TÉMOIGNAGE. Affaire Virginie Bluzet : "c'est le combat de ma vie", livre son père

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Écrit par Auberi Verne d'après Vincent Thollet

Depuis 25 ans, Michel Bluzet se bat pour amener devant la justice le meurtrier de sa fille, Virginie. L'annonce de l'ouverture d'un pôle dédié aux "cold cases" le 12 janvier dernier redonne espoir au père de la jeune femme, retrouvée morte le 17 mars 1997 à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire).

"J'y crois encore. J'ai de l'espoir", déclare Michel Bluzet. Cet espoir, celui que le meurtrier de sa fille Virginie soit enfin retrouvé, est ravivé par l'annonce de la création d'un pôle "cold cases" par le ministre de la Justice. Le principe : trois juges dédiés entièrement aux affaires non-résolues, comme l'affaire Virginie Bluzet.

Le 17 mars 1997, la jeune femme de 21 ans est retrouvée dans la Saône, à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire). Son corps, sans vie, est menotté et bâillonné.

Le petit ami de la jeune femme, un temps suspecté, obtient un non-lieu. Le dossier est classé en 2002, puis rouvert en 2009. L'enquête avait été relancée par la cour d'appel de Dijon, en 2020. Mais depuis, plus rien.

"Pour moi, la justice se moquait de mon cas"

Voilà 25 ans que Michel Bluzet se bat en mémoire de sa fille. S'il voit la création du pôle "cold cases" d'un bon œil, il déplore que la justice n'ait pas pris son histoire au sérieux plus tôt.

"La justice n'a pas du tout pris ma souffrance au sérieux", se chagrine-t-il. "On est des 'petits', on nous oublie complètement. On nous a laissé tomber. Pour moi la justice se moquait de mon cas."

Il met notamment en cause le premier juge qui s'est occupé de l'affaire, qui a selon refusé de recevoir la famille de la victime, et même d'interroger des témoins. "Mais la juge actuelle s'occupe bien de mon dossier. J'ai pu la rencontrer, elle est humaine", admet-il.

Michel Bluzet est aujourd'hui soutenu par les avocats Didier Seban et Corinne Hermann, qui soutiennent depuis des années des familles qui ont vécu des drames semblables.

C'était dur ces 25 années. Je vais continuer à me battre en mémoire de mon épouse, mais les années tournent.

Michel Bluzet

Le retraité de 73 ans fait également partie de l'association Christelle, qu'il a découverte après le non-lieu prononcé en 2002. "S'il n'y avait pas l'association, on n'en serait pas là encore aujourd'hui. Je pense que les dossiers seraient fermés. Et regardez pour madame Blétry : malgré tout on retrouve les assassins."

Pour Michel Blétry, la seule chose qui importe désormais est que le meurtrier aille en prison. "Lui, il a vécu depuis 25 ans. Ma fille, ça fait 25 ans qu'elle est sous terre. Elle ne demandait pas à mourir. Donc je souhaite qu'il aille en prison. C'est le combat de ma vie. Je me battrai jusqu'au bout."