Moyen d’expression privilégié de l’identité amérindienne, le Pow Wow est aussi symbole de mélange entre Amérindiens et non-Autochtones. Ils viennent de Suisse, de Normandie ou de Franche-Comté. Nous les avons croisés autour de l’arène sacrée à Ornans (Doubs). 

 

Qui sont les Amérindiens ?


Les Amérindiens ( ou Autochtones) sont les premiers habitants de l’Amérique  (centrale, latine, et du Nord). Ils étaient là bien avant les colonisateurs européens, ceux-là même qui les ont chassés de leurs territoires, réduits en servitude ou en esclavage. 

Peu à peu, leur organisation sociale s’est effritée, leur mode de vie s’est effacé. Au point de se rendre invisible. « Au Canada, nous vivons à côté de la ville de Roberval. Mais on a réalisé que beaucoup de ses habitants ne savaient même pas que nous existions », explique Diane Blacksmith, de la Nation Innue. 

Alors qui sont ceux qui les connaissent ? Ceux qui s’y intéressent ? 

Réponse en portraits croisés. 

Diane Blacksmith vit près du lac Saint-Jean, au Québec. Comme 20 000 autres, elle fait partie de la Nation des Innus. Bien qu'elle soit la deuxième plus grande Nation du Québec, sa culture, voire son existence, reste très peu connue.  / © Amandine Plougoulm
Diane Blacksmith vit près du lac Saint-Jean, au Québec. Comme 20 000 autres, elle fait partie de la Nation des Innus. Bien qu'elle soit la deuxième plus grande Nation du Québec, sa culture, voire son existence, reste très peu connue. / © Amandine Plougoulm
 

 

Eric Navet, le parrain

Sociologue, ethnologue, le normand passionné est désormais retraité. Ses recherches sont à cheval entre la Guyane et le Canada.
  
Eric Navet est le parrain de cette 10ème édition du Pow Wow d'Ornans. Les recherches de l'ethnologue portent surtout sur la Guyane et le Canada.  / © A. Plougoulm
Eric Navet est le parrain de cette 10ème édition du Pow Wow d'Ornans. Les recherches de l'ethnologue portent surtout sur la Guyane et le Canada. / © A. Plougoulm
 

  On ne peut connaître les êtres humains si on ignore les sentiers qu’ils foulent, les paysages qui les entourent et qui marquent autant leur imaginaire qu’ils déterminent leur vie quotidienne

 
© A. Plougoulm
© A. Plougoulm

 
«  Le pow wow, c’est un moment où les gens se rassemblent. Il permet aussi de montrer la culture amérindienne. Pour les communautés qui y participent, c’est aussi une façon de vivre. Il y a des familles qui circulent tout l’été et qui vont de Pow Wow en Pow Wow, avec tentes et tipis »
 
 
© A. Plougoulm
© A. Plougoulm
 

Christian Larqué, l'organisateur invétéré



Christian Larqué, président de l’association Four Winds, chapeaute l’organisation du Pow Wow depuis plusieurs années. 

 
Christian Larqué est le président de Four Winds. Depuis 20 ans, son association s’attache à promouvoir les connaissances, les façons de vivre et de penser des premiers habitants des Amériques. / © A. Plougoulm
Christian Larqué est le président de Four Winds. Depuis 20 ans, son association s’attache à promouvoir les connaissances, les façons de vivre et de penser des premiers habitants des Amériques. / © A. Plougoulm

 
« J’ai toujours été intéressé par les Amérindiens, depuis tout petit. En 1974 j’étais à Boston, je faisais un stage au Massachusetts Institute of Technology. Alors j'en ai profité pour aller à la rencontre des Amérindiens ! Tout simplement parce que j’adore l’autre. » 

 

 

Les apprenties

Le Pow Wow est également affaire de transmission. Les rites perdurent car ils s'apprennent de générations en générations. Certains maîtres ont même des apprentis. 
 
Eve Angelina et Alana ont 11 ans. Elles sont venues à Ornans pour célébrer la culture amérindienne du Mexique. 
 / © A. Plougoulm
Eve Angelina et Alana ont 11 ans. Elles sont venues à Ornans pour célébrer la culture amérindienne du Mexique. / © A. Plougoulm


On habite en Suisse, et le Pow Wow, pour nous, ça représente le Mexique. C'est notre père qui nous montre. Avant la cérémonie, on brûle le copal ( NDLR : résine végétale, encens). Ca sent bon et puis ça purifie

 
Laetitia Granjean a 26 ans, elle vient de Suisse. C'est l’apprentie de Manou Tlaloc, père d'Eve Angelina d'Alana ( vous suivez toujours ?). I / © A. Plougoulm
Laetitia Granjean a 26 ans, elle vient de Suisse. C'est l’apprentie de Manou Tlaloc, père d'Eve Angelina d'Alana ( vous suivez toujours ?). I / © A. Plougoulm

«  Je suis l'apprentie de Manou Tlaloc. Je suis née en Suisse, mais j'ai toujours été intéressée par la spiritualité. Il m'enseigne les rites de purification, les massages chamaniques. En échange, je suis là pour l’aider si besoin  ». 
 

Le festivalier


Près de 12 000 festivaliers étaient attendus, pour cette dixième édition. Tous ont pu participer aux danses dites intertribales, et fouler à plusieurs reprises le sol de la piste sacré. 
 
Des danses intertribales sont ouvertes à tous les festivaliers. Amérindiens comme non-autochtones peuvent donc y participer.  / © A. Plougoulm
Des danses intertribales sont ouvertes à tous les festivaliers. Amérindiens comme non-autochtones peuvent donc y participer. / © A. Plougoulm

 
© A. Plougoulm
© A. Plougoulm


Parmi eux, Jérémie, 27 ans, a tenu à faire le déplacement. 
Jérémie a vécu au Québec l'année dernière pour travailler dans un parc forestier. Il s'est beaucoup intéressé à la Nation des Innus.
Jérémie a vécu au Québec l'année dernière pour travailler dans un parc forestier. Il s'est beaucoup intéressé à la Nation des Innus.


Epris de faune, de flore, et de folklore, Jérémie est venu pour cette journée consacrée aux Nations du Québec. 

On aurait beaucoup à apprendre d'eux. Ils ont un rapport à l'autre qui est beaucoup plus simple. Et aussi un rapport à la terre bien plus respectueux de l'environnement.