Mort d'Anthony Lambert : la Défenseure des Droits se saisit de l'affaire

Publié le Mis à jour le

Mardi 17 mai, la Défenseure des Droits Claire Hédon s'est auto-saisie de l'affaire concernant la mort d'Anthony Lambert en Saône-et-Loire, en janvier 2022. L'institution va enquêter sur d'éventuels dysfonctionnements administratifs liés au décès du mineur, placé dans un camping par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Le 31 décembre 2021, Anthony Lambert, un jeune garçon de 17 ans, disparaissait du camping de Lugny (Saône-et-Loire) dans lequel l'aide sociale à l'enfance l'avait placé quelques semaines plus tôt. Son corps sans vie et dénudé est retrouvé quelques jours plus tard, le 9 janvier.

Un décès qui interroge

La Défenseure des Droits, Claire Hédon, s'est "auto saisie de l'affaire". Elle a annoncé "se saisir d'office de la situation" confirmant une information du Parisien et à la suite des révélations de l'Association "La Vérité pour Anthony" sur le site de France 3 Bourgogne.

Claire Hédon a rappelé qu'elle a notamment pour mission de "défendre et promouvoir l'intérêt supérieur et les droits de l'enfant". De nombreuses questions se posent, notamment sur l'habilitation du camping de Lugny à recevoir des jeunes de l'ASE.

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Chalon-sur-Saône pour "homicide involontaire", à laquelle s'ajoute donc désormais les investigations "menées de manière indépendante" par la Défenseure des droits qui analyse toutes les éventuelles "défaillances des services publics, à l'aune du principe cardinal de l'intérêt supérieur de l'enfant".

Une série de défaillances ?

Placé au camping de Laives pour passer les fêtes de fin d'année, Anthony Lambert avait été finalement déplacé au camping de Lugny. Un changement surprenant comme nous le confiait il y a quelques jours François Rougeot, conseiller municipal à Lugny. Selon lui, le site n'est pas apte à accueillir des jeunes en difficulté.

Anne-Marie Laveder, une des membres de l'association, s'interroge également sur cette décision. "Le département est intransigeant sur les conditions d'accueil des jeunes qui sont confiés aux familles d'accueil", avant de poursuivre : "je ne comprends pas comment il a pu se retrouver dans ce camping qui d'après ce qu'on sait n'est pas en état pour accueillir des jeunes comme lui". 

Comment un camping peut-il accueillir des garçons comme Anthony Lambert et des jeunes avec un casier judiciaire ? Possède-t-il la double homologation ? Comment un jeune de l'aide sociale à l'enfance a-t-il pu échapper à la sécurité des vigiles ?

Anne-Marie Laveder, présidente de l'association "La Vérité pour Anthony" a réagit par rapport à cette décision de la Défenseure des Droits de s'emparer du dossier de façon très positive : "Nous sommes à la fois très satisfaits et très rassurés de savoir que Mme Claire Hédon s'auto-saisisse du dossier. Ça montre bien les questions importantes qui sont soulevées par la disparition d'Anthony, qui était confié à l'Aide Sociale à l'Enfance de Saône-et-Loire. Je pense que cela pourra donner des éclaircissements sur les dysfonctionnements ou des insuffisances de l'aide sociale à l'enfance de Saône-et-Loire. Je sais que dans la façon de travailler de la défenseure des Droits, on n'a pas le droit de refuser de la recevoir, elle peut se faire communiquer tous les dossiers qui concernent Anthony. Les administrations enquêtées ne peuvent pas se réfugier dans le silence en invoquant, soit le secret de l'instruction, soit une enquête en cours. Cela me paraît très important pour que la Défenseure des Droits puisse faire une enquête approfondie sur ce qui s'est passé."  

La présidente conclut sur l'orientation que prend maintenant le dossier : "On avait peur que Anthony tombe dans l'oubli, c'est pour cela que nous avions monté l'association. On s'aperçoit que ce n'est pas le cas et nous en sommes très heureux"

Le corps d'Anthony avait été découvert dans un champ, dénudé, dix jours après son arrivée au camping de Lugny fin décembre 2021 près du village de Montbellet, à moins de 6 kilomètres du lieu de sa disparition. Anthony aurait eu 18 ans le 10 avril. 

Ci-dessous, la réaction par téléphone d'Anne-Marie Laveder, présidente de l'association "La Vérité pour Anthony" :