font le trajet toutes les semaines, ils seront fortement impactés. Je peux vous dire que certains ont renoncé à mettre Dijon sur Parcoursup à cause de ça. Il y a aussi des entreprises qui font des trajets dans la journée pour affaires.

Quelles seront les conséquences pour les voyageurs qui font Nevers-Dijon ?

D.T. : Les temps de trajet seront allongés. On est déjà à 2h20/2h30 de trajet, donc je pense qu'on sera dans les 3h30 ou 3h45. Certains n'ont pas le choix de prendre le train, et ils vont devoir supporter ces temps de trajet. 

Quelles solutions pouvez-vous apporter ?
 

D.T. : Certaines entreprises se sont déjà renseignées pour les vols en avion. C'est possible, on a déjà mis ça en place avec les flying doctors. D'ailleurs, j'en profite pour demander aux professionnels de m'adresser les demandes pour pouvoir s'organiser et estimer les coûts des trajets. On est déjà capables de mettre en place des voyages quotidiens pour 30min de temps de transport.

En revanche, pour le commun des mortels, ce n'est pas une solution. Avec plusieurs collectivités on est en train d'étudier la mise en place d'un covoiturage régulier. On va se retrousser les manches pour trouver des solutions. 

Michel Neugnot : "on ne pouvait pas faire plus vite"

1er vice-président de la Bourgogne-Franche-Comté, en charge des mobilités, des transports scolaires, de l'intermodalité et des infrastructures, Michel Neugnot tient à rassurer les usagers : "On fait des réunions publiques, on compile des réponses avec la SNCF et on va répondre aux contraintes. De 70 cars de substitution, on est passé à 90 selon la demande des gens."

"Ce sont des travaux qui étaient absolument nécessaires", assure-t-il. " Cela faisait 50 ans sans travaux substantiels. On ne pouvait pas faire plus vite, on a eu la première réunion le 20 décembre 2022. Ça prend du temps de bien faire les choses. On prévoit de faire une réunion publique à Nevers, on prendra l'avis des gens en compte."

Les premiers travaux devraient commencer le 10 juillet, soit dans deux mois. Plus d'informations seront communiquées dans les prochaines semaines. Enfin, deux réunions publiques vont être planifiées, notamment à Nevers.