Dry January : chez les cavistes ou les brasseurs à chacun son mois sans alcool

Ce défi est né en 2013 au Royaume Uni, le mois de janvier sans alcool a été importé en France il y a cinq ans. Trente pour cent des Français se disaient prêts en début d'année à le relever. Dans le Nord, à Orchies, un caviste sans alcool a ouvert ses portes cet automne. Pour le moment, c'est le seul au Nord de Paris. Au café du coin juste à côté, peu connaissent ce que l'on appelle, le Dry January.

Un mois sans alcool pour bien démarrer l'année. Un défi pas franchement plébiscité dans ce café d'habitués malgré la campagne médiatique. Mario Morais, cafetier à Orchies avoue : "On vient de l'apprendre que c'était le mois sans alcool, je n'étais pas au courant." Il constate : Ça reste pareil, il n'y a pas de changement."

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A Orchies, le cafetier découvre le Dry January. ©A. Thibault / FTV

11h30, l'heure à laquelle, certains ont déjà consommé un petit jaune à peine dilué. C'est l'heure de l'apéritif, l'alcool un symbole tenace de convivialité. 

Moi je ne peux pas boire un café à cette heure-ci, sinon je le bois chez moi.

Un client du café en fin de matinée

Pour cette autre cliente : "Le mois de janvier reste un mois ou l'on va étrenner du monde, ce n'est peut-être pas le meilleur des mois."

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Pour le mois de janvier sans alcool, un client relève le défi et ses bienfaits. ©A. Thibault / FTV

Un seul client a décidé pour la première fois de faire une pause en janvier. "Une limonade blanche ça fait plaisir. C'était un verre tous les jours, un apéritif à midi, un apéritif au soir. Aujourd'hui, c''est café, limonade, jus de tomates. Et je me sens bien comme ça !"

100% plaisir 0% gueule de bois

Ménager son organisme sans renoncer au plaisir, c'est la promesse de cette nouvelle enseigne, Sanzalc, à quelques mètres de là. Un caviste en apparence comme les autres à une différence près : zéro alcool en rayon. Du sauvignon, du cabernet, du riesling mais aussi des bières et des spiritueux plus vrais que nature.

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Arnaud Calvez, caviste a ouvert son échoppe, Sanzac à Orchies et propose des boissons sans alcool "aux saveurs et textures bluffantes." ©A. Thibault / FTV

Ouvert en octobre, ce caviste d'un genre nouveau a triplé sa fréquentation en décembre. "Nous avons assisté à une véritable prise de conscience pour les fêtes en 2023, reconnaît Arnaud Calvet, caviste sans alcool. Les gens ne souhaitaient pas que leurs convives repartent avec quatre grammes dans chaque bras. Ça permet de faire des découvertes de nouvelles saveurs et de textures."

De nouvelles saveurs, cette cliente vit avec gourmandise son troisième défi de janvier sans alcool. "On prend autant de plaisir, nous sommes mêmes "bluffés" du goût. Et ce qui est super, c'est que nous ne sommes pas dans du sucré."

On peut clairement faire la fête sans alcool et c'est plutôt une bonne nouvelle !

Un client de chez Sanzalc

Ils sont aujourd'hui une dizaine de cavistes de ce type en France. Certains viticulteurs comme le château La Coste dans les Bouches du Rhône, ont développé une gamme de vin désalcoolisé mais aux arômes et goût prometteur.

Dans les Hauts-de-France, les brasseurs ne sont pas en reste, le marché est florissant. Pour la brasserie lilloise Gobrecht, le choix s'est porté sur la création d'une bière contenant peu d'alcool (en deçà de 0,05% alc/vol). Pour Antoine Gobrecht, "La Lill sans alcool a littéralement rencontré son public et une seconde création à base de framboises a vu le jour, décrit-il. Le public est éclectique :" Il y a les femmes enceintes et d'autres qui ont fait le choix de boire moins d'alcool."

Dans le Pas-de-Calais, Nicolas Castelain, brasseur a fait le choix de la désalcoolisation et revendique le 0.0% d'alcool. "Nous avons créé en 2019, La Jade, une bière dont les céréales sont issues de l'agriculture biologique, énumère-t-il. Force est de constater qu'elle a rencontré son public avec 5% de marché, notamment chez les jeunes."

Quels en sont les bienfaits ?

Ils sont nombreux, beaucoup constatent une qualité de sommeil améliorée, une peau embellie, des bourrelets qui disparaissent et une facilité à diminuer sa consommation d'alcool sur le long terme.

Pour le journaliste et médecin Damien Mascret, les effets sont salvateurs. Et pour cause : "Il n'y a pas de consommation d'alcool sans risque pour la santé", prévient-il. Chaque année, il y a 23 000 cancers qui sont dus à des petites consommations d'alcool, c'est-à-dire moins de deux verres par jour en moyenne. 21% sont des cancers ORL, évidemment, la bouche, la gorge, l'œsophage," précise-t-il. On compte aussi 28% de cancers colorectaux. Pas moins de 47% sont des cancers du sein.