A deux mois du passage de la Flamme Olympique, la tension monte pour les organisateurs de l'événement

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Le département de la Haute-Marne accueillera la flamme olympique le 28 juin prochain. A deux mois du grand jour, tous les détails restent encore à régler. Un travail parfois digne d'une épreuve olympique.

À un peu plus de deux mois d’une épreuve olympique, la tension est forcément à son comble. Cela semble une évidence pour les sportifs qui préparent la compétition de leur vie. C’est aussi le cas pour les organisateurs de l’événement.

Cyril Bourcelot a été chargé par le conseil départemental de Haute-Marne de la coordination du parcours de la flamme olympique dans le département. Cette grande fête populaire et sportive est prévue pour le 28 juin prochain et la dernière ligne droite est, comme attendue, redoutable. "Quand on m’a proposé de m’occuper du parcours du relais de la Flamme, sur le papier, c’était super", dit-il dans un éclat de rire.


Dans les faits, la situation reste un peu plus laborieuse. Hier lundi, Cyril Bourcelot avait rendez-vous à Langres pour revoir avec la préfète de Haute-Marne le parcours du convoi de la Flamme Olympique dans la cité lingonne.
 
"On doit tout finaliser. Là, on affine les derniers détails des parcours dans les différentes villes qui accueilleront la flamme. Tout doit être vu avec les forces de sécurité intérieure, Madame la Préfète et nous devons tout anticiper pour que tout se passe bien le Jour J."

Ordres et contre-ordres

Pour l’heure, les parcours de Chaumont, Saint-Dizier et Colombey sont en passe d’être validés. Cette semaine, les circuits dans Langres et Nogent devraient être fixés. Il restera encore à finaliser les tracés dans les rues de Bourbonne-les-Bains et Froncles. Le parcours définitif du relais de la Flamme sera dévoilé au public le 15 mai.


"D’ici là, il reste toujours des détails à revoir, raconte Cyril Bourcelot. Par exemple à Saint-Dizier, on a dû légèrement modifier le parcours, car une grue s’est installée dans une rue. Il faut donc faire un petit détour sinon la caravane ne pourra pas passer et il faut prévoir l’accès pour les services de secours. Chaque modification a forcément des impacts, on doit donc régler les derniers détails avant d’obtenir la validation en préfecture."

Derrière l’image de la foulée souple et joyeuse du porteur de la flamme, se cache en réalité une immense et lourde machine à coordonner, depuis les bureaux de Paris 2024 jusqu’aux villages de Haute-Marne. "C’est très compliqué parce qu’en fonction des événements qui peuvent se produire, ce qui était valable il y a six mois ne l’est plus aujourd’hui. Parfois, il y a des changements entre les directives du début de semaine et celles de la fin de la semaine donc c’est compliqué de tout articuler."

Depuis l’attentat de Moscou le 22 mars dernier, le plan vigipirate est passé en France au niveau urgence attentat. Dans ce contexte, rien ne doit être laissé au hasard.

"Évidemment, on comprend bien l’impact que cela aurait au niveau national et international s’il se passait quelque chose. C’est évident. Mais c’est vrai qu’on préférerait avoir une feuille de route figée pour qu’on puisse mieux s’organiser. C’est d’autant plus compliqué qu’on n’a pas toujours les mêmes informations entre la préfecture, les communes ou le département. D’où l’intérêt de venir tous ensemble sur le terrain pour se coordonner."

À Colombey, la fête se prépare

Derrière ces tergiversations, c’est toute l’organisation des animations de cette journée du 28 juin qui sont en attente. À Colombey-les-Deux-Eglises, le passage de la flamme est organisé comme une magnifique fête. Le maire, Pascal Babouot, a prévu les choses en grand.

Au programme, 300 enfants des écoles de la commune et des villages autours, un lâcher de ballons, des panneaux représentant Charles De Gaulle et ses liens avec le sport répartis dans le village et des animations au pied de la Croix de Lorraine… Toute la population de la commune est ainsi attendue pour fêter l’événement sur 1,1 km du parcours.

Dans ce programme visiblement bien huilé, les inflexions des directives du CIO peuvent remettre en cause beaucoup de choses. "La semaine dernière, on a appris qu’ils nous avaient changés l’heure du repas des accompagnateurs de la flamme, soit une quarantaine de personnes. Ce n’est pas grand-chose sur le papier, mais dans les faits ça change toute l’organisation avec les bus scolaires notamment, il peut y avoir un effet domino sur tout ce qu’on a déjà prévu."

Le maire de Colombey peut comparer avec un autre grand événement majeur qui s’arrêtera à Colombey cet été : le 6 juillet prochain, le village haut-marnais accueillera la ligne d’arrivée de la huitième étape du Tour de France.

"Pour le Tour de France, on a affaire à des gens très réactifs qui ont l’habitude chaque année, d’organiser un événement de cette ampleur. Pour les Jeux, on sent bien que ce n’est pas le même monde, les règles sont très strictes, et il y a une grosse pression quant à la sécurité, notamment à Colombey qui est une ville symbolique en France."

Quoi qu’il en soit, malgré les difficultés, rien ne semble atteindre l’enthousiasme du maire de Pascal Babouot. "La fête sera magnifique et tout va bien se passer". Et aucune nouvelle directive de Paris 2024 ne pourra changer son pronostic.