Voiture électrique : pour attirer les clients cet hôtelier investit dans des dizaines de bornes de recharge

Les bornes de recharges de voitures électriques tendent à se multiplier en France et deviennent un argument important pour attirer touristes et nouvelle clientèle. Pascal Boisselier, gérant d'hôtels à Longvic (Côte d'Or), a ainsi décidé d'en installer sur le parking de son établissement. 

Des bornes de la marque Tesla ont déjà été installées sur le parking de l'hôtel Ibis d'Avallon.
Des bornes de la marque Tesla ont déjà été installées sur le parking de l'hôtel Ibis d'Avallon. © Pascal Boisselier

En 2020, l'immatriculation des véhicules électriques représentait 6,4% des parts de marché du secteur automobile, selon la CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles). En 2019, elles ne représentaient qu'1,9% soit une augmentation de +135%. Le marché des véhicules électriques est en expansion et devient un argument d'attraction pour les entreprises. Pascal Boisselier, gérant d'hôtels en Côte-d'Or et dans l'Yonne a fait le choix d'installer des bornes sur les parkings de ses hôtels pour attirer une nouvelle clientèle. Au début du mois de juillet, des bornes super-chargeurs de voitures électriques de la marque Tesla seront disponibles sur le parking de son hôtel Kyriad de Longvic (Côte-d'Or).

Pascal Boisselier a élaboré un contrat avec Tesla pour installer 16 puis à terme, 40 bornes sur le parking de son hôtel Côte-d'Orien. Ces "super-chargeurs"  permettent une alimentation allant de 15 minutes à 2 heures, selon la capacité du véhicule, quand d’autres bornes demandent plusieurs heures pour une recharge complète. La marque américaine, puisque la Tesla Model 3, est le véhicule électrique le plus vendu dans l'Hexagone, selon Avere France

Le chef d'entreprise reste vague quant aux financements, expliquant qu'un contrat ne lui permet pas d'avancer des informations sur le sujet. Il mentionne alors un "partenariat équilibré" avec la marque Tesla en ajoutant « eux apporte la technique et nous le côté commercial. »

Un choix d'installation que le gérant de l’hôtel explique : « nous avons racheté le château de Beauregard, juste à côté de l’hôtel Kyriad et nous avions une communication autour de la nature et de l’environnement. C’est de-là qu’est né l’idée d’installer des bornes sur nos établissements » raconte-t-il.

Ça accentue notre visibilité et le chiffre d’affaire.

Pascal Boisselier, gérant de l'hôtel Kyriad de Longvic

Situé aux abords de l’A6 et de l’A36, le chef d’entreprise souhaite attirer une clientèle "haut de gamme" dans son hôtel : « notre principal intérêt, c’est les dizaines ou centaines de clients par jour qui passent sur ces endroits de recharges. Ça accentue notre visibilité et le chiffre d’affaire. Ça crée un flux 24 heures sur 24 » partage-t-il. Un véhicule de la marque Tesla peut en effet coûter de 44 000 euros à près de 100 000 euros, pour certains modèles. 

Pour venir charger son véhicule électrique, nul besoin de loger sur place pour la nuit. L’hôtel offre, selon Pascal Boisselier, seulement un avantage de confort supplémentaire pour « se reposer et être confortablement installé pendant que leur véhicule recharge ». Le gérant de l'hôtel prévoit d'installer d'autres bornes de recharges compatibles avec d'autres marques de véhicules sur son établissement de Longvic. 

Un atout touristique pour la région

Jusqu'à présent, ces véhicules étaient pointés du doigt pour leur faible autonomie. Aujourd'hui, 90% des chargements de véhicules électriques se font au domicile ou au travail. L'utilisation de véhicules électriques pour des trajets plus long ou du tourisme reste anecdotique. La multiplication des points de charge aux abords des axes routiers peut alors devenir un argument touristique supplémentaire. « C’est un atout en termes d’attractivité, notamment pour le tourisme. Si vous êtes en transit ou en vacances sur la région, là vous serez contents de trouver des bornes qui vont recharger très rapidement votre véhicule » confirme Jean-Marc Jacques de l’association Bourgogne-Franche Comté Mobilité Electrique

Où en est la voiture électrique en Bourgogne-Franche Comté ?

Le nombre d'immatriculation augmente en Bourgogne-Franche Comté.
Le nombre d'immatriculation augmente en Bourgogne-Franche Comté. © France 3 Bourgogne / Photo : MaxPPP/ Julio Pelaez

Depuis 2010, environ 16 200 véhicules électriques sont en circulation sur la région, avec près de 4 636 immatriculations en 2020, selon l'association BFC Mobilité Electrique. En France, le chiffre s'élève à 535 066 véhicules en circulation depuis 2010. Une petite proportion face aux plus de 39 millions de véhicules en circulation en France. 
Côté bornes de recharge, 1 475 points de charge publics sont répertoriés sur la région BFC. Il en existait près de 37 000 en France au début d’année 2021, selon le Ministère de la Transition écologique.

« La progression est quand même notable, mais on n’est pas les meilleurs élèves dans la région. On ne vend pas de voiture électrique donc on n’installe pas spécialement de bornes publiques. Mais si on ne met pas de bornes on ne vend pas de voitures. C’est un peu un cercle vicieux, même si 90% des rechargements se font à domicile ou au travail »  souligne Jean-Marc Jacques de l’association BFC Mobilité Electrique. 

D’ici 2040, il ne devrait plus avoir de véhicules thermiques sur le marché.

Jean Marc Jacques, de l'association BFC Mobilité Electrique

Un nouveau mode de transport qui tend à se développer progressivement : « c’est dans l’ère du temps. À terme les gens n’auront plus le choix. D’ici 2040, il ne devrait plus avoir de véhicules thermiques sur le marché » avance Jean-Marc Jacques. En août 2019, une nouvelle prime à la conversion est entrée en vigueur. Elle vise à inciter les conducteurs à remplacer leurs véhicules thermiques par des modèles hybrides ou électriques. 

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