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Pourquoi le crédit d’impôt pour les fenêtres fait-il son retour ?

© Pixabay
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François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, vient d’annoncer le rétablissement du crédit d’impôt (CITE) pour les fenêtres. Cette mesure va telle être efficace sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre et va-t-elle satisfaire les professionnels du bâtiment ?
 

Par Fatima Larbi

Au lendemain d’une COP 24 plutôt morose, marquée par le retrait  des États-Unis et du Brésil, François de Rugy a annoncé le  rétablissement du crédit d’impôt pour les fenêtres, sur les antennes d’Europe 1.

Pour le ministre de la transition écologique et solidaire, la politique pour le climat ne se limite pas à la taxe carbone. La France doit aller plus vite et plus loin, en développant les énergies renouvelables et en fermant comme promis les centrales à charbon. Elle doit aussi favoriser les économies d’énergie, là où la marge de progrès est encore importante. 

C’est pour cette raison qu'il a réintroduit le changement de fenêtre dans le crédit d’impôt (CITE), alors qu’il avait disparu depuis 6 mois.
François de Rugy sur France 3 Aquitaine. / © France 3 Aquitaine
François de Rugy sur France 3 Aquitaine. / © France 3 Aquitaine

Pour être  précis, ce ne sont pas tous les changements de fenêtre qui sont consternés, mais uniquement le passage du simple au double vitrage. Cela concerne essentiellement des logements construits avant les années 1980. Un dispositif plafonné à 100 euros par fenêtre changée, sous forme de crédit d’impôts, dont pourront bénéficier tous les français quel que soient leurs revenus.

700 000 français ont fait des travaux pour améliorer l’efficacité énergétique de leurs logements en 2017.
 

►Le crédit d’impôts sur la transition énergétique 


Le crédit d’impôts sur la transition énergétique (CITE) a été mis en place en 2015 par la loi relative à la transition énergétique et pour la croissance verte. Son but était de permettre des économies d’énergies et limiter les émissions à effet de serre, en favorisant les travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements.  Le CITE permet de déduire une partie des sommes engagées des impôts sur le revenu. Un pourcentage qui a évolué au fil du temps.

Pour l’année 2018, malgré la désapprobation des professionnels du bâtiment et des sénateurs, le gouvernement annonce la suppression du crédit d’impôt sur les menuiseries avec une période dégressive de 6 mois et un arrêt en juin 2018.  
Son retour aura-t-il un réel effet sur la consommation d’énergie du parc immobilier et donc au final sur le climat ?

►Quel est l’impact de cette mesure sur les économies d’énergie ?


Les chiffres de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ) indiquent  que pour une maison individuelle non isolée, la déperdition d'énergie par le toit est de 25 à 30 % alors qu’elle n’est que de 10 à 15 % par les fenêtres.
© Pixabay
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Ce qui fait dire à Cyril Chapeleau, conseiller pour l’espace info énergies de Côte-d’Or :

Ce n’est pas la décision la plus pertinente pour faire des économie d’énergies. C’est plus une mesure économique pour relancer l’artisanat qu’écologique.  

Les espaces info énergies ont pour mission la réduction de la consommation d’énergie du parc immobilier. Pour cela ils ont un rôle d’information et de conseil auprès des particuliers et des collectivités.  
 

►Qu’en pensent les artisans qui installent des fenêtres ?


Monsieur Duthoit ,de l’entreprise Dijon Fermeture, n’est pas convaincu par l’annonce de François de Rugy car elle ne concerne que le passage de fenêtres en simple vitrage vers le double vitrage.

Pour nous, 70 % de l’activité fenêtre concerne le changement d’anciens doubles vitrages par des nouveaux. Cela limite les effets de la mesure !


Alors que, selon lui, il y aurait un véritable intérêt écologique à remplacer les anciens doubles vitrages.

Les doubles vitrages d’aujourd’hui sont 3 fois plus isolants thermiquement que ceux des années 1980.


Lui ne pense pas que cette mesure relancera l’activité de son entreprise, car le remplacement des simples vitrages représentait à peine 20 % de son activité en 2017.

Une annonce du ministre de la transition écologique qui doit être validée par la loi de finance d’ici le 31 décembre 2018, puis attendre le décret d’application, pour pouvoir être mise en œuvre.




 

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