Tempêtes, fortes vagues, grandes marées. La digue du Sillon de Saint-Malo n'a qu'à bien se tenir

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Reportage à Saint-Malo, avec David Poncet, responsable de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations - Saint-Malo Agglomération et Gilles Lurton, président de Saint-Malo Agglomération et maire de Saint-Malo ©Krystel Veillard, Audrey Burla et Emma Triffault - France Télévisions

À chaque tempête, à chaque grande marée, Saint-Malo est le cadre du spectacle époustouflant des vagues qui passent par-dessus la digue, noient la route et lèchent les habitations. C'est arrivé le 9 avril dernier, avec la tempête Pierrick et le 11 février, avec Karlotta. Face aux assauts répétés de la mer, les digues s'abîment et font l'objet de travaux réguliers.

Est-ce le combat de David contre Goliath ? Aujourd’hui, Saint-Malo paraît bien petite pour rivaliser contre un adversaire redoutable, et qui est aussi son meilleur atout : la mer.

Avec le réchauffement climatique, la montée des eaux et la répétition des tempêtes, la situation devient préoccupante. 

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Réparer, consolider, en tenant compte des marées

Premier point d’urgence : la digue, soubassement du bâtiment qui abrite "la Brasserie du Sillon".

Tailleurs de pierre et maçons sont à l’œuvre depuis ce lundi 16 avril pour remplacer les pavés emportés par la violence des vagues de la tempête Karlotta, au mois de février.

Avec une contrainte forte : seuls de petits coefficients de marée, inférieurs à 70, leur permettent de travailler. "On est obligé de jongler avec les marées et chercher les plages, avec de petits coefficients, qui ne permettent pas à la mer de remonter jusqu'à l'ouvrage, explique David Poncet, responsable de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations pour Saint-Malo Agglomération. C'est un peu un jeu de cache-cache avec la marée qui va nous emmener jusqu'à fin juin, début juillet," conclut-il.

Pour cette réparation, il est d'abord nécessaire de retirer le béton coulé en urgence, au lendemain de la tempête, pour consolider le bâtiment abîmé. Malgré les célèbres brise-lames, la digue avait été fortement endommagée. Les services de la mairie avaient déjà dû se montrer réactifs.

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"On est descendu voir immédiatement, et on a vu que la digue état partie", raconte Gilles Lurton, le président de Saint-Malo Agglomération et maire de Saint-Malo. "C’était un dimanche. Il a fallu prendre toutes les mesures pendant la marée basse pour consolider la digue, de façon à ce que, à la remontée de la marée, l’immeuble ne soit pas fragilisé."

"Nous avons évacué l’immeuble de ses habitants", poursuit le maire, "nous avons fait fermer le restaurant jusqu’à un constat d’huissier, qui nous a permis de les réintégrer parce qu’on s’est aperçu qu’il n’y avait plus de danger".

Aujourd’hui, Saint-Malo agglomération, propriétaire de la digue, est en train de faire les travaux définitifs pour conforter le mur.

Répétés, ces travaux finissent par coûter cher

Chaque année, l'entretien des quelque trois kilomètres de digue malouine revient à cent mille euros à la collectivité. Or cette partie de digue était déjà en restauration depuis l’automne, avec du granit en provenance des Côtes-d'Armor, pour un coût de près de 78 000 euros. Mais Karlotta est passée par là, avec un surplus de 93 000 euros, pour la réparation. La note est de plus en plus salée !

Nous nous apercevons que le niveau de la mer, monte plus vite que les prévisions. Chaque tempête est de plus en plus violente, et chaque tempête provoque des dégâts de plus en plus importants.

Gilles Lurton

maire de Saint-Malo

"Nous nous apercevons que le niveau de la mer, monte plus vite que les prévisions, note le président de l'agglomération malouine, chaque tempête est de plus en plus violente, et chaque tempête provoque des dégâts de plus en plus importants. Au mois de février, nous en avons eu tout le long de la digue, et nous devons les répertorier après chaque tempête," poursuit-il. Jetées, chaussées, cales, escaliers, à chaque fois de nombreux ouvrages sont fragilisés et sont reconstruits au plus proche de leur état d'origine, dans cette cité corsaire, fière de son histoire.

Une digue, qui, quoi qu'il en soit, reste indispensable à la protection de la ville, face aux assauts de l'océan.