Thomas Pesquet a proposé à des lycéens du Creusot d’adopter... un blob !

Des élèves du lycée Léon Blum mènent depuis le sol une expérience avec l'astronaute français, toujours dans l'espace, à bord de l'ISS. L'opération "Adopte un blob" n'est pas du tout farfelue. Mais qu'est-ce donc que cette chose ? France 3 Bourgogne vous explique.

Du blob, on ne connaît souvent que la version hollywoodienne, tel qu'il apparaît dans un film de science-fiction de 1988 : une créature monstrueuse venue de l'espace, pour détruire la terre. Mais, en réalité, le blob n'a rien d'un organisme extraterrrestre. On le trouve dans nos sous-bois à l'état naturel. Cet organisme unicellulaire géant, totalement inoffensif, se présente sous la forme d'une masse informe et visqueuse, pouvant s’étaler sur plusieurs mètres carrés. Jaune et gluant, il n'a ni bouche, ni yeux, ni estomac, mais il parvient à voir et à digérer. Dépourvu de cerveau, il est capable d’apprendre de ses expériences. Découpé en morceaux, il cicatrise en deux minutes et est capable de se reproduire. De son nom scientifique "Physarum polycephalum", ce n’est ni animal, ni végétal. Autant dire qu'il attise toutes la curiosité des scientifiques depuis de nombreuses années.

 

400.000 élèves concernés

 

Avec le projet "blob de l'espace", l’astronaute Thomas Pesquet a eu l'idée de proposer à des lycéens français d’étudier cette étrange créature. 4.500 classes sont sont portées candidates, parmi lesquelles une Seconde aéronautique du lycée Léon Blum du Creusot. L'expérience se fait en collaboration avec le centre national d’études spatiales (CNES).

L'astronaute a emporté avec lui quatre blobs installés dans une “blob box”, pour observer l’impact de la micropesanteur et des rayonnements spatiaux sur leur nutrition, leur comportement et leur vitesse de déplacement. Parallèlement, les élèves étudient les réactions du blob au sol, pour pouvoir effectuer des comparaisons. Sur terre et dans l'espace, les blobs vont être hydratés, ce qui a pour conséquence de les sortir de leur hibernation, afin de faciliter leur observation, qui durera six mois. 

 "C'est un événement assez exceptionnel et une véritable aventure qui va se prolonger dans le temps, s'enthousiasme Christophe Miguet, professeur de SVT au lycée Léon Blum.. On réveille des blobs, des organismes qui étaient dans une sorte d'hibernation cellulaire depuis plusieurs semaines et on observe leur comportement dans les deux contextes différents (l'espace et la terre, ndlr)".

 

Lundi 11 octobre 2021, les lycéens de Saône-et-Loire ont pu découvrir les premières photos comparatives des blobs de Thomas Pesquet, envoyées depuis la station spatiale internationale. Il n'y a pas encore de date pour la publication de ce travail au long cours. Au total, près de 400.000 élèves sont concernés par l’étude (voir ci-dessous le tweet du CNRS).

 

Des graines de radis en apesanteur


Ce n'est pas la première fois que les élèves du lycée Léon Blum collaborent avec Thomas Pesquet. En 2016, ils avaient réalisé une étude expérimentale sur l'impact de l'impesanteur sur le développement morphologique des végétaux chlorophylliens. Pour se faire, Thomas Pesquet avait emporté des graines de radis à bord de l'ISS. Le projet, imaginé au lycée du Creusot, avait ensuite été déployé dans environ 1.200 classes à travers la France. “Nous avions suivi sur terre, selon un modèle que nous avions conçu, un développement similaire à celui de l’espace en faisant tourner la plante dans tous le sens pour annuler les effets de la gravité”, explique Christophe Miguet, professeur de SVT au lycée Léon Blum. 

 

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