Remaniement : quels ministres pour la Bourgogne ?

L'annonce de la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre donne quelques indications pour le casting bourguignon de ce remaniement.

Jean Castex a été nommé ce vendredi 3 juillet Premier ministre, à la place d'Édouard Philippe.
Jean Castex a été nommé ce vendredi 3 juillet Premier ministre, à la place d'Édouard Philippe. © GONZALO FUENTES / POOL / AFP
La ministre des Armées, Florence Parly, passée par l’Yonne et le conseil régional de Bourgogne, faisait partie de la short list pour le poste de Premier ministre. Son bilan positif à la Défense pourrait lui valoir de garder son poste.

Ce qui écarte de fait l’hypothèse – peu probable – d'une promotion du député européen bressan et juppéiste Arnaud Danjean. Vigoureusement opposé au gouvernement lors des européennes, qu’il avait mené en trio pour Les Républicains, il s'était montré plus clément sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

Pour Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État aux affaires étrangères, cette promotion de Jean Castex ne devrait pas entraîner non plus de changement majeur. On peut lui reprocher ses envies municipales de Biarritz, mais l’ancien maire de Vallery dans l’Yonne, ancien sénateur de l’Yonne est un marcheur de la première heure, et son passage au Quai d’Orsay s’est bien passé pendant trois ans.


Et Guillaume Larrivé ?

Un troisième bourguignon est en effet dans les starting-blocks. Le nom du député LR de l’Yonne Guillaume Larrivé circule depuis plusieurs jours pour ce remaniement. Farouche opposant à Emmanuel Macron depuis 2017, auteur d’un livre brûlot contre le président de la République, Guillaume Larrivé a brutalement infléchi sa position pendant le confinement, appelant à l’union nationale et critiquant son parti Les Républicains.

Une stratégie opportuniste dans la perspective de ce remaniement disent ses adversaires. Une prise de conscience, répond le député de l’Yonne, qui pourrait profiter aussi de sa proximité avec Nicolas Sarkozy, visiteur du soir fréquent de l’Elysée.

Un ministre nivernais ? 


C'est le nom dont on parlait peu, qui fait surface dans les dernières heures ! Denis Thuriot , le maire de Nevers pourrait être dans la "short list" . On dit parfois de lui qu'il est un "macroniste chimiquement pur". Venu de la gauche, il avait en effet pris la ville au Ps il y a 6 ans en s'alliant avec la droite, et il a été réélu dès le premier tour en 2020, en ne cachant pas son soutien au Président de la République.
Sa nomination n'amènerait rien en terme d'équilibre politique, mais elle serait un signe envoyé aux élus locaux, avec le maire d'une ville moyenne, qui se bat pour trouver des solutions pour redynamiser un centre-ville exsangue.

 


Florence Parly

© Arnaud Journois / MAXPPP

Florence Parly a été nommée ministre des Armées dans le second gouvernement d’Édouard Philippe, en juin 2017. Elle avait succédé à Sylvie Goulard. Florence Parly était déjà à la table du conseil des ministres sous la présidence de Jacques Chirac entre 2000 et 2002. Elle était alors secrétaire d’État au Budget, dans le gouvernement de Lionel Jospin. Elle a ensuite eu une carrière dans le privé. D’abord chez Air France, puis à la SNCF.

Florence Parly a un passé politique dans notre région. Elle a été candidate aux élections législatives dans l’Yonne en 2002 sous l’étiquette socialiste. Elle s'était inclinée au second tour face à Jean-Pierre Soisson. De 2004 à 2006, elle a occupé le poste de vice-présidente du conseil régional de Bourgogne, alors présidé par François Patriat.
 

Jean-Baptiste Lemoyne 

© Sébastien Muylaert / MAXPPP

Jean-Baptiste Lemoyne est entré dans le gouvernement d’Edouard Philippe le 21 juin 2017, après les élections législatives. Il est nommé secrétaire d’État en charge du commerce extérieur, du tourisme et de la francophonie. Avant cela, il a occupé plusieurs mandats dans l’Yonne : maire de la commune de Vallery, conseiller départemental, vice-président d’une communauté de communes, sénateur.

C’est l'un des premiers parlementaires de droite à avoir rejoint Emmanuel Macron, lors de la campagne pour l’élection présidentielle. Lors des municipales 2020, il avait voulu être candidat à Biarritz, tout comme le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume. Ils ont finalement tous deux renoncé.
 

Guillaume Larrivé 

Archives.
Archives. © Vincent Isore / MAXPPP

Guillaume Larrivé est député de l’Yonne depuis 2012, élu avec l’étiquette UMP puis LR. Ancien élève de l’ENA, diplômé de Sciences Po Paris et de l’ESSEC, il est depuis longtemps dans le monde politique. De 2007 à 2011, il est directeur adjoint de cabinet de Brice Hortefeux, ministre du gouvernement Fillon. Il sera ensuite jusqu’en 2012 conseiller pour les affaires juridiques et institutionnelles du président Nicolas Sarkozy.

En 2019, il avait été candidat à la présidence de son parti, sans succès. En février 2020, sans quitter Les Républicains, il a fondé son propre mouvement baptisé La France demain. En 2018, il publie Le coup d’État Macron, un livre où il présente le macronisme comme "un nouvel absolutisme". "Dès maintenant, il nous faut préparer l'après-Macron", écrit-il.

Pendant le confinement, il a pris un nouveau virage politique en s'érigeant contre les critiques permanentes de son camp envers le gouvernement et en demandant une union nationale. 
 

Arnaud Danjean 

© JC Tardivon / MAXPPP

Arnaud Danjean est député européen depuis 2009. Il a présidé de 2009 à 2014 la sous-commission sécurité et défense du parlement. Il était à la troisième place de la liste du parti Les Républicains lors des dernières élections européennes. Natif de Louhans, en Saône-et-Loire, il a été de 2010 à 2017 conseiller régional de Bourgogne, puis de Bourgogne-Franche-Comté.

En 2005, il fait partie du cabinet du ministre des Affaires étrangères Michel Barnier. Il sera ensuite de 2005 à 2007 au service de Philippe Douste-Blazy, nommé dans le même ministère. Il est candidat en 2007 aux élections législatives en Saône-et-Loire, mais s’incline de peu face au socialiste Arnaud Montebourg dans la 6e circonscription. En 2012, il perdra au second tour face à Cécile Untermaier, dans la 4e circonscription.

Soutien de longue date d’Alain Juppé, il faisait partie de son équipe de campagne lors de la primaire de la droite. En 2017, son nom avait circulé pour le ministère de la Défense. Quelques semaines plus tard, il avait été chargé de diriger la rédaction de la Revue stratégique de défense et de sécurité ordonnée par le président de la République pour fixer le cadre stratégique de la loi de programmation militaire 2019-2025.
 
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