"Préserver ce patrimoine inestimable", les enclos paroissiaux du Finistère seront-ils bientôt inscrits à l’Unesco ?

Les enclos paroissiaux du Finistère pourraient, d'ici quelques années, rejoindre la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Une première étape a été franchie ce vendredi 29 mars 2024 : ces ensembles architecturaux font désormais partie des candidats qui pourront être présentés par la France.

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Les enclos paroissiaux du Finistère, ces ensembles architecturaux typiques de la Bretagne des XVIe et XVIIe siècles, seront peut-être bientôt classés sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Elle compte déjà parmi ses membres le Mont-Saint-Michel et sa baie ou la Grande muraille de Chine.

Les enclos paroissiaux viennent en effet de franchir une étape importante ce vendredi 29 mars 2024 : ils sont désormais inscrits sur la liste indicative des biens, qui comprend les candidats possibles de la France à l'Unesco.

Le Comité français des biens du Patrimoine mondial a rendu sa décision après seulement deux ans de procédure, depuis le dépôt de la candidature en 2022"Nous avons franchi une première et redoutable étape, ce qui fait de nous des candidats officiels de la France, se félicite le président du Département du Finistère, Maël de Calan. L’État s’engage désormais à soumettre à l’Unesco notre candidature, dès lors que toutes les auditions prévues par la procédure auront eu lieu."

"C'est une étape déterminante" renchérit l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, président de la mission chargée de porter la candidature, qui a souligné que cette étape prenait en général "six ou sept ans, et pour certaines autres plus de dix ans".

Un symbole d'un âge d'or breton

Ces enclos paroissiaux possèdent des caractéristiques bien précises : ils sont composés notamment d'une église, d'un mur de clôture, d'une porte monumentalisée, d'un calvaire ou d'une croix, d'un placître (terrain clos) et d'un ossuaire. Sur une centaine de sites répertoriés, la mission en a retenu 31 en raison de leur état de conservation et de leur intégrité.

Cette liste devrait être progressivement réduite à une quinzaine d'enclos particulièrement remarquables. Ce patrimoine architectural appartient à l'histoire de l'âge d'or de la Bretagne, de 1500 à 1700 environ.

Le commerce maritime et la production de toiles de lin pour l'habillement, exportées jusqu'en Angleterre et en Espagne, faisaient alors la richesse du territoire. C'est dans ce contexte de prospérité économique, couplé à une "ferveur religieuse particulière" que seront bâtis ces enclos, selon Jean-Jacques Aillagon, président de la Mission des enclos paroissiaux du Finistère.

Pour le moment, le Finistère ne compte sur la liste du patrimoine mondial qu'un seul édifice : la tour Vauban de Camaret. La candidature des enclos paroissiaux viserait non seulement à "combler une lacune et corriger une injustice", selon Maël de Calan, mais aussi à "mieux connaître et préserver ce patrimoine architectural inestimable, développer, développer une activité nouvelle de tourisme culturel."

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De grands travaux de restauration

"La prochaine étape de la candidature portera sur les réponses aux observations faites par les experts et sur la démonstration de la valeur universelle exceptionnelle de ces enclos" ajoute Jean-Jacques Aillagon, président de la Mission des enclos paroissiaux du Finistère.

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Sans attendre l'inscription sur la liste du patrimoine mondial, qui prendra au moins quatre ans, des travaux pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions d'euros vont être programmés pour restaurer les principaux enclos.

En octobre 2022, la liste indicative de la France comptait 33 sites, selon le site internet de l'Unesco. Certains y figurent depuis 1996, comme les mégalithes de Carnac, dont l'inscription au patrimoine mondial est attendue en 2025 ou 2026.

(Avec AFP).