Vins : un livre sur des femmes vigneronnes dans une Bourgogne pas si macho

Sandrine Goeyvaerts a écrit "Vigneronnes – 100 femmes qui font la différence dans les vignes de France" / © Nouriturfu
Sandrine Goeyvaerts a écrit "Vigneronnes – 100 femmes qui font la différence dans les vignes de France" / © Nouriturfu

Vigneronnes – 100 femmes qui font la différence dans les vignes de France est le nouveau livre de Sandrine Goeyvaerts. L’auteur, qui est experte dans le domaine du vin, dresse entre autres le portrait d’une dizaine de femmes vigneronnes en Bourgogne.
 

Par B.L.

Faire taire ceux qui disent que les femmes ne connaissent rien au vin 

Sandrine Goeyvaerts, qui est caviste a déjà écrit trois ouvrages sur le vin. Il y a deux ans, elle a aussi créé l’association Women do wine qui rassemble aujourd’hui 450 membres dans 15 pays : des femmes vigneronnes, œnologues, sommelières, cavistes…
Objectif :"faire rayonner les femmes du vin, et taire les mauvaises langues qui disent – encore – que les femmes n’y connaissent rien en vin".

Pour rédiger son nouveau livre Vigneronnes – 100 femmes qui font la différence dans les vignes de France, Sandrine Goeyvaerts s’est intéressée à des vigneronnes qui ont des parcours très différents.

"Certaines ont repris le domaine familial. C’est le cas de sœurs Juliette et Caroline Chenu à Savigny-lès-Beaune. D’autres ont créé leur domaine ex nihilo : c’est ce qu’a fait Jane Eyre, une Australienne installée près de Beaune. D’autres encore font du négoce en attendant de pouvoir s’installer car la Bourgogne est une région où les terres sont très chères", dit Sandrine Goeyvaerts.

"Il y a aussi l’exemple de Jeanne Piollot, dont la mère Dominique Moreau possède un domaine en Champagne. Même si elles sont très proches, Jeanne a choisi de venir s’installer en Bourgogne avec l’envie de s’émanciper de l’héritage familial."
 
Les vigneronnes Juliette et Caroline Chenu ont repris le domaine familial à Savigny-lès-Beaune, en Côte-d'Or. / © Nouriturfu
Les vigneronnes Juliette et Caroline Chenu ont repris le domaine familial à Savigny-lès-Beaune, en Côte-d'Or. / © Nouriturfu
 

La Bourgogne n’est finalement pas si macho

"Nombreux sont ceux qui ont l’image d’une Bourgogne traditionnaliste et macho. Mais, en fait, même si elles ont rencontré des embûches sur leur chemin, de nombreuses femmes ont des domaines qui portent leur nom", résume Sandrine Goeyvaerts.

"Parmi celles que je présente, la plus jeune a 30 ans. Il s’agit de Fiona Leroy, qui est installée depuis 2018 à Dezize-les-Maranges, en Saône-et-Loire." 

On s'aperçoit aussi, quand on parle de femmes et de vin, que les mêmes noms reviennent souvent, comme par exemple celui de Ludivine Griveau, la première femme à occuper le poste de régisseur des Hospices de Beaune.

"Pour mon livre, j’ai cherché des femmes peu connues du grand public. Cela dit, certains noms reviennent en filigrane, car toutes celles que j’ai interviewées citent avec admiration les pionnières, celles qui ont ouvert la voie comme Lalou Bize-Leroy (propriétaire du domaine d’Auvenay en Bourgogne), Anne-Claude Leflaive (qui fut une des pionnières de la biodynamie en Bourgogne), etc".

 

 

La Bourgogne compte de nombreuses vigneronnes remarquables

"Je voulais montrer qu’il y a de grandes vigneronnes partout en France. Je crois à la vertu de l’exemple. Le but est de donner à d’autres femmes l’envie de se lancer. C’est un métier compliqué, il est dur physiquement et il faut aussi encaisser le stress, notamment les incertitudes liées au climat, mais c’est un très beau métier", conclut Sandrine Goeyvaerts.


L’autrice, qui habite en Belgique, devrait venir en Bourgogne d'ici quelques semaines pour des séances de dédicace. En attendant, son livre Vigneronnes – 100 femmes qui font la différence dans les vignes de France (paru aux éditions Nouriturfu dans la collection « Boussoles Buccales ») est en vente en librairie depuis le 22 août 2019.


 

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