Municipales à Grande-Synthe : la gauche se déchire autour de la gestion de la question migratoire

A Grande-Synthe, la gauche se déchire autour de la gestion de la question migratoire. / © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
A Grande-Synthe, la gauche se déchire autour de la gestion de la question migratoire. / © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS

A l'approche du premier tour des municipales, l'union de la gauche en place durant les mandats de Damien Carême à Grande-Synthe vole en éclat face à la gestion de l'accueil des personnes migrantes.

Par NJ avec Myriam Schelcher

A Grande-Synthe, si le maire a changé, les exilés arrivent toujours. La question de leur accueil divise au sein de la gauche. 

Un nouveau camp s'est créé à la Linière. Entre 300 et 500 personnes y survivent. Pour Claire Millot, secrétaire de l'association humanitaire Salam, dénonce l'accueil qui leur est fait : "on dirait des images de guerre. Ils sont sur des gravats, ils sont dans la crasse. La mairie refuse de mettre une benne à ordures parce que ce serait reconnaître un point de fixation".
 
A Grande-Synthe, la gauche se déchire sur la gestion de la question migratoire

En lieu et place de l'actuel camp de fortune, quatre ans auparavant, l'ancien maire, Damien Carême, avait créé un camp humanitaire aux normes humanitaires internationales, allant à l'encontre de l'avis du préfet.
 
 

Il a disparu dans les flammes un an plus tard. 
 

Il avait ensuite ouvert un gymnase deux hivers de suite, toujours sans l'accord du préfet. Les tentes s'étaient accumulées tout autour. 
 

Martial Beyaert demande une intervention de l'Etat 


Élu en juillet dernier, Martial Beyaert, le nouvel édile, demande lui à l'Etat d'intervenir. Le camp est évacué en septembre
 

"Mon prédecesseur avait quand même rompu toutes négociations avec les services de l'Etat. Et on se rend bien compte que c'est un dossier qui dépasse le maire d'une ville. C'est un dossier à prendre en charge par les services de l'Etat", estime le maire PS. "Vous savez, il n'y a pas d'un côté un humaniste et de l'aure un salaud, ça ne marche pas comme ça."
 

Pour son adversaire écologiste, Olivier Berthe, c'est à la ville de suppléer aux manquements de l'Etat : "Le maire ne fait rien à mes yeux. Je ferai mieux que lui si je deviens maire", affirme-t-il. "Je ferai en sorte que personne ne dorme ou ne meurt dans ma commune."

Damien Carême, un temps surnommé "le maire des migrants", a choisi son camp. "Celui qui a pris ma place est en train de casser toutes les mesures qu'on avait prises. Cette après-midi, j'ai constaté comment on débroussaillait pour éviter que les gens aillent se réfugier à l'intérieur et pour que la police aille mieux les déloger. Je comprends qu'on puisse craquer sous la pression du préfet mais pas que l'on soit complice d'une politique de l'Etat d'invisibilisation de ces personnes-là, moi je ne veux pas accepter ça."

Les associations qui viennent en aide aux personnes migrantes dénoncent aussi l'absence d'infrastructures pour les accueillir.

Le 15 mars prochain, les Grand-Synthois devront choisir parmi trois anciens adjoints de Damien Carême. Aucun d'eux n'affiche l'accueil des réfugiés en tête de ses préoccupations. 
 

Quatre listes candidatent à la mairie de Grande Synthe

 

  • "Ensemble agissons pour notre ville", liste du Parti socialiste menée par Martial Beyaert. 
  • "Grande-Synthe en transition", liste d'Europe Écologie Les Verts -Alliés, menée par Olivier Berthe. 
  • "Cap vers l'Union citoyenne", liste de la France insoumise, menée par Dany Wallyn
  • "Ensemble pour un avenir meilleur", liste sans étiquette, menée par Fethi Riah 

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