Nucléaire : pourquoi y a-t-il une inspection de l'ASN sur le site Framatome de Saint-Marcel en Saône-et-Loire ?

© France 3 Bourgogne
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Six réacteurs nucléaires en exploitation sont concernés par des problèmes de fabrication de certains composants, annonce EDF. Une inspection a lieu sur le site Framatome (anciennement Areva) de Saint-Marcel, en Saône-et-Loire, où les composants en question ont été fabriqués.
 

Par B.L. avec AFP



EDF a annoncé la semaine dernière avoir été informé par sa filiale Framatome que des composants de réacteurs nucléaires sur des matériels neufs ou déjà mis en service pouvaient être défectueux.

Les procédures prévues n'ont pas été respectées par Framatome lors d'opérations réalisées "sur certaines soudures de générateurs de vapeur", de gros composants des centrales, lors de leur fabrication.


Ce mercredi, EDF annonce que 6 réacteurs nucléaires en exploitation sont concernés par ces problèmes de fabrication de certains composants découverts la semaine dernière.
Mais, le groupe estime néanmoins que ces réacteurs sont aptes au service.

"A ce stade de l'instruction technique portant sur ces composants, EDF estime que les écarts constatés ne remettent pas en cause l'aptitude au service des matériels et ne nécessitent pas de traitement immédiat", indique le groupe.
Ces problèmes de fabrication concernent notamment des équipements destinés au futur réacteur EPR de Flamanville, dans la Manche, ajoute EDF.

A noter que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit encore se prononcer après avoir achevé l'instruction du dossier. "A ce stade, on considère qu'il n'y a pas matière à arrêter les réacteurs concernés. Pour autant, le sujet doit être investigué jusqu'au bout et c'est le travail qui va être fait dans les prochaines semaines", déclare Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN.
 

Pourquoi l’Autorité de Sûreté Nucléaire a lancé une inspection sur le site Framatome de Saint-Marcel ?


L’Autorité de Sûreté Nucléaire a lancé ce mercredi 18 septembre 2019 une inspection sur le site Framatome de Saint-Marcel où ont été fabriqués les composants en question.
"On mène aujourd'hui une inspection sur le site de Framatome qui fabriquait ces équipements pour aller voir concrètement sur le terrain et au niveau de l'usine comment ce procédé était mis en œuvre et éventuellement des informations complémentaires que l'on pourrait voir au cours de l'inspection", indique Julien Collet.

Cette inspection a pour objectif de bien comprendre l'anomalie. Il s’agit aussi d'examiner les moyens mis en œuvre pour identifier les pièces concernées, pour "s'assurer qu'il n'y a pas eu de manque ou d'oubli" dans leur inventaire.

Quand le résultat de cette inspection sera-t-il connu ? Il faudra patienter un peu, le temps que l'on mène les investigations, a indiqué une porte-parole de l'ASN à France 3 Bourgogne.

 
Un ouvrier devant les forges d'Areva au Creusot (Saône-et-Loire) le 21 octobre 2016. / © MaxPPP
Un ouvrier devant les forges d'Areva au Creusot (Saône-et-Loire) le 21 octobre 2016. / © MaxPPP


Rappelons que des problèmes de fabrication sur des équipements nucléaires forgés en Saône-et-Loire ont été détectés il y a plusieurs années. A l’époque, les sites du Creusot, de Chalon-sur-Saône et de Saint-Marcel s’appelaient Areva avant d’être rebaptisés Framatome en 2018.

En 2016, une anomalie avait été détectée sur la cuve de l'EPR de Flamanville forgée en partie au Creusot. L'acier de la cuve présente un défaut de composition. L'acier contiendrait trop de carbone, ce qui nuirait à sa solidité.
D’autres pièces de réacteurs ont été fabriquées par Creusot Forge, filiale d'Areva, selon un procédé similaire à celui de la cuve de l'EPR de Flamanville, avait rappelé à l'époque l'ASN, le gendarme du nucléaire dans un communiqué.

Suite à la découverte de ces irrégularités dans la fabrication de composants de l'usine Creusot Forge, en Saône-et-Loire, l’ASN a mis en ligne en 2018 un portail internet destiné aux lanceurs d'alerte. Une vingtaine de signalements ont été reçus, dont 7 via le site internet, indiquait en mai 2019 Jean-Luc Lachaume, commissaire de l’ASN.

 

 

Quelles sont les anomalies détectées sur le site Framatome de Saint-Marcel, en Saône-et-Loire ?

"EDF a informé l’ASN d’une anomalie portant sur le non-respect des températures minimale et maximale requises lors des traitements thermiques de certaines soudures de générateurs de vapeur.

L’assemblage de composants par soudage crée des contraintes mécaniques au niveau des zones soudées. Ces contraintes, internes au matériau, viennent s’ajouter aux sollicitations auxquelles l’équipement est soumis en service.

Pour réduire ces contraintes, le fabricant met en œuvre un traitement thermique de détensionnement, qui consiste à chauffer le matériau pendant plusieurs heures à une température de quelques centaines de degrés. Ce chauffage peut être réalisé dans un four sur l’ensemble de l’équipement, ou localement par l’utilisation de dispositifs chauffants tels que des résistances électriques.

La température et la durée du traitement doivent être maîtrisées afin d’une part de résorber les contraintes résultant du soudage, et d’autre part de ne pas altérer les propriétés mécaniques du matériau", a indiqué l'ASN à France 3 Bourgogne. 

 

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