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Nucléaire : pourquoi Standard and Poor's a abaissé la note d'Areva de BB- à B+

A Chalon-sur-Saône, l'embarquement de 2 générateurs de vapeur à destination des Etats-Unis / © JEAN-LUC COTTIER / MAXPPP
A Chalon-sur-Saône, l'embarquement de 2 générateurs de vapeur à destination des Etats-Unis / © JEAN-LUC COTTIER / MAXPPP

L'agence de notation financière Standard and Poor's a abaissé la note de crédit à long terme d'Areva d'un cran à "B+" mardi 22 décembre 2015. La situation financière du groupe inquiète les syndicats et notamment ceux des sites de Saône-et-Loire en Bourgogne.

Par B.L. avec AFP

Pourquoi la note d’Areva a-t-elle été dégradée ?

"Cette dégradation fait suite à l'annonce faite le 17 décembre par Areva, selon laquelle il s'attend à de nouvelles pertes importantes dans ses activités réacteurs et services, et des pertes complémentaires dans ses activités renouvelables en cours d'abandon", a expliqué S&P (Standard and Poor's) en précisant que la perspective de la note était en cours d'examen.

Cette incertitude sur la perspective "reflète le fait que nous pouvons relever ou abaisser la notation d'Areva en fonction des détails du plan de financement soutenu par l'Etat et des résultats 2015 qui seront annoncés en janvier ou février 2016", indique l'agence de notation financière. La note à court terme du groupe reste en revanche inchangée à B.

L'agence a déjà abaissé début mars de deux crans la note à long terme du groupe public nucléaire, la faisant alors passer de BB+ à BB-. Avec une note à B+, l'investissement dans Areva est considéré comme très spéculatif.
Areva, qui s’apprête à vendre une grande partie de sa division réacteurs à EDF, possède plusieurs sites en Bourgogne.
Areva, qui s’apprête à vendre une grande partie de sa division réacteurs à EDF, possède plusieurs sites en Bourgogne.



Quelles sont les solutions envisagées pour régler la crise ?

Le groupe nucléaire est en très grande difficulté. Areva a prévu pour assurer sa survie de céder une participation d'au moins 51% de son activité réacteurs à l'électricien français EDF, une opération qui devrait aboutir début 2016.

Sa filiale Areva TA, en charge de la production et de la maintenance des systèmes de propulsion des bâtiments nucléaires français, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle, devrait par ailleurs passer sous le giron de l'Etat français, déjà actionnaire à 86,5% du groupe nucléaire. "Si le soutien de l'Etat et les mesures de financement ne sont pas clairement énoncés à l'horizon de février 2016, nous allons probablement abaisser la note d'un ou plusieurs crans", prévient S&P.



Quelles sont les autres difficultés que doit affronter Areva ?

Les autres facteurs de risque cités par l'agence au sujet du devenir d'Areva incluent l'approbation par les autorités européennes de l'injection de capital de la part de l'Etat français dans Areva, le dossier à risque du réacteur EPR en construction en Finlande et les analyses lancées par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur la construction de l'EPR de Flamanville (Manche).

L’inquiétude va grandissant, notamment en Bourgogne où le groupe nucléaire possède plusieurs sites en Saône-et-Loire. Areva emploie 2 300 salariés sur les sites de Chalon/Saint-Marcel (qui fournit des équipements lourds aux centrales nucléaires) et de Creusot Forge (qui est spécialisé dans la fabrication de pièces forgées, moulées et usinées en acier).
Un plan social a été lancé par Areva : 2 700 postes seront supprimés en France, dont plus de 200 en Saône-et-Loire.



Y a-t-il un risque de "liquidation" d’Areva

Pour le syndicat CGT NP de Saint-Marcel, face à la situation financière du groupe qui se dégrade, "gouvernement et direction n’ont comme seule solution actuellement que d’annoncer des sacrifices et des reculs sociaux importants aux salariés : PDV (plan de départs volontaires), accord à la baisse sur la prévoyance et les frais de santé, volonté d’instauration de la flexibilité, etc."

Par ailleurs, ajoute la CGT, " personne ne peut ignorer l’impasse financière qui se profile en septembre 2016 et qui devient dorénavant trop proche pour ne pas nécessiter le recours à un schéma de financement transitoire afin d’éviter une défaillance d’Areva lors de la tombée de l’échéance obligataire. Dans le cas contraire le risque "d’une liquidation" d’Areva est un risque non nul…", conclut le syndicat.

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