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“Ceux qui foutent le bordel...” : un an après la phrase choc d'Emmanuel Macron à Égletons

© France 3 Limousin
© France 3 Limousin

Le 4 octobre 2017, Emmanuel Macron, en visite en Corrèze, évoquait le sort des salariés de GM&S qui manifestaient à quelques mètres de lui : "Il faudrait dire à certains, qu'au lieu de foutre le bordel, de voir s'il n'y a pas des postes là-bas" ... à Ussel. Y sont-ils allés ?  Bilan au bout d'un an.

Par Hugo Lemonier - Hélène Abalo

Octobre 2017 - Octobre 2018. Il y a un an, Emmanuel Macron était en visite à Égletons en Corrèze. Nous sommes en pleine crise sociale chez GM&S à La Souterraine (Creuse) et les salariés qui craignent de perdre leur emploi veulent le rencontrer et manifestent à l'extérieur. 

Le président de la République échange alors avec le président de la Nouvelle-Aquitaine. Alain Rousset explique alors qu'une fonderie corrézienne, a du mal à recruter. C'est alors qu'Emmanuel Macron fait fuser cette phrase : "Il faudrait dire à certains, qu'au lieu de foutre le bordel, de voir s'il n'y a pas des postes là-bas". "Eux", ce sont les GM&S, "là-bas", c'est à Ussel, chez Constellium. 
 
 

Pour trouver du travail : traverser la rue ou faire deux heures de routes ?

En un an, la rhétorique d'Emmanuel Macron n'a visiblement pas changé. Demander à des ouvriers de faire 145 km ou de "traverser la rue" pour trouver du travail, ce n'est - somme toute - qu'une question la distance qui change. Alors oui, l'horticulteur a trouvé du travail, pas dans le quartier de l'Élysée mais à Montargis. Il est devenu cariste. Pour les GM&S, le secteur d'activité restait le même, mais à deux heures de route. Qu'en est-il un an après ?

A Ussel, Constellium a depuis bouclé sa phase de recrutement. Et un GM&S a bien suivi les bons conseils du président Macron. Le candidat est alors en fin de carrière mais il ne veut pas rester sans emploi jusqu'à sa retraite. "J'étais admiratif, raconte Jean-Baptiste Foisel, directeur général du site corrèzien. Il voulait vraiment bosser."


760 euros par mois... pour aller au travail

Le profil de l'ex-GM&S correspond parfaitement au poste, alors banco ! Constellium lui offre immédiatement un CDI... que l'homme est contraint de refuser. Car cela lui reviendrait beaucoup, beaucoup trop cher de venir travailler à Ussel, tout en habitant à La Souterraine. "On a fait le calcul... Pour un aller-retour par semaine, frais de péage et de carburant compris, et le logement, le budget total s'élève à 760 € par mois", assure le directeur général.

Nous aussi, nous avions testé le trajet :
  • par l'autroute : 2 heures et 24 € de péage
  • le moins de kilomètres : les toutes petites routes de campagne
  • itinéraire médian : 2 heures et 11.73€
  • par le train : 3 heures par Felletin, 4 heures par Limoges
  • pas de bus Macron

"S'il y avait eu un dispositif public pour l'aider pendant un an, sa mobilité aurait coûté moins cher que son chômage !", enrage encore le directeur général. Le chef d'entreprise raconte qu'il n'a eu de cesse d'expliquer la situation à des élus et l'administration : "Tous m'ont répondu : 'Oui, oui... Mais on ne peut rien faire.' Il n'y a aucun dispositif d'aide à la mobilité en France. On préfère payer quelqu'un à rester chez lui, alors même qu'il voudrait bosser..."

Et de conclure : "Ce n'est pas avec ce genre de petites phrases qu'on va faire évoluer la situation ! Pour que les gens trouvent du travail, il faut les aider à bouger !"
 

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