REPLAY - Municipales 2020 : les 4 choses à retenir du débat à Molsheim

À Molsheim (Bas-Rhin), un duel fratricide. / © Vincent Roy, France Télévisions
À Molsheim (Bas-Rhin), un duel fratricide. / © Vincent Roy, France Télévisions

Replay. France 3 Alsace organisait le mercredi 11 mars un débat pour les municipales à Molsheim (Bas-Rhin). Il a opposé le maire sortant Jean-Michel Weber (DVC) et l'ancien maire et député Laurent Furst (LR).

Par Vincent Ballester

Molsheim (Bas-Rhin) va élire son nouveau maire les 15 et 22 mars 2020. Un débat a été présenté par Marie Pouchin de France 3 Alsace et Lucile Guillotin de France Bleu Alsace, le mercredi 11 mars à 22h10. Voici ce qu'il faut en retenir.

Ce débat a porté sur les grands enjeux des municipales molsheimoises (voir quelques statistiques dans la vidéo au-dessus des portraits). L'activité du centre-ville et l'attractivité économique de cette "poule aux oeufs d'or" en font partie. Le maire sortant, Jean-Michel Weber (DVC), a pris possession du fauteuil d'édile de la ville en 2017 : il était alors le premier adjoint du député-maire Laurent Furst (LR). Lequel avait préféré son mandat de député au nom de la sacrosainte loi limitant le cumul des mandats. Mais le voilà de retour, alors que Weber veut continuer. Un véritable duel.
 

Dès la deuxième minute de débat, Furst attaque Weber : "J'ai fait confiance à Jean-Michel Weber, qui m'a assuré qu'il me serait toujours loyal. Cette loyauté, je l'ai retrouvée dans le soutien de mes quatre autres adjoints. Jean-Michel a fait un autre choix, qui lui appartient, et que je respecte... Je lui avais proposé de revenir travailler avec nous : proposition qu'il a refusée." Contre-attaque du mis en cause : "Quand j'ai pris mes fonctions il y a deux ans, je savais et j'ai compris que pour un projet ambitieux, il fallait aller au-delà de deux ans. J'ignorais que Laurent Furst allait changer d'avis et revenir. Quand je l'ai constaté, je lui ai également proposé de venir sur ma liste. Mais il n'a pas souhaité le faire non plus !"
 

J'ignorais que Laurent Furst allait changer d'avis et revenir
- Jean-Michel Weber, maire sortant DVC


Laurent Furst remet une pièce dans la machine : "Quatre autres adjoints me sont restés fidèles, j'aurais aimé que ça puisse se faire. Il y a une dimension personnelle dans cette affaire, qui est absolument évidente, et qui dans le fond est assez compréhensible. " Jean-Michel Weber dégaine alors une réponse au vitriol : "Monsieur le député parle de loyauté : j'ai été très loyal. Est-ce que lui a été loyal envers les Molshemiens ?"
 

Est-ce que monsieur Furst a été loyal envers les Molshemiens ?
- Jean-Michel Weber, maire sortant DVC


Jean-Michel Weber tient à rappeler sa position : "Je viens de la société civile. Je ne suis pas issu de la profession politique. Je suis un ancien cadre. Fonction que j'ai arrêtée deux mois après être devenu maire. Je suis plus discret, et peut-être plus démocrate que monsieur le député, en mettant en avant dans mon programme la démocratie participative. J'agis, et je parle moins..." Laurent Furst le harponne alors immédiatement : "Jean-Michel a été mon adjoint pendant 17 ans. J'avais beaucoup de qualités pendant 17 ans ! Mais depuis quelques semaines, j'en ai beaucoup, beaucoup, beaucoup moins... "
 

Selon Jean-Michel, j'avais beaucoup de qualités pendant 17 ans, mais beaucoup moins depuis quelques semaines
- Laurent Furst, candidat LR


Malgré deux programmes assez semblables, Laurent Furst a tenu à signaler la situation particulière de Molsheim : un emploi pour un habitant, et à saluer la présence d'un vaste tissu associatif (130 associations). Mais en conclusion, Jean-Michel Weber a voulu rappeler qui commandait : "Maire de Molsheim aujourd'hui, je suis bien déterminé à le rester demain. Je souhaite poursuivre mon action, et réveiller le plein potentiel de notre ville."
 
 

Jean-Michel Weber (maire sortant DVC)

Après trois ans à diriger la ville, l'ancien premier adjoint Jean-Michel Weber veut être élu pour six ans en son nom propre. / © Document remis, Réveillons Molsheim
Après trois ans à diriger la ville, l'ancien premier adjoint Jean-Michel Weber veut être élu pour six ans en son nom propre. / © Document remis, Réveillons Molsheim

Jean-Michel Weber (Réveillons Molsheim) est âgé de 66 ans. Chef d'entreprise, il se retrouve sur le devant de la scène en 2017, quand Laurent Furst abandonne son fauteuil de maire pour son mandat de député. Ce dernier vient d'être réélu, mais la loi sur le cumul des mandats lui impose de faire un choix. Weber, premier adjoint, devient le nouvel édile. Prenant vite ses marques, il veut ensuite continuer en son nom propre après l'échéance électorale de 2020.

Jean-Michel Weber a plusieurs propositions pour sa ville. Il souhaite la construction d'un centre de santé, mais aussi l'établissement d'un musée Bugatti. Il veut aussi renforcer la démocratie participative en crééant un conseil municipal pour les jeunes, et un "conseil des sages".
 

Laurent Furst (LR)

Le député Laurent Furst souhaite redevenir maire, trois ans après avoir laissé son fauteuil à son premier adjoint. / © Document remis, Molsheim l'avenir avec vous
Le député Laurent Furst souhaite redevenir maire, trois ans après avoir laissé son fauteuil à son premier adjoint. / © Document remis, Molsheim l'avenir avec vous

Laurent Furst  (Molsheim, l’avenir avec vous) est âgé de 54 ans. Directeur d'hôpital, il se met au service de Molsheim en 1995, lorsqu'il en devient maire. Réélu sans discontinuer jusqu'en 2014, il devient aussi député du Bas-Rhin en 2012. Fonction qu'il privilégie en 2017, quand la loi sur le cumul des mandats le force à choisir. Il laisse donc son premier adjoint Jean-Michel Weber aux commandes, commandes qu'il veut récupérer en 2020... mais Weber ne veut pas. Furst s'est illustré en votant contre le Ceta (accord de libre-échange Canada-Europe) et en soutenant Laurent Wauquiez pour prendre la direction du parti Les Républicains.

Malgré quelques divergences, sa ligne directrice et celle de Jean-Michel Weber sont assez semblables. On les voit même proposer dans leurs programmes respectifs la construction d'un espace de télétravail à Molsheim. Laurent Furst promet aussi de ne pas augmenter les impôts locaux, et de mettre en place une "poulerie" : la population pourra nourrir les volatiles y habitant en y amenant leurs déchets alimentaires plutôt que de les jeter.
 

Les deux listes concourant aux municipales à Kingersheim ont donc participé à ce débat.

France 3 propose ces débats dans de nombreuses grandes et moyennes villes de France (voir carte ci-dessous). En Alsace, les débats ont lieu avec les candidates et candidats de : 

Un débat aura aussi lieu le mercredi 18 mars. Les résultats du premier tour détermineront les villes concernées.
 

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