Auxerre : près de 150 agriculteurs "mettent la pression" avant le Salon de l’agriculture

A deux jours de l'ouverture du Salon de l'agriculture, près de 150 agriculteurs sont venus crier leur colère à Auxerre, jeudi 22 février. Ils demandent des "mesures concrètes" et rapides au gouvernement.

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Les annonces du Premier ministre, mercredi 21 février, ne les ont pas convaincus. Près de 150 agriculteurs et 50 tracteurs ont roulé, jeudi après-midi, dans les rues d’Auxerre. Objectif : mettre "un coup de pression au gouvernement" deux jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture, samedi 24 février. Et demander des mesures concrètes.

"Si on est là, c’est qu’on a un problème sur nos fermes. Les revenus ne suivent plus. J’ai la chance d’avoir une femme qui travaille à l’extérieur, sinon ça serait très très dur, martèle Pascal Baron de la FDSEA de l’Yonne. On n’a pas envie de mourir. On attend des actes pour vivre dignement de notre métier."

Symboliquement, de la paille est déversée devant la Direction départementale des territoires (DDT). Parmi les agriculteurs, Mélanie Varache, éleveuse laitière, n’a pas hésité à venir de Dixmont avec son tracteur. Elle aussi se dit étranglée. "Je travaille tous les jours sans m’arrêter, je ne prends pas de vacances et je ne suis pas rémunérée à ma juste valeur. Je suis venue montrer ma colère et mon désarroi".

"Lourdeur administrative"

Au rythme des klaxons, les tracteurs poursuivent leur route, direction la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de l’Yonne (DDETSPP). Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard : c’est ici que sont regroupés les services vétérinaires en élevage.

Les responsables de contrôles trop rigides, qui paralysent la profession, selon Damien Brayotel : "Leur objectif, c’est de vérifier la norme. Le problème, c’est que l’administration, pour contrôler, a mis des critères. Par exemple, le tas de fumier ne doit pas dépasser 2,5 mètres, déplore le président de la FDSEA dans l’Yonne. Nous ce qu’on voudrait c’est qu’au lieu de prendre des sanctions, qu'on accompagne les agriculteurs pour que les choses s’améliorent".

La mobilisation se poursuit jusqu’à 22h devant la préfecture, où le préfet est venu à la rencontre des agriculteurs. Dans l’Yonne, aucun convoi d’agriculteurs n’est prévu pour rejoindre le Salon de l’agriculture. 

Avec Rachel Desmis / FTV