"Il faut être inventifs et savoir s'adapter", les conserveries bretonnes de poissons ont la vie dure

Après la fermeture programmée de la conserverie de poissons Saupiquet à Quimper, les conserveries de poissons n'ont pas la vie facile, dans le Morbihan. En misant sur l'innovation et la qualité, certaines continuent malgré tout leur progression.

La Belle-îloise, c’est d’abord une histoire de famille. En 1932, Georges Hilliet crée sa conserverie. À l’époque, il y en a 14 à Quiberon. Dans les années 1960, la grande distribution s’empare du marché, et pour ne rien lâcher sur la qualité, en 1967 Georges invente le magasin de vente directe. Depuis, l’entreprise a grandi à son rythme avec deux leitmotivs : la qualité et l’innovation. "On veut pouvoir être fiers à tout moment des produits que l'on propose. Et en restant fidèles à ça, on peut plus facilement affronter les difficultés. Après il faut être inventifs et savoir s'adapter", explique Caroline Hilliet-Le Branchu, petite-fille du fondateur, Pdg de la conserverie La Belle-îloise.  Aujourd’hui, elle emploie 500 salariés en moyenne et compte 93 magasins en France.

Entreprise du patrimoine vivant 

Alors pour exister, les conserveries se diversifient. Comme sur l’île de Groix. Créée en 2000, Groix et Nature se lance dans la conserverie de produits de la mer, avec des recettes élaborées au sein de l’entreprise et une proximité avec le territoire. "On utilise la chair du homard dans notre rillette et les têtes vont servir à la fabrication de l'huile de homard qui est un produit emblématique chez nous. Et nous travaillons uniquement avec du homard bleu qui est l'espèce la plus qualitative" commente Marianne Guyader, la directrice de Groix et Nature. 

On utilise la chair du homard dans notre rillette et les têtes vont servir à l'élaboration de l'huile de homard qui est un produit emblématique chez nous. Et nous travaillons uniquement avec du homard bleu qui est l'espèce la plus qualitative.

Marianne Guyader

Directrice de la conserverie Groix et Nature

L’entreprise innove en permanence en ajoutant des produits de son terroir comme les légumes ou les tendances du moment. "Par exemple, ça, ce sont des algues bio que l'on vient de dessaler et on va faire un tartare d’algues avec. On a trois recettes : avec câpres et cornichons, betterave ou bien encore du sésame". 

Ormeaux, seiche et poulpe fumé parmi les tendances 

Depuis sa création, la société Groix et Nature est passée de 5 à 35 salariés dont 19 sur l’île. Elle est devenue une entreprise du patrimoine vivant, 10% de sa production part à l’international. "L'agroalimentaire, c'est un monde qui bouge très vite, constate Marianne Guyader. Il faut être à l'écoute des tendances du marché. Il faut être gourmand, gourmet et à l'écoute de ce qui va être attendu par les consommateurs, en matière de produits, d'usages. Par exemple, on a lancé toute une gamme de tapas et de produits de la mer autour des ormeaux, de la seiche et du poulpe fumé parce qu’on a perçu cette attente de notre clientèle." Miser sur la qualité, l’innovation et l’artisanat est donc un pari payant sur le long terme.

Des 160 conserveries en France, il n’en reste que sept puisque la finistérienne Saupiquet doit fermer ses portes à la fin de l’année. Elles étaient encore une quinzaine en 2017.

(Avec Stéphane Izad)

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