"Les pertes pourraient s'élever à 60 %" : après l'orage et la grêle, ce maraîcher du Bas-Rhin constate les dégâts

De violents orages de grêle qui ont traversé l'Alsace, le 11 juillet 2023, ont détruit certaines parcelles agricoles. À Hoerdt (Bas-Rhin), Pierre Riedinger, maraîcher depuis trois décennies, craint une perte d'ampleur sur ses cultures d'oignons et de tomates.

Il n'aura fallu que quelques minutes pour ravager des parcelles de cultures. Dans la soirée du mardi 11 juillet, de violents orages de grêles ont frappé une bonne partie de l'Alsace, avec des conséquences matérielles. Le Haut-Rhin avait été placé en alerte rouge, heureusement aucun blessé n'a été recensé dans la région. 

Des dégâts se sont aussi produits chez plusieurs agriculteurs alsaciens, dont Ludovic Riedinger, agriculteur et propriétaire de la ferme située à Hoerdt (Bas-Rhin). Ce soir-là, il voit que le ciel s'assombrit sans trop s'inquiéter. En quelques minutes, un violent orage va parcourir sa ferme et impacter ses cultures. "On a eu des grêlons de 3 à 4 cm et des vents jusqu'à 130 km/h, je n'ai rien vu arriver, les nuages n'étaient pas si menaçants", indique-t-il.

Le phénomène très localisé n'a duré que quelques minutes. "J'ai d'autres terrains plus au nord qui n'ont pas eu une situation de cette ampleur. Même à Hoerdt, sur une parcelle, la grêle tombait à certains endroits, mais pas d'autres", s'étonne l'agriculteur.

30 à 60% de pertes sur certaines cultures

À quelques mètres de ses plants, le point de vente de la ferme a aussi été impacté. "Les vents et la grêle ont arraché une soixantaine de tuiles", déplore-t-il. Mais les plus gros dégâts se sont localisés sur sa culture d'oignons. Ludovic Riedinger a comptabilisé près de 30% de pertes à ce jour.

"La grêle a cassé les tiges en deux des oignons sur un hectare et demi. Le problème, c'est que quand une tige est ouverte comme ça, la pluie peut s'infiltrer et les bactéries aussi. Je crains que la bactériose ou le champignon mildiou ne fassent mourir les plants restants. Nous pourrions avoir jusqu'à 60 % de pertes si ça se produit", regrette-t-il.

Les intempéries ont aussi touché une partie de sa serre à tomates. "Sur 50 mètres, la serre a été arrachée. Plusieurs plants ont été couchés à terre, nous les avons replantés en mettant des piquets de bois, puis nous avons remis une bâche sur la serre", explique-t-il. Les pertes sont estimées à 20 % sur cette culture.

Des phénomènes violents de plus en plus fréquents

Le maraîcher, qui cultive bien d'autres fruits et légumes, ne craint pas de grosses conséquences économiques. Les pertes dues aux orages pourraient néanmoins s'élever à 15 000 euros. "Nous allons rentrer dans nos frais, mais on va faire une croix sur les vacances. Le seul avantage dans tout ça, c'est qu'il a plu et que nous allons économiser 5 000 euros de main-d’œuvre sur l'arrosage pour les dix prochains jours", estime Ludovic Riedinger.

Ce qui inquiète l'agriculteur bas-rhinois, c'est la récurrence de phénomènes météorologiques de plus en plus violents. "Depuis près de quatre ans, davantage d'orages violents passent sur nos cultures. Ça fait plus de trente ans que je suis sur la ferme, et je n'avais jamais vu ça", ajoute-t-il. En juin 2022, la grêle lui avait déjà fait perdre 90 % de récoltes sur certaines cultures.

Ces dernières années, le maraîcher constate qu'il dépense de plus en plus d'argent en main-d’œuvre pour sauver ses cultures confrontées au changement climatique. Il espère que le temps restera sec pour les dix prochains jours afin de sauver la récolte d'oignons cette année.

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