Elle trouve une vipère pendant les vendanges, voilà quoi faire si ça vous arrive

Publié le Mis à jour le
Écrit par Vincent Ballester .

Pendant les vendanges, l'une des récolteuses d'Annick Amyot, à Loches-sur-Ource (Aube), a eu la surprise de découvrir une vipère nichée dans les raisins qu'elle comptait sectionner. Une situation qui pourrait se produire de plus en plus souvent.

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Pour faire un bon vin, il faut un bon raisin. Pas besoin d'autre chose. Et certainement pas d'un serpent.

Pourtant, l'une des personnes récoltant les grappes du domaine Amyot, à Loches-sur-Ource (Aube), s'est trouvée fort surprise durant les vendanges de 2022. Elle y a découvert un serpent. 

"Elle a crié", narre Annick Amyot, l'épouse du gérant de la maison de champagne éponyme, auprès de France 3 Champagne-Ardenne. "Elle était en train de couper, elle était sur ce plant... Elle a eu très peur, j'ai tout de suite demandé ce qui se passait."

Il est urgent de ne rien faire

"On m'a dit 'serpent' [la vendangeuse est polonaise; ndlr], alors je lui ai dit de ne pas bouger, et j'y suis allée pour prendre en photo. C'était une vipère pas énorme, apparemment les couleuvres sont bien plus grosses." Elle a fini sur un groupe Facebook dédié à la faune de l'est de la France. C'est une première pour Annick Amyot (deux cas similaires lui ont été rapportés en septembre).

Mais elle savait quoi faire. "Je lui ai dit de ne pas toucher à ce plant, de laisser vu qu'il n'y avait que quelques raisins dessus, et de passer au suivant. La vipère n'a pas bougé. Si on ne l'attaque pas, si on la laisse tranquille, elle ne bougera pas. Elle ne s'est pas sentie menacée."


"Il ne fallait surtout pas la déranger. Personne n'y est retourné, il ne restait que cinq-six serpents." C'était précisément le comportement à adopter, observe Yohann Brouillard, naturaliste vivant du côté de Bar-sur-Seine (Aube) et travaillant au conservatoire d'espaces naturels de Champagne-Ardenne, en banlieue de Troyes (Aube).

Du mordant, mais pas vraiment

"Quand on voit une vipère, le mieux est de ne rien faire. Ce sont des animaux qui jouent sur leur mimétisme. Qui sont très discrets et pas agressifs par nature. À la base, le venin d'une vipère lui sert juste à tuer ses proies. Et face à des grosses bêtes comme nous, son instinct est de se figer et pas bouger en espérant qu'on ne l'ait pas vue. Ou bien de fuir."

"Elle peut mordre, en dernier recours, si on l'enquiquine. Beaucoup de gens tuent encore les vipères - c'est illégal car elle est protégée - alors que c'est en faisant ça qu'ils peuvent se faire mordre."
  C'est dommage, car elle peut chasser les rongeurs s'attaquant aux cultures. Et en plus, on peut la confondre avec une couleuvre, "la coronelle, qui lui ressemble mais est tout à fait inoffensive, et rare. Sa technique de défense, c'est justement de ressembler à une vipère. Dans les nombreuses photos qu'on m'envoie d'une vipère écrabouillée, je regarde, et je constate : c'est pas une vipère." Voilà qui peut être bien fâcheux.

Elle peut mordre, en dernier recours, si on l'enquiquine.

Yohann Brouillard, naturaliste

Autant dire que pour se faire mordre, il faut le faire. "Même en touchant une vipère avec la main par inadvertance, je sais que c'est déjà arrivé avec des vendangeurs : soit elle ne bouge pas, soit elle se sauve." Il peut être probable que vous en ayez frôlé une sans même le savoir. C'est même le paradoxe : c'est presque avoir de la chance que de pouvoir apercevoir une vipère. Pour dire, Yohann Brouillard n'y est même pas arrivé cette année alors qu'il a cherché partout, pendant toute l'année.

Plein de vipères tout à coup, mais pas partout

"Si, aujourd'hui, on rencontre de plus en plus de vipères pendant les vendanges, c'est parce qu'elles sont de plus en plus précoces qu'avant. On tombe donc dans des conditions de températures qui sont plus favorables à ces animaux, que quand les vendanges avaient lieu en septembre ou en octobre."

"On entend souvent dire qu'il y a de plus en plus de vipères. Mais c'est parce que les travailleurs du vignoble en voient plus."
Un biais de confirmation, en somme. D'autant "qu'il y a de moins en moins de vipères, et qu'il y a très peu de milieux qui leur sont favorables".

Le réchauffement climatique (qui peut "occulter la destruction des milieux naturels, bien pire") n'y changera pas grand-chose, puisque que basiquement, "sa distance de déplacement est trop petite pour qu'elle puisse traverser les cultures ou les forêts, parcourir de nouveaux terrains". Clairement, on n'en trouve pas forcément partout (voir la carte ci-dessous). 

"La vipère est répandue sur les terrains secs du sud de la région de l'Aube et de la Haute-Marne. Mais il n'y en a pas dans le vignoble de la Marne, que ce soit la Montagne de Reims ou le vignoble d'Épernay : c'est autre chose. C'est uniquement dans la Côte des Bar."

"Contrairement à ce que disent des infos diffusées récemment. Je pense à un
article de l'Est-Éclair sur un gamin à Estissac mordu par une vipère. Un soi-disant expert a été interviewé et disait qu'elle était répandue sur tout le département. C'est une grosse bêtise : il n'y en a que dans la Côte des Bar, et le Pays d'Othe. Et très localement dans le Nogentais." 

Si vous avez peur de croiser un serpent, cette fois dans votre voiture, voici comment réagir. Et voilà la marche à suivre si vous recevez des scorpions, ou trouvez une chauve-souris sous votre lit. Après tout, la vie est pleine de découvertes.

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