DIRECT. Procès de Saint-Etienne-du-Rouvray : "je n'ai rien à voir avec l'histoire du prêtre", plaide Farid Khelil, entendu aujourd’hui

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Écrit par Maxime Fourrier et Mélisande Queïnnec

Plus de quinze jours après le début du procès de l’assassinat du père Jacques Hamel, trois complices présumés des deux assaillants comparaissent toujours devant la cour d'assises spéciale de Paris. Le cousin d'Abdel-Malik Petitjean, Farid Khelil, 36 ans, est auditionné par les juges.

Le procès de l'assassinat du père Hamel se poursuit ce mercredi 2 mars. Le prêtre avait été égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Etienne du Rouvray le 26 juillet 2016, à l’âge de 85 ans. Ses deux assaillants, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, avaient été tués après l'assaut par la Brigade de recherche et d'intervention de Rouen.

Notamment soupçonnés d'avoir été au courant du projet, Jean-Philippe Steven Jean Louis, Farid Khelil et Yassine Sebaihia comparaissent pour "association de malfaiteurs terroriste". Farid Khelil, cousin d’Abdel Malik Petitjean, est aujourd’hui entendu et a reconnu "l’association de malfaiteurs terroriste criminelle", niant toutefois avoir été au courant du projet criminel.

Notre journaliste Maxime Fourrier est sur place pour suivre le procès.

Le procès minute par minute

18h45 : Fin de cette nouvelle journée de procès. Demain, c'est un autre complice, Yassine Sebaihia, qui devrait être auditionné.

18h01 : Farid Khelil revient sur ses relations avec les assaillants : "je n'aurais jamais dû parler avec Petitjean et Jean-Louis. Tout découle de là. J'ai fait de mauvais choix à cause d'eux."

17h47 : "Pourquoi regardiez-vous des vidéos horribles de l'État islamique ?" Lance l'avocate générale. "C'est de la curiosité, de la fascination malsaine", réplique Farid Khelil. Assurant qu'il ne serait "jamais passé à l'acte". "Je n’ai aucune violence en moi. Vous allez condamner un libertaire."

16h16 : La salle se tend lorsque Khelil avance, provocateur : "j'ai pu mentir en garde à vue". L'avocate générale rétorque : "arrêtez de rire. Vous risquez trente ans de réclusion criminelle, vous êtes dans une affaire extrêmement grave." Farid Khelil précise qu'il "ne fera pas appel de la décision de la cour".

15h53 : Avocat des parties civiles, représentant l'Association française des victimes de terrorisme, Me Casubolo Ferro interroge : "avez-vous respecté la minute de silence après l'attentat du 14 juillet à Nice ?" Farid Khelil prétend que oui. "Non monsieur", poursuit l'avocat, "vous avez même chanté 'Il était une fois un petit camion qui avait écrasé...'". "J'ai été horrible", conclut Khelil.

15h19 : "Je suis coupable à 1 000% jusqu'au 25 juillet 2016. Pas après. Je n'ai rien à voir avec l'histoire du prêtre", se défend Farid Khelil.

15h16 : En formation pour son travail, quelques mois avant son arrestation, Farid Khelil dessinait "des drapeaux de Daesh sur ses feuilles", s'interroge la cour. "Des drapeaux nazis aussi, je m'ennuyais", lâche-t-il. Son pseudonyme, dans les jeux vidéo, était "Ben Laden 54 09" - "54 c'est mon département, 09 ma date de naissance", répond-il. Sans fournir d'explications concernant le "Ben Laden". 

14h48 : Farid Khelil l'assure : "je ne savais pas qu'ils allaient tuer un prêtre à Rouen." Le lendemain des faits, Rachid Kassim, instigateur de l'attentat depuis la Syrie, s'adresse à Khelil : "le califat a besoin de lions contre les kouffars [mécréants, ndlr]". Khelil aurait déclaré en réponse qu'il était "fier" de son cousin.

14h33 : Concernant le passage à l'acte d'Abdel-Malik Petitjean, Farid Khelil assure qu'il aurait prévenu la mère de ce dernier "à deux reprises au moins" : "la mère de Petitjean n'a pas réagi alors je me suis rendu à la police", relève-t-il.

14h11 : Reprise de l'audience à la cour d'assises. Une attaque de la Tour Eiffel aurait-elle été abordée ? Non, selon le prévenu. Pourtant, sur Telegram, Abdel-Malik Petitjean aurait évoqué un "boum crac badaboum avec les moyens du bord". Farid Khelil était l'un des destinataires de ce message.

12h13 : A propos de sa présence sur Telegram, Khelil se justifie : "j'y allais pour parler à mon cousin. Je voulais que ce soit sécurisé". Le 27 juillet 2016, il déclare avoir consulté des vidéos jihadistes, "celles que Rachid Kassim et Abdel-Malik Petitjean (lui) ont envoyé" pour "donner un maximum d'informations à la police".

11h46 : Le jour de l'attentat, le 26 juillet 2016, Farid Khelil explique au commissariat de Nancy détenir des informations sur un attentat "en préparation en région parisienne". Il dit ne pas savoir qu'un autre, perpétué par son cousin, a eu lieu le matin-même en Seine-Maritime. Et précise également avoir cru que Petitjean était à Paris : "je pensais qu'il allait faire un autre Bataclan".

11h08 : En juin 2016, Farid Khelil aurait envoyé un message à son cousin sur la messagerie Telegram : "si je ne peux pas rejoindre une terre musulmane, je pense agir ici [en France, ndlr]". Il précise avoir écrit ce message pour "se faire bien voir de son cousin".

10h39 : Farid Khelil reconnaît "l’association de malfaiteurs terroriste criminelle". Mais se défend d’avoir jamais projeté de rejoindre la Syrie : "je ne l’aurais jamais fait. C’était un fantasme". Ajoutant qu’il n’aurait "jamais voulu que le Père Hamel soit tué".

10h26 : En 2016, au moment des faits, "le monde musulman est en ébullition", relève Khelil. Deux ans plus tôt, il vit une période personnelle et professionnelle "difficile, que tout le monde comprend", souligne le président de la cour. C’est là que l’accusé se serait tourné vers la violence, fasciné par les armes.

10h20 : Deuxième personne à lui ouvrir la voie de l’Islam après son père, son cousin, Abdel-Malik Petitjean. Plus tard, "il se réjouissait des attentats. Il disait que c’était normal parce que les armées occidentales font la même chose là-bas", détaille Farid Khelil.

10h14 : Auditionné par les juges, Farid Khelil déclare : "je suis quelqu’un d’ouvert. Sur ma personnalité : je suis très inspiré par Coluche, Desproges, Bedos". Il évoque sa foi, l’athéisme de sa mère : "nous mangions de tout quand j’étais petit, y compris du porc". C’est plus tard, raconte-t-il, qu’il s’intéresse à la religion pour se rapprocher d’un père qu’il n’a pas vraiment connu.

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