Mi-moto, mi-vélo, voici les trottinettes électriques haut de gamme "made in Montceau-les-Mines"

En 2020, Bruno Samora a monté son entreprise pour produire des trottinettes électriques haut de gamme. Ces modèles insolites sont conçus de manière artisanale depuis son garage à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), mais l'entrepreneur espère lancer une production à plus grande échelle pour livrer davantage de véhicules en 2024.

"Si je devais décrire mon concept, ce serait un mélange d'une trottinette électrique, avec un ADN de moto et des pièces de VTT de descente", explique d'un ton passionné Bruno Samora.

Cet habitant de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) a lancé son entreprise SMA Concept pour produire des trottinettes électriques en 2020, "juste avant le covid". Depuis son garage, il assemble des modèles atypiques de trottinettes électriques. Mais ce bolide haut de gamme ne ressemble pas vraiment à ce que l'on peut retrouver sur les pistes cyclables.

 

Un châssis de moto, des roues de 24 pouces...

Impossible de ne pas penser à une grosse cylindrée. Un phare de moto, un cadre treillis tubulaire, un réservoir greffé au châssis... Mais pas de pot d'échappement ou de moteur vrombissant, juste le silence. C'est une batterie électrique, soigneusement dissimulée dans le réservoir, qui propulse l'engin.

Je suis sensible aux questions écologiques qui valorisent le fait de prendre le vélo plutôt qu'un véhicule thermique. C'est en voyant la cote grandissante des trottinettes électriques que j'ai décidé de concevoir mon modèle.

Bruno Samora

constructeur de trottinettes électriques

Outre des éléments de moto, il y a une volonté de reprendre les éléments fonctionnels d'un VTT de descente. Ainsi, les freins notamment, sont tirés des modèles haut de gamme des vélos, "pour leur fiabilité et leur durabilité". "Pour rentrer dans le détail, ce sont même des freins organiques et non en métal fritté, pour pouvoir évoluer en bord de mer sans risquer l'oxydation par exemple", précise Bruno Samora.

Pour ce qui est des caractéristiques techniques, la trottinette est bridée à 25 km/h comme le prévoit la législation. L'autonomie de la batterie prévoit une distance maximale de 60 kilomètres. Le concepteur prévoit de passer à une batterie à charge rapide d'une autonomie de 80 kilomètres. Enfin, l'ensemble des éléments pèse 37 kilos, "c'est un véhicule à part entière", défend Bruno Samora. "C'est fait pour éviter de prendre les transports en commun grâce à sa grande autonomie."

Un parcours atypique

Si l'inspiration est assez claire, c'est parce que ce passionné de mécanique a eu le temps d'apprendre à travailler sur de nombreux véhicules. "Dès 14 ans je me suis lancé dans la mécanique moto", conte le Montcellien. "Je suis passé par un CAP mécanicien cycles et motocycles en alternance, puis un BEP et enfin un bac professionnel."

Après plusieurs années d'expérience en entreprise, et un passage de cinq ans dans l'armée en tant que mécanicien automobile, Bruno Samora est rappelé par sa fibre créative. C'est donc à 35 ans qu'il reprend ses études à Espera Sbarro, une école de styliste prototypiste à Montbéliard, dans laquelle il obtient son diplôme. Il a également travaillé pour Lazareth Auto Moto, une entreprise spécialisée dans la conception de modèle d'exception, comme des motos avec des moteurs Ferrari ou Lamborghini. 

C'est en 2020 qu'il fonde SMA Concept et qu'il conçoit ses premiers modèles d'"Elec Trott", très inspiré par l'essor des trottinettes électriques, symbole de la nouvelle vague de la mobilité douce.

Un prix compris entre 3 600 € et 5 800 €

En tant que modèle haut de gamme, le prix demandé pour cette trottinette électrique est compris entre 3 800 € TTC pour l'entrée de gamme et 5 800 € TTC pour le modèle le plus développé. Le Bourguignon ne joue pas dans la même cour que Décathlon ou Xiaomi : "Le fait de tout faire de manière artisanale rend ce modèle spécial, forcément. Il faut savoir que les matériaux utilisés sont aussi très nobles : du bois, du cuir, pas du plastique partout. Les pièces de vélo que j'utilise, lorsqu'il y a les mêmes sur un vélo, il vaut entre 6 000 et 8 000 €, c'est de la qualité. Pareil pour le système électrique, un vélo électrique haut de gamme ça peut aller de 3 000 à 15 000 €." À cela, Bruno Samora propose d'ajouter de nombreux accessoires comme des porte-bagages, paniers, sacoches...

Il faut dire aussi que la clientèle visée par l'entrepreneur est déjà bien définie : "Je ne vise pas les jeunes de 15 ans, mais plutôt les personnes âgées de 30 à 70 ans". C'est aussi dans cette optique qu'est pensé le modèle. "L'objectif, c'était de faire quelque chose de vraiment confortable, sécuritaire, maniable et adapté à nos chaussées. Les grandes roues et les suspensions permettent d'absorber tous les chocs de la route par  exemple." Le support de la trottinette est également très bas, pour permettre de monter dessus sans effort.

Bien qu'il vende toujours à des particuliers, l'objectif principal du Montcellien n'est pas le grand public, mais plutôt les hôtels, gîtes, stations touristiques... Grâce à ses nombreuses options de personnalisation, la trottinette pourrait par exemple arborer les couleurs ou le logo de l'entreprise acheteuse.

Se faire connaître et améliorer la production ?

Bruno Samora envisage de se lancer dans une production industrielle pour pouvoir livrer plusieurs modèles à des clients d'ici à l'année 2024. Un tel changement dans la production pourrait lui permettre de faire assembler le châssis et de conserver le reste du travail en artisanal chez lui. Actuellement, il peut produire un modèle en "15 jours ou trois semaines", mais avec cette nouvelle organisation, ce sont plusieurs dizaines de trottinettes qui pourraient être achevées par mois.

Pour l'heure, rien n'est acté. En tant que néophyte dans l'entrepreneuriat, Bruno Samora est conseillé par le réseau Entreprendre, le réseau Initiative 71 et la Banque publique d'investissement, afin de bénéficier de l'expérience d'autres chefs d'entreprise. Reste aussi à faire connaître son produit auprès d'éventuels clients. "J'essaye de faire pas mal de salons pour montrer mon concept", assure-t-il. Il sera à Lyon pour le salon du deux-roues, du 7 au 10 mars 2024.

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