VIDÉO. Fusillades, trafic de drogue... Dans ce quartier de Lorient, les habitants inquiets face à la montée des violences

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Le reportage de Stéphane Izad, Valentin Leroux et Stéphanie Labrousse ©France 3 Bretagne

Suite à deux fusillades, dont une mortelle, le préfet du Morbihan s'est rendu dans le quartier de Kervénanec, à Lorient, où une cinquantaine de CRS et policiers ont été déployés ce 5 septembre. Au lendemain de cette visite, les habitants témoignent et pointent le trafic de drogue "qui nuit à la tranquillité du quartier".

Un meurtre par arme à feu dans le quartier de Kervénanec à Lorient, le 3 septembre, pour lequel le parquet a ouvert une enquête pour homicide. Le 26 août, des coups de feu sont entendus à Frébault, le quartier voisin. Le 22 août, un homme est blessé par balle, à nouveau dans le quartier de Kervénanec.
Des affaires qui auraient pour point commun le trafic de stupéfiants. 

"Montée de fièvre"

"Cette montée de fièvre" ainsi décrite par le préfet du Morbihan a amené ce dernier à renforcer la présence policière "afin de montrer aux habitants que l'on est là pour assurer leur tranquillité" dit-il.
Pascal Bolot s'est rendu à Kervénanec, ce mardi 5 septembre, en fin d'après-midi, pour rappeler que ces renforts ne seront pas "un coup d'épée dans l'eau" et que "pour les prochaines semaines, 20 policiers en moyenne seront déployés entre 15h et 22h". Ce soir-là, une cinquantaine de CRS aura pour mission de sécuriser le quartier.

Au cours de sa visite, le représentant de l'Etat glisse quelques chiffres et salue le travail de la police qui a résolu, depuis le début de l'année, "69 affaires de drogue à Lorient, avec 94 personnes placées en garde à vue dont les deux-tiers ont été déférées". "Après, relève-t-il encore, quand la place est libre, d'autres la prennent. En ce moment, nous sommes face à une période d'instabilité. Nous devons comprendre ce qui se passe depuis le mois d'août, pourquoi on a cette montée en tension et qui est derrière tout cela".

"Des hauts et des bas"

"C'est pas comme à Marseille quand même !, s'exclame cette habitante de Kervénanec qui vit dans le quartier depuis 1970. Même si c'était plus tranquille avant. Mais voilà, la drogue est arrivée".
Sa voisine relate "qu'il y a eu des hauts et des bas, des périodes très dures avec beaucoup de délinquance, de casse et de drogue. Ça s'était calmé et puis il s'est passé ce qui s'est passé récemment".
Elle dit qu'elle aime son quartier "où il y a tout : des commerces, un centre social, le bus à côté, la mer pas loin, un grand parc. Il y a pire mais avec tout ce qui arrive, on n'est pas rassurés !" confie-t-elle.
Une autre, plus amère, explique qu'elle ne va plus dans sa cave. "Les dealers, ils sont dans les couloirs et les caves des immeubles" fait-elle remarquer. "C'est bien que le préfet vienne se rendre compte par lui-même" témoigne cet habitant qui ajoute que "ça va devenir dangereux si on ne fait rien. Sortir le soir, c'est plus risqué".