EPR de Flamanville forgé au Creusot : réparer les soudures coûtera 1,5 milliard de plus

Les réacteurs de Flamanville 1, 2 et 3. Ce dernier attendra encore un peu avant d'entrer en service. / © Charly Triballeau/AFP
Les réacteurs de Flamanville 1, 2 et 3. Ce dernier attendra encore un peu avant d'entrer en service. / © Charly Triballeau/AFP

EDF compte utiliser des robots pour réparer des soudures du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, dans la Manche. Cet équipement a été forgé en partie au Creusot, en Saône-et-Loire.
 

Par B.L. avec AFP

Combien coûtera au total l’EPR de Flamanville ?

Le projet de réacteur nucléaire EPR de Flamanville a été lancé il y a quinze ans. Mais depuis, les problèmes techniques se multiplient et l’addition grimpe.

Aux dernières nouvelles, EDF a annoncé que la facture allait s'élever à 12,4 milliards d'euros suite à des problèmes de soudures, soit un nouveau surcoût de 1,5 milliard d'euros. C’est au moins trois fois plus que l'estimation de départ.

Quant à la mise en service prévue initialement pour 2012, elle est actuellement inenvisageable avant fin 2022 !

 

 

Comment va-t-on réparer les soudures du réacteur ?

EDF a présenté mercredi 9 octobre 2019 sa solution privilégiée retenue pour effectuer les travaux de réparation. Des réparations qui s'annoncent complexes car elles concernent huit soudures difficilement accessibles : elles sont situées dans la traversée de l'enceinte de confinement, la grosse structure de béton qui doit retenir les éléments radioactifs en cas d'accident.

"Le scénario de reprise des soudures de traversées privilégié par EDF est l'utilisation de robots télé-opérés, conçus pour mener des opérations de grande précision à l'intérieur des tuyauteries concernées", explique le groupe.

EDF doit transmettre à l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) "un dossier réglementaire, qui devra démontrer la conformité de l'équipement réparé. Il s'agira notamment de montrer que le procédé de soudage retenu permet d'atteindre les propriétés et le niveau de qualité requis."
"Des essais seront ainsi réalisés pour qualifier le procédé", précise le gendarme du nucléaire.
 
 

Quel est le "plan B" envisagé par EDF ?

EDF a prévu un "plan B" au cas où la solution des robots ne serait pas validée par l'ASN : cette solution de repli est "fondée sur l'extraction et la remise à niveau dans les bâtiments auxiliaires de sauvegarde" pour les soudures problématiques.

Dans ce cas, cela conduirait "vraisemblablement à un délai supplémentaire de l'ordre d'une année et un coût supplémentaire de l'ordre de 400 millions d'euros", indique Xavier Ursat, directeur de l'ingénierie et des projets "nouveau nucléaire" d'EDF. Mais la probabilité est "faible" d'avoir recours à cette solution alternative, dit-il.

 



L'affaire des soudures constitue une nouvelle déconvenue pour EDF, qui prévoyait ces dernières années de démarrer l'EPR de Flamanville fin 2019, pour une mise en service commerciale en 2020.

L'hypothèse d'un abandon pur et simple du chantier de Flamanville avait été abordée en conseil d'administration il y a quelques mois, mais elle n’a jamais vraiment envisagée par l'Etat, qui contrôle le capital de l'entreprise.

Un nouveau conseil d'administration réuni mardi 8 octobre 2019 "a approuvé la poursuite du chantier de l'EPR de Flamanville", a simplement précisé EDF.
 

​​​​​​​Les problèmes techniques de l’EPR de Flamanville

-avril 2015, on découvre une anomalie dans la composition du couvercle et du fond de la cuve fabriqués par Areva en 2006 et 2007. Des défauts de soudure sont aussi détectés sur le réacteur.

-fin 2015 : l'ASN donne son feu vert à un programme d'essais d'Areva.

2016 : Areva annonce que des "anomalies" ont été détectées dans le suivi des fabrications d'équipements au sein de son usine du Creusot (Saône-et-Loire) où a été fabriquée la cuve.

- 2018 : EDF annonce des "écarts de qualité" sur des soudures du réacteur situées dans la traversée de l'enceinte de confinement, la grosse structure de béton qui doit retenir les éléments radioactifs en cas d'accident. EDF propose de laisser huit soudures en l'état en prouvant avec des essais qu'elles ne posent pas de problème de sûreté, et de renforcer les contrôles pendant le fonctionnement du réacteur.

2019 : début juin, EDF demande à l'ASN s'il est possible de réparer les soudures vers 2024, après la mise en service du réacteur. L'ASN juge nécessaire de réparer les huit soudures avant la mise en service.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Sport : on a testé... le mölkky !

Les + Lus