Pesticides : vers une charte de “bon voisinage” pour les agriculteurs du Territoire de Belfort

© JEAN-PIERRE AMET - maxPPP
© JEAN-PIERRE AMET - maxPPP

Une charte est en projet dans le plus petit département de France. Elle vise à instaurer le dialogue entre les agriculteurs, les communes et les habitants et inviter ainsi les conflits. 

Par S.C avec Vanessa Hirson

Après le Loiret, le Territoire de Belfort devrait donc avoir une charte de bon voisinage sur la question de l'usage des produits phytosanitaires ou pesticides.

Cette charte initiée par le syndicat FNSEA au niveau national a séduit l'association des maires du Territoire de Belfort. 

Olivier Fridez emploie par exemple dans son exploitation de 300 hectares 10 à 15 produits phytosanitaires différents. Leur dosage est réglèmenté, et l'agriculteur est régulièrement contrôlé. La charte devrait permettre plus de transparence. Les riverains pourront avoir plus d'information sur les épandages en cours.


Que prévoit cette charte de bon voisinage ? 


Le projet de charte prévoit plusieurs points. Les agriculteurs qui la signeront s'engagent à respecter les lieux sensibles (écoles, parcs publics..). Ils s'engagent à prendre en compte la force du vent au moment des épandages. Des équipements écrans pourront être implantés pour capter les embruns. 

Pour Olivier Fridez, agriculteur et vice-président de la FDSEA du Territoire de Belfort cette charte est une bonne chose. "La charte doit permettre d'y voir plus clair par rapport à tout cela, d'avoir une grande transparence, chaque habitant pourra contribuer aux améliorations et voir ce qu'il revendique par rapport à nos épandages" explique l'agriculteur.

Pierre Rey, président des maires du Territoire de Belfort estime que cette charte va dans le bon sens. "Le principe de cette charte qui existait nous paraissait une solution plus intelligente pluôt que d'aller au conflit. Dans le Territoire de Belfort, nous sommes persuadés qu'un bon dialogue vaut mieux qu'une engueulade avec des particuliers ou des agriculteurs" explique l'élu. 
 
Vers une charte de bon voisinage sur l'usage des pesticides dans le Territoire de Belfort
Reportage V.Hirson, M.Meuneveaux avec Olivier Fridez Agriculteur et vice-président de la FDSEA du Territoire de Belfort Pierre Rey Président des maires du Territoire de Belfort Jean-Pierre Hocquet maire de Mandeure


Dans le Territoire de Belfort, cette charte devrait être signée par la FDSEA 90 ainsi que la Chambre interdépartementale d’agriculture 25 et 90, les Jeunes Agriculteurs du Territoire, la Coordination rurale 25-90, le Département, et l’État.

Dans le Loiret, la charte a été signée le 19 juin. "Nous y rappelons des règles élémentaires que, parfois, nous oublions dans le monde agricole. Il s’agit, par exemple, des précautions à adopter en période d’épandage dans les champs lorsqu’il y a du vent et des habitations proches" explique Cédric Benoist, président de la FDSEA du Loiret. "Nous devons communiquer davantage avec la population, les néoruraux en particulier qui ne comprennent pas bien l’agriculture", estime-t-il. 
 

Pesticides, consultation et agri-bashing 


Ces deux projets de charte interviennent alors que la FNSEA dénonce l'agri-bashing. Les agriculteurs se sentent attaqués de toute part avec la multiplication des arrêtés anti-pesticides pris par plusieurs maires de France. Les agriculteurs ont manifesté cette semaine devant plusieurs préfectures à Vesoul notamment. 

Le gouvernement a lancé début septembre, une vaste consultation publique sur les distances minimales à respecter entre habitations et zones d'épandage de pesticide. Cette consultation porte sur les distances minimales à respecter entre habitations et zones d'épandage de produits phytosanitaires agricoles dans tous les départements où aucune charte locale n'aura été signée, a indiqué le ministère de l'Agriculture. La consultation a duré trois semaines et va désormais être dépouillée. Le gouvernement a proposé de fixer la distance minimale d'usage des pesticides à 5 mètres pour les cultures dites basses (céréales par exemple) et à 10 mètres pour les cultures hautes, telles que les vignes ou l'arboriculture. 
 

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