Coronavirus : quand le food truck remplace la cantine à l'école, les enfants se régalent

A Tresques (Gard), la cantine était peu adaptée aux nouvelles règles sanitaires du déconfinement. Alors la mairie a passé une convention avec... la propriétaire d'un tout récent food truck. Elle a posé une condition : proposer des repas 100% locaux et 100% maison. Les écoliers en redemandent.

Un foodtruck remplace la cantine de l'école de Tresques (Gard) après le déconfinement et pour plusieurs semaines
Un foodtruck remplace la cantine de l'école de Tresques (Gard) après le déconfinement et pour plusieurs semaines © Mairie de Tresques
A Tresques (Gard), l'école a rouvert jeudi 14 mai. Mais la cantine (où sont d'habitude confectionnés sur place les repas) manquait de personnel pour pouvoir faire appliquer à des petits les règles de distanciation. La mairie reconnaît qu'avec 3 employées municipales chargées à la fois de faire la cuisine, d'installer les écoliers, de les servir et de desservir, "cela aurait été difficile".

Alors elle s'est tournée... vers le food truck installé depuis novembre dernier dans le village. Alexandre Pissas, le maire (DVG) de Tresques, raconte :
 

Au début, des parents ont dit : "c'est moins bien que la cantine". Mais moi, j'ai vu les enfants le premier jour avec leur énorme croque monsieur maison béchamel-gruyère, et ils avaient l'air contents, eux !


Burgers et desserts faits maison


Une convention a ainsi été passée avec sa toute jeune propriétaire, Béatrice Gaïdo, sur le principe d'un repas par élève, constitué d'un plat et d'un dessert consommables sans couverts, la commune fournissant la bouteille d'eau et la serviette :
 

J'ai dû m'adapter, mais j'ai demandé à pouvoir rester fidèle à ma cuisine, 100% maison et composée de produits locaux. Le pain des burgers, par exemple, c'est moi qui le fais, je me lève à 6 heures pour ça. Les steacks hachés sont livrés par un boucher grossiste tout proche et tous les produits sont de saison. Même la glace à la vanille est faite par moi.


La cuisinière applaudie par les élèves


Tout ça pour le prix d'un ticket de cantine. Alors ce lundi matin, les écoliers ont applaudi Béatrice Gaïdo, qui n'en revenait pas. Seul bémol : ce n'est pas toujours équilibré "parce que c'était un peu compliqué" pour elle. Alexandre Pissas précise :
 

La commune complète la différence entre le prix du ticket repas qui reste inchangé pour les familles et le coût réel des repas confectionnés par le foodtruck, soit 1,50 € par enfant. Mais ça ne va pas durer au-delà de l'année scolaire, donc c'est supportable.


Depuis la reprise de l'école, 15 à 20 enfants seulement ont recommencé à fréquenter l'unique groupe scolaire du village, qui en accueille d'ordinaire 120.
 
Et presque tous restent manger à la cantine - pardon : au food truck-, amusés à l'idée de venir chercher leur "commande" au camion plutôt que de faire la queue à la cantine.
 
La mairie se félicite de leur grand respect des règles de distanciation, que ce soit dans la file d'attente devant le camion ou dans la salle polyvalente mise à leur disposition.


Seule une vingtaine d'enfants de retour en classe chaque jour


Car ils dégustent leur déjeuner dans la salle polyvalente toute proche où de grandes tables ont été installées pour respecter la distanciation sociale nécessaire à la lutte contre le coronavirus. La Ville précise :
 

Nous avons conventionné le B'Burger (nom du foodtruck) jusqu'à fin mai. Pour juin, on verra en fonction des inscriptions et de l'évolution de la pandémie. Pour l'instant, les semaines sont découpées ainsi : les cours du lundi et du mardi sont réservés aux Maternelles, CP, CM2, et aux enfants des familles prioritaires. Le jeudi et vendredi, place aux CE1, CE2 et CM1 et toujours aux écoliers prioritaires.


Deux journées en une pour la cuisinière


En attendant, Béatrice Gaïdo mène de front cette nouvelle activité avec le service de sa clientèle habituelle, qui lui est restée fidèle. Les journées sont donc bien remplies et l'activité de restauration scolaire, pas forcément rentable pour elle, mais ce n'est pas le plus important à ses yeux :
 

J'ai eu de bons retours, les enfants se sont régalés et leur sourire, ça vaut tout l'or du monde, surtout dans le contexte actuel !


La glace à la vanille tant promise devra encore un peu attendre, ce mardi c'est sablés bretons (toujours maison) et, c'est promis, il y aura des burgers une fois par semaine ! Tant que le food truck remplacera la cantine...
 
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