Ariège. Procès, plaintes, menaces : un militant écologiste appelle au dialogue

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Écrit par Lauriane Nembrot .

Activiste ariégeois pour l’environnement, Jérôme Brosseron préside l’association de protection des rivières ariégeoises (CHABOT) depuis deux ans. Récemment pris pour cible, il se sent menacé et vient de porter plainte contre X. Il lance un appel aux autorités et appelle au calme.

Des tombereaux de fumier. Quelques immondices. Et surtout, une banderole avec ce message : “Tu veux la merde, tu vas en avoir. Offert par la ruralité”. Voici ce qui attendait Jérôme Brosseron à proximité d’une de ses propriétés à Varilhes (Ariège) le 2 décembre dernier. 

Je possède bien une maison dans ce hameau mais je n’y habite pas”, précise l’intéressé. “Mais c’est un lieu de résidence connu. Donc j’étais bien la cible”. Il s’agirait même d’un “acte de malveillance”, dénonce dans la foulée l'association de protection des rivières ariégeoises (CHABOT), que préside l’intéressé.

Un militant écologiste de longue date

J’ai milité pendant des années pour EELV, j’ai été candidat à des élections locales sous l’étiquette écolo. Mais c’est bien la première fois que je subis de telles menaces”, remarque l’activiste.

Cet incident intervient dans un contexte bien particulier. Le CHABOT vient tout juste de remporter en première instance un procès pour “entraves à la liberté de réunion et atteinte à la liberté d’expression”. 

Un colloque sur l’environnement empêché

Le 5 mai 2018, cette association créée dans les années 90 organise un colloque sur l’environnement, en présence de plusieurs acteurs du secteur.On avait invité une douzaine d'associations. Nous avions loué une salle communale pour les accueillir. Tout devait se passer à l’intérieur”, explique le militant.

Selon son récit, apprenant la présence d’associations pro ours comme FERUS, l’ASPAS ou encore L214, “des syndicats agricoles et la fédération départementale de la chasse ont décidé d’organiser un rassemblement autour du lieu de la réunion”. “À un moment, on a été complètement encerclés. Le public invité a été empêché de nous rejoindre par 600 manifestants vociférant des injures à l’encontre des écolos”, glisse Jérôme Brosseron.

À la suite de cet incident, plusieurs associations ont porté plainte pour “entraves à la liberté de réunion et atteinte à la liberté d’expression”. Une audience a enfin eu lieu le 18 octobre dernier, soit près de quatre ans après les faits. Le verdict, rendu le 29 novembre, a condamné les syndicats incriminés, qui souhaitent faire appel. 

La ruralité au cœur des tensions

Trois jours après cette décision de justice, Jérôme Brosseron était donc de retour devant les gendarmes ariégeois pour déposer plainte contre X. “Je ne sais pas qui c'est, je ne connais pas le responsable. Je refuse de faire le lien avec le procès. Je ne crois pas que les leaders syndicaux que l’on a inculpés aient le culot de m’envoyer ou de demander de me faire envoyer un tombereau de fumier trois jours après avoir perdu un procès. C'est un peu grossier”, juge-t-il. 

Il penche plutôt pour “un sursaut de colère isolé du monde rural”.  “Dans cette affaire, tout tourne autour de l’expression -“LA RURALITÉ" - Le 18 octobre, les organisations qui avaient été inculpées ont passé leur temps à dire qu’on attaquait, qu’on étouffait la ruralité, que c'était le procès de la ruralité”. 

Nous, on l’a contesté publiquement en disant qu’ils n’avaient pas l’exclusivité de la ruralité. Toute personne habitant à la campagne fait partie de la ruralité”, achève le plaignant.

“Le sujet reste sensible”

En dépit des actions en justice, “nous avons d’excellentes relations avec certains syndicats agricoles”, assure Jérôme Brosseron. 

Cependant, il reconnaît que de vives tensions existent avec certaines organisations agricoles basées en Ariège. Notamment en raison des prises de positions du CHABOT, qui dénonce régulièrement la pollution des sites naturels du département. “Nous, nous remettons en cause un mode d’agriculture intensive, c’est tout”.

Face à cette situation, Jérôme Brosseron lance un appel aux autorités pour permettre un dialogue apaisé entre syndicats agricoles et associations environnementales. “Nous souhaitons que la préfecture intervienne pour entamer un dialogue. Mais le sujet reste sensible”. Contactée à ce sujet, la préfecture de l’Ariège n’a pas encore donné suite à nos sollicitations. 

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