Affaire Kulik : Willy Bardon remis en liberté, "Nous allons l'acquitter en appel," promettent ses avocats

La Cour d'appel de Douai (Nord) a accedé à la 3e demande de remise en liberté de Willy Bardon, condamné en décembre 2019 à trente ans de réclusion criminelle. L'Axonais, reconnu coupable de l'enlèvement, la séquestration et le viol d'Elodie Kulik en janvier 2002, avait fait appel de sa condamnation.

Willy Bardon lors de son procès, le 4 décembre 2019
Willy Bardon lors de son procès, le 4 décembre 2019 © Valentin Pasquier / FTV
La troisième tentative fut la bonne. Ce 25 septembre, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Douai (Nord) a accepté la demande de remise en liberté de Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion criminelle en décembre dernier. L'Axonais, qui a fait appel du verdict de la première instance, avait déjà déposé deux demandes en février et juillet 2020, qui avaient été rejetées. Le condamné est écroué à Lille depuis le 9 décembre 2019.

Simple application du droit

Pour ses avocats, c'est le caractère de Willy Bardon qui a joué sur l'avis du tribunal. "Notre client est plus combatif, il a le soutien de sa compagne, de ses proches, assure Me Gabriel Dumesnil, qui assure la défense de l'intéressé avec Me Stéphane Daquo et Me Marc Bailly. Tous trois entouraient leur client lors de son audition à Douai le 24 septembre.
 


Selon le conseil, la décision de la cour d'appel de Douai n'est qu'une application logique du droit, "puisqu'il n'y a plus aucun raison que Willy Bardon soit iderrière les barreaux. (...) Nous sommes évidemment satisfaits, car nous allons pouvoir le défendre efficacement. Car chacun sait qu'il est plus difficile de défendre un client incarcéré," ajoute le conseil.

 

C'est loin d'être la fin de cette affaire, ce n'est que le début. Nous allons acquitter Willy Bardon en appel, car ce monsieur est innocent.

Me Gabriel Duménil, avocat

Le procès en appel devrait se tenir à Douai en juin 2021, mais les avocats de l'accusé souhaitent le dépayser en raison de la proximité du tribunal avec le lieu des faits et le domicile du père de la victime Jacky Kulik.

"Je leur donne rendez-vous en juin !"

Ce dernier est abasourdi par la décision du tribunal de Douai. "Je ne m'attendais pas à une pareille nouvelle. Je suis effondré, confie celui qui s'est engagé depuis des années à retrouver le ou les tueurs de sa fille. La nouvelle n'entame pas sa détermination et il "donne rendez-vous à Bardon et ses avocats en juin."
 

Ils ont eu deux Kulik, ils n'en auront pas trois.

Jacky Kulik, père de la victime



"Ce qui me gêne beaucoup, c'est que Willy Bardon comparaisse libre en juin, ajoute Jacky Kulik, qui réside aujourd'hui à Violaines (Pas-de-Calais). Ma plus grande peur, c'est qu'il puisse à présent se rapprocher de témoins pour faire pression sur eux. Et puis maintenant qu'il a été condamné, il pourrait même se soustraire à la justice en partant par exemple à l'étranger."

Une affaire datant de 2002

Willy Bardon avait été condamné en première instance par la cour d'assises d'Amiens (Somme) le 6 décembre 2019 à 30 ans de réclusion criminelle pour l'enlèvement, la séquestration et le viol d'Elodie Kulik. Le corps sans vie de cette jeune femme avait été retrouvé violé et calciné dans un champ de Tertry en janvier 2002.

Huit ans plus tard, Grégory Wiart, dont l'ADN a été retrouvé sur la scène de crime, avait été désigné comme l'un des violeurs de la jeune femme. La cour d'assises d'Amiens a considéré que Willy Bardon accompagnait au moment des faits le principal suspect, décédé en 2003 dans un accident de voiture. À l'annonce de sa condamnation, l'accusé avait tenté de mettre fin à ses jours en ingérant un poison.
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