Témoignage. Il change de vie et abandonne son métier de graphiste pour devenir maraîcher dans le Sud Manche

Publié le Écrit par Olivier Couvreur

Emmanuel Mury était graphiste et sa femme couturière à l’usine. En 2013, après un tour d’Europe à vélo avec leurs enfants, ils décident de tout plaquer pour se mettre au vert, s’installer dans le Sud Manche, en Normandie, et lancer leur ferme spécialisée dans le maraîchage bio.

Vous aviez peut-être suivi leurs aventures en 2013 et 2014 sur les réseaux sociaux. Emmanuel Mery, sa femme Hélène et leurs enfants s'étaient lancés dans un tour d'Europe en vélos couchés sur un an et avaient partagé leur périple sous le doux nom de The bentrider FaMeuhly (et le périple, vous pouvez le revivre en résumé vidéo en cliquant ici).

Depuis, Manu et sa famille ont changé de vie : lui qui était graphiste il y a quelques années encore avec les yeux rivés sur un écran d’ordinateur toute la journée, est désormais à la tête d’une exploitation maraîchère bio. Laurent Quembre et l’équipe de Pistes Vertes se sont rendus dans la petite commune de Saint-Ursin, dans la Manche, entre Granville et Avranches. C'est là que la "Ferme St-Ursin" est installée et que son heureux propriétaire nous a expliqué son changement de vie, et comment il faisait pousser ses légumes bio.

Sur le site internet de la ferme, vous pouvez retrouvez des informations sur l'exploitation ainsi que la possibilité de commander des paniers de produits et  légumes bio de saison .  

Le crédo : une commercialisation en "circuit court et local", c'est pourquoi Manu et sa femme vendent directement à la ferme (ou au marché de Sartilly).

Mais comment un graphiste et une couturière sont-ils devenus maraîchers ?

Un changement de vie radical

Leur tour d'Europe a été un événement déclencheur. Le retour en France ne pouvait pas se faire sans un grand changement. C'est ce que nous explique Manu et qu'il écrit sur le site de la ferme : "Pour moi, Manu, le papa de la Fameuhly, ce revirement m’a conduit d’un statut de graphiste – installé à mon compte pendant 8 ans – à une vie orientée vers les fondamentaux : la terre et la production de légumes biologiques."

Pour mener à bien -et proprement- son activité de maraîcher, en étant autonome en électricité notamment, Manu nous présente une de ses alliées dans l'exploitation : " Ginette la binette", un porte-outil à pédales plein d'ingéniosité. 

Ginette la Binette sert énormément, quand on va faire des semis, quand on va faire les récoltes... Quand on va dans le champ généralement, elle nous accompagne

Emmanuel Mury, maraîcher à St-Ursin (Manche)

Ginette dispose d'une assistance électrique de vélo, d'une marche arrière et d'un panneau solaire qui permet d'être autonome en électricité. Bref, après son tour d'Europe en vélo couché, Manu continue de pédaler dans son nouveau métier !

Dans une vidéo postée sur sa chaîne Youtube, il montrait le fonctionnement de Ginette, qu'il appelle aussi Aggrozouk, en mode "traçage de sillons". 

Parmi les légumes que nous avons pu voir lors de notre tournage : des courges à foison ! De la courge spaghetti, rouge vif d'Etampes, turban turc, butternut, potimarron, longue de Nice, Bleue de Hongrie... Ici, on a droit à toute la panoplie et la palette de couleurs de la famille des cucurbitacées, pour le grand bonheur des consommateurs !

Apprendre de ses erreurs, année après année

Créer son exploitation, c'est forcement tâtonner au début. "Des erreurs, on en fera toute la vie. L'an dernier on a loupé tous les poireaux, cette année ça va... Je crois qu'on va apprendre tout le temps !"

Les éléments extérieurs ont aussi un impact et difficile de les maîtriser, il faut s'adapter notamment aux événements climatiques, explique Manu. "Il fait chaud beaucoup plus tôt dans la saison, mais aussi plus longtemps, et après on a six mois de pluie sans discontinuer... C'est compliqué à gérer".

Pour l'instant, seuls Manu et son épouse Hélène travaillent sur l'exploitation. Et à 2, ça peut être juste "dans les coups de bourre... Parfois, il faudrait 10 personnes de plus !"

Tout le travail mis dans la culture des légumes ne peut se retrouver dans le prix affiché aux consommateurs : exemple avec les carottes.  "En bio, on passe quand même beaucoup de temps à désherber. Les collègues ont calculé que ça coûtait plutôt entre 10 et 13€ à produire. Alors qu'on les vend 3€ le kilo."

Le Sud Manche, un beau territoire de Bio

Dans le Sud Manche, on est gâté, on a un super maillage assez dense de pleins de producteurs bio assez diversifiés. Dans le marché à la ferme de St-Ursin, on trouve ainsi du fromage, mais aussi du pain, "celui d'Olivier, qui est juste à côté, qui le fait au levain et le cuit au feu de bois". 

Je crois que je ne reviendrai pas en arrière, ça c'est sûr. Malgré les grosses périodes de doutes, de difficultés, je crois que là, on a trouvé notre voie. On a pris des décisions pour mettre en place d'autres projets sur la ferme, continuer à avancer vers ce qui nous tient à cœur. Revenir vraiment à ce contact à la nature, et essayer de partager comme on peut ce métier qui est une passion. 

Emmanuel Mury, maraîcher à St-Ursin

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