Route du rhum 2022. "Nous pratiquons un sport magnifique mais déraisonnablement polluant". Des skippers se mouillent pour la planète

Minimiser l'emprunte carbone des compétitions de voile. Une tribune de professionnels de la voile tire la sonnette d'alarme dans le journal l'Equipe. Réaction de Stanislas Thuret, skipper et co-auteur du texte.

"Nous pratiquons un sport magnifique mais il est déraisonnablement polluant et élitiste." Dans une tribune parue ce dimanche 9 octobre dans l'Equipe, les plus grands noms de la voile pointe la pollution de leur sport.

Un sens du timing impeccable puisque dans quelques jours, le 25 octobre, les 138 concurrents de la Route du Rhum s'élanceront de Saint-Malo. Direction la Guadeloupe.

145 000 tonnes de  CO2 par Route du Rhum

Citant les chiffres de 2018 d'OC Sport, l'organisateur de la Route du Rhum, cette course à la voile "libère environ 145 000 tonnes d'équivalent CO2, la logistique et les transports représentant les trois quarts de ces émissions", précise la tribune. Bien loin des 2 tonnes par an et par personnes que la planète peut soutenir.

Si on attend que tout le monde soit parfait avant de communiquer, on ne fera rien.

Stanislas Thuret

Concurrent de la Route du Rhum et co-auteur de la tribune.

Stanislas Thuret, membre du collectif "La vague" a co-écrit ce texte signé par 88 personnes, dont Francis Joyon (vainqueur de la dernière Route du rhum), François Gabart, Isabelle Autissier, Roland Jourdain…

Pourtant, Stanislas Thuret sera sur la ligne de départ à Saint-Malo. Faut-il y voir une contradiction ?

Il s'en explique : "J'ai moi-même construit un bateau neuf, donc je ne suis pas parfait. Mais si on attend que tout le monde soit parfait avant de communiquer, on ne fera rien." Le marin, basé à Concarneau, se fait donc un "devoir d'alerter et de dire que les choses ne vont pas si bien."

Parmi les solutions : une course revenant au point de départ

Les signataires avancent des pistes pour améliorer le bilan carbone des compétitions de voile. La plus évidente : faire une course aller-retour, qui évite de nombreux transports en avion. "Si une seule personne vient m'accueillir en Guadeloupe, son aller-retour c'est déjà 2 tonnes de carbone" , illustre Stanislas Thuret. 

"Aujourd'hui, il y a quelques équipes qui font des bilans carbone, les courses commencent à s'y mettre, poursuit-il. Mais il faut passer au stade au-dessus et créer des réglementations et des actions concrètes."

Certes, des navigateurs ouvrent la voie vers des constructions moins polluantes. A l'instar de Roland Jourdain et Stanislas Thuret qui utilisent le lin dans leur nouveau voilier. "Mais ce sont des petites initiatives et on le fait dans notre coin. Tout ça, ce n'est pas encouragé", regrette ce dernier.

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