• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • ECONOMIE
  • CULTURE
  • POLITIQUE

Municipales 2020 : Annick Gombert, maire du Blanc dans l’Indre, se représente aux prochaines élections

Sur le bureau en fouillis d'Annick Gombert, de nombreux dossiers : la maternité bien sûr, mais aussi du tennis. / © Victor Lengronne / France 3 Centre-Val de Loire
Sur le bureau en fouillis d'Annick Gombert, de nombreux dossiers : la maternité bien sûr, mais aussi du tennis. / © Victor Lengronne / France 3 Centre-Val de Loire

La maire de 70 ans a décidé de se présenter pour les prochaines élections municipales. Une manière de légitimer sa position. Et de continuer de consacrer sa vie au service des habitants du Blanc.

Par Victor Lengronne

Annick Gombert a un emploi du temps de ministre. A la tête depuis 2015 de la mairie du Blanc, commune isolée de quelque 6 000 habitants dans l’Indre, elle ne se ménage pas. Les va-et-vient au premier étage ce jeudi 1er août, ne présageaient rien de bon. Pressentiment confirmé. "Un problème de personnel", avoue t-elle. La voilà qui arrive avec 20 minutes de retard - le rendez-vous était fixé à 9h30.

Voir Annick Gombert, 70 ans, dans le fauteuil d’édile, a de quoi surprendre. Rien ne la destinait vraiment à se retrouver dans cette position.
 

Médecin sans l’être

Née le 7 janvier 1949 à Châteauroux, Annick Gombert a grandi au milieu de professeurs : sa mère est institutrice, son père professeur de sports. "On s’est baladé entre Châteauroux Villedieu-le-Château ou encore Bouges-le-Château."

Vient son tour de transmettre. "J’ai baigné dans ce monde." Elle quitte Châteauroux pour Tours et sa fac de médecine, mais ne se limite qu’à quelques remplacements à Chaillac ou au Blanc. "Les hasards de la vie…"
 
© France 3 Centre-Val de Loire
© France 3 Centre-Val de Loire


Ou plutôt un concours de circonstances. En 1976, son mari, dentiste, souhaite s’installer au Blanc, "le berceau de la famille" de cette petite femme aux cheveux blancs. Un collègue gynéco-obstétricien, sa spécialité, venait de s’installer dans la capitale de la Brenne. A ce moment, elle avait déjà deux enfants et était enceinte de deux jumelles. Sa carrière de médecin n’aura jamais vraiment débuté.  
 

"Une femme de conviction et d’idéologie"

C’est pourtant par le monde médical du Blanc, frappé par la fermeture de sa maternité qu’Annick Gombert prend la lumière. Elle répond à tous les médias nationaux sur cette fermeture provisoire prononcée pour l’été 2018, "faute de personnel", selon l’Agence régionale de santé, devenue définitive quelques mois plus tard. Après des années de lutte, c’est durant le mandat d’Annick Gombert que l’établissement a cessé de fonctionner. Elle s’en défend. "C'est un regret très fort, n'importe quel maire serait dans la même situation… Ce n'est pas de mon fait."
 


Plus d’un an après la fermeture de la maternité, Annick Gombert, le collectif C’est pas demain la veille et le comité de défense restent mobilisés. L’engagement de la maire force le respect, selon Anne Ruffet Sciard du comité. "C’est une femme de conviction et d'idéologie et en plus c'est une femme, elle a ça chevillée au corps, elle porte ce dossier politiquement et personnellement. C’est la première à parler de violence faite au femme à ce propos." Jean-Michel Mols, président du comité, met en avant "son honnêteté" et son engagement pour la commune.
 

 

Une nouvelle voie verte

Cet engagement permanent lui est venu de ses parents et de l’associatif. "Ça me plaisait d'intervenir pour les autres. C'est le même genre d'inclinaisons que quand on fait médecine, pour aider les autres." Son deuxième enfant dyslexique et orthographique, Annick Gombert "passe sa vie" à s’occuper de cet enfant. Et s’engage dans le milieu associatif : présidente d’un conseil de parent d’élève, présidente de club de kayak et membre du bureau du comité départemental et régional de ce même sport.
 
Le Blanc, commune rurale isolée
Le Blanc, peuplé de quelque 6 000 habitants, a perdu sa maternité. Un service de moins qui isole toujours plus cette commune rurale.


La bascule s’opère. Annick se rapproche du monde politique lorsqu’elle a en tête ce projet de "voie verte qui longe la Creuse". Objectif : valoriser la rivière et le tourisme. Jean-Paul Chanteguet est alors maire du Blanc depuis 1983 et député de la troisième circonscription de l’Indre. Le projet voit le jour. 
 

Tourisme et gens du voyage

Ce dernier la sollicite en 2001 pour faire partie de sa liste municipale. "Mais je ne voulais pas faire de la figuration", assure t-elle. Elle devient adjointe en charge du tourisme et des gens du voyage.

Ce dernier sujet est d’ailleurs l’un de ceux qu’elle maîtrise le mieux. Coïncidence ou pas, l’entretien est interrompu par l’incursion dans son bureau de son directeur des services techniques. Des gens du voyage sont en train de s’installer autour de la Maison de santé pluridisciplinaire (MSP) du Blanc. Hors de question pour Annick Gombert, qui considère avoir déjà mené des actions en ce sens. "On a vendu des terrains à huit familles à un prix symbolique de 1 000 € le terrain avec l’arrivée de l’eau et de l'électricité de manière à les responsabiliser. Par le passé, on avait payé une fortune en eau parce qu’ils la gaspillaient." Le dossier de la MSP du Blanc et des gens du voyage sera réglé dans la foulée, avec l’aide de la gendarmerie.
 

 

Question de parité

Retour en 2004. Un peu par hasard, et à la dernière minute, Annick Gombert se retrouve sur la liste de l’ancien ministre du Travail Michel Sapin, pour les régionales. Question de parité. A priori en position non-éligible, elle atterrit finalement au conseil régional, en dernière position. "Le soir de l’élection, je reçois un coup de fil de Jean-Paul Chanteguet à minuit. J’étais sidérée, mon mari catastrophé." Comment faire Le Blanc - Orléans toutes les semaines ?

2h30 de voiture depuis une commune isolée, au sud de la région, aux confins de la Vienne et de l’Indre-et-Loire et éloignée de toute agglomération - 60 kilomètres de Châteauroux et de Poitiers, 50 kilomètres de Châtellerault. "Faire la route était pénible, il n’y a pas de transports en commun et le train depuis Châteauroux ne fonctionnait pas."

Toujours sur la liste municipale, cette fois d’Alain Pasquier, désigné maire par Jean-Paul Chanteguet qui s’est retiré, elle est adjointe à la mairie du Blanc. Puis maire en juin 2015, au décès de Pasquier. Un nouveau concours de circonstances. "La difficulté que j'avais est que j’étais moralement obligée d'appliquer le programme de mon prédécesseur, qui était un ami."
 

Asseoir sa légitimité

C’est la raison pour laquelle elle a décidé de se représenter pour les prochaines municipales en 2020, à la surprise générale. "Beaucoup pensaient qu’elle ne se représenterait pas, a t-on appris du côté du conseil municipal. Elle n’a pas conduit pendant quatre ans son action avec la perspective d’une nouvelle candidature." Annick Gombert, pas soutenue par une grande partie de sa majorité municipale, pourrait bien voir un de ses membres, Jean-Paul Chanteguet, se présenter face à elle. Contacté, il se dit en pleine réflexion.

De quoi bouleverser quelques peu les plans d’Annick Gombert qui espère repartir six ans supplémentaires pour expérimenter le dispositif "Zéro chômeur", continuer de redynamiser le centre-ville, favoriser les rénovations thermiques des maisons, finir d’aménager le parc de la gare… "Des choses pas spectaculaires en elle-même…" Une élection en mars 2020 balaierait les critiques d’une éventuelle illégitimité. Et montrerait que sa place n’est plus due au hasard.
 

 

Annick Gombert en cinq dates

1949 : Naissance à Châteauroux 
1976 : Installation au Blanc
2001 : Conseillère municipale à la mairie du Blanc
2004 : Conseillère régionale en Centre-Val de Loire
2015 : Maire du Blanc après le décès d'Alain Pasquier

A lire aussi

Sur le même sujet

Le Blanc, commune rurale isolée

Les + Lus