Eckbolsheim : près de 150 personnes évacuées du squat Bugatti

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Écrit par Léna Romanowicz
Le squat Bugatti a été évacué dès 7 heures le 21 octobre.
Le squat Bugatti a été évacué dès 7 heures le 21 octobre. © Catherine Munsch / France Télévisions

Le démantèlement du squat Bugatti d'Eckbolsheim a débuté le 21 octobre à 7 heures. Des bus de la CTS ont permis l'évacuation d'environ 150 personnes. Des places d'hébergement ont été mobilisées pour accueillir les sans-abri.

Le squat Bugatti situé dans une zone d'activité d'Eckbolsheim (Bas-Rhin) a été démantelé dès 7 heures le 21 octobre. 145 personnes ont été évacuées dans des bus de la compagnie des transports strasbourgeois (CTS) affrétés pour l'occasion. L'opération a été encadrée par plusieurs services de sécurité, tel que le groupement de gendarmerie départementale. 

Les associations de la Croix rouge et de la Croix blanche mais aussi des interprètes étaient sur place (voir la carte ci-dessous) pour prendre en charge les squatteurs. Des masques et du gel hydroalcoolique leur ont été distribués pour respecter le protocole sanitaire. Dans l'attente d'une évaluation individuelle de leur situation, des places d'hébergement ont été spécialement mobilisées pour les reloger. Les occupants ont été évacués vers l'ancien hôpîtal militaire Lyautey et l'hôtel Ibis à Geispolsheim. Une seule personne a été évacuée vers le centre d'hébergement sanitaire en raison de son état de santé, a précisé la préfecture en fin de journée.
Les squatteurs ont été évacués sans surprise. Beaucoup d'entre eux attendaient ce moment depuis longtemps et l'évacuation sonne comme un soulagement. La décision remonte en effet au 10 juillet dernier, date à laquelle le tribunal judiciaire de Strasbourg a ordonné l'expulsion des occupants. En pleine épidémie de coronavirus, la préfecture du Bas-Rhin a mis en avant les mauvaises conditions sanitaires du squat. L'ancien immeuble de bureaux était occupé depuis septembre 2019 et appartient au groupe Lidl, qui a prévu sa destruction. Il a accueilli près de 1.000 personnes en une année. "Cette situation, ce sont les pouvoirs publics, la préfecture du Bas Rhin qui en sont responsables", a réagi l​​​​e collectif antiraciste Ailleurs nous sommes d'ici dans un communiqué.
 
 

"C'est une nouvelle étape pour moi"

Arrivé de Guinée, Alpha, 24 ans, habite dans le squat depuis le début. Il n'a pas fait partie des personnes qui ont pu être hébergées ailleurs avant l'évacuation et ne s'attendait pas à y rester aussi longtemps. "Je suis un sans-abri et j'ai eu le statut de réfugié. J'ai pu aller à l'école et faire des formations mais malgré cela, je n'ai pas réussi à avoir d'hébergement. Ce lieu était l'occasion pour moi de venir passer la nuit et de faire la suite de mes procédures administratives. C'est une nouvelle étape pour moi." Une fois les bagages étiquetés et chargés, comme le montre le tweet ci-dessous, les résidents ont été évacués vers deux sites d'hébergement.
Le maire d'Eckbolsheim, André Lobstein, relève "quelques problèmes, quelques bagarres mais rien de grave. Il n'y a pas eu de souci avec les habitants, on ne les a pas rencontrés dans la commune. Je suis soulagé parce que ce n'est pas un lieu d'habitation constant, on ne peut pas laisser les gens comme ça." Ce départ a lieu dans un contexte particulier, marqué par le décès d'un jeune homme le 17 octobre.
 

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