Emmanuel Macron exige la dissolution du Bastion social : “On aimerait savoir le motif juridique”, réplique son chef

Présent à Strasbourg entre décembre 2017 et décembre 2018, le Bastion Social a rallié Entzheim (Bas-Rhin) depuis le 14 février 2019. / © Christian Laemmel et Muriel Kaiser, France 3 Alsace.
Présent à Strasbourg entre décembre 2017 et décembre 2018, le Bastion Social a rallié Entzheim (Bas-Rhin) depuis le 14 février 2019. / © Christian Laemmel et Muriel Kaiser, France 3 Alsace.

Le président de la République a réclamé la dissolution du Bastion social au cours du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ce mercredi 20 février 2019. Interrogé par France 3, Valentin Linder, le président alsacien du Bastion social "aimerait comprendre".

Par Vincent Ballester

Il veut "tracer de nouvelles lignes rouges". Au lendemain de la profanation du cimetière juif de Quatzenheim, Emmanuel Macron a fait une annonce forte au cours du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), qui avait lieu le mercredi 20 février 2019. "J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l’action violente: Bastion social [...]." A l'instar de la dissolution en 2002, du groupuscule d'extrême droite, Unité radicale

Son président national, Valentin Linder, responsable de la section strasbourgeoise ne semble pas très inquiet. "Ce n'est pas très étonnant venant de leur part. Ça prouve une fois de plus la domination à laquelle notre nation est soumise par des groupes d'intérêts étrangers. On aimerait bien savoir le motif juridique. À l'heure actuelle, il n'y a aucune raison de dissoudre le Bastion social. Parce qu'on occupe des bâtiments pour loger des Français dans le besoin? C'est un peu léger! Il n'y a aucune enquête judiciaire contre nous pour quoi que ce soit, il n'y a pas d'appel à la haine. J'aimerais donc comprendre les motifs de cette - possible - future dissolution." 
 
 

"Ils sont juridiquement très informés"

Ce serait là l'épilogue de la présence du Bastion social en Alsace, débutée en décembre 2017 avec l'ouverture de son bar identitaire, l'Arcadia, situé rue Vauban à Strasbourg. Un établissement où le groupe aux influences néo-fascistes prône la "préférence nationale". Une première manifestation réunissant 400 personnes avait eu lieu en décembre 2017 pour en réclamer la fermeture, d'autres manifestations avaient suivi, en janvier 2018 et mars 2018

En janvier 2018, le conseil municipal de Strasbourg avait voté une motion demandant la dissolution du mouvement identitaire et la fermeture de l'Arcadia, situé dans le quartier de l'Esplanade. En avril 2018, le député Thierry Michels (LREM) était intervenu à l'Assemblée nationale pour la même raison. Sans succès, malgré des actes violents attribués à certains membres du groupuscule. Le Bastion social avait dû fermer boutique (par ailleurs vandalisée tout au long de son existence) en décembre 2018, son bail n'ayant pas été renouvelé
 
Le nouveau local du Bastion social, une maison ancienne à Entzheim. / © Muriel Kaiser, France 3 Alsace
Le nouveau local du Bastion social, une maison ancienne à Entzheim. / © Muriel Kaiser, France 3 Alsace

Le groupe a pourtant refait parler de lui le 14 février 2019, en investissant deux "maisons alsaciennes à l'abandon" à Entzheim (Bas-Rhin). Son intention: "préserver le patrimoine architectural alsacien" tout en "accueillant les Français dans le besoin". Le maire de la commune, Jean Humann (DVD), espère que la déclaration du chef de l'État va "aider la commune" pour expulser le Bastion social des deux maisons. "Ils sont juridiquement très informés: la moindre erreur de notre part peut être utilisée contre nous. Il faut donc qu'on soit prudents." 
 

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