VIDEO. "On a dû vendre à perte", la surproduction d'abricots est une catastrophe pour les arboriculteurs du Gard

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La saison des fruits d'été touche à sa fin. Et dans les vergers du Gard, elle laisse un goût amer aux producteurs d'abricot de la Camargue et de la Vallée du Rhône. La surproduction conjuguée à une consommation en baisse a maintenu les prix de vente trop bas pour être rentables. ©FTV

La saison des fruits d'été touche à sa fin. Et dans les vergers du Gard, elle laisse un goût amer aux producteurs d'abricot qui exploitent plus de 1 000 hectares d'arbres. La surproduction conjuguée à une consommation en baisse a maintenu les prix de vente trop bas pour être rentables.

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Après quatre mois intensifs, la récolte des abricots vient tout juste de se terminer dans ce verger de Beaucaire, dans le Gard. Et le bilan est plus que mitigé.

En juillet, il y a eu un télescopage avec l'arrivée sur le marché de plusieurs variétés d'abricots de France. Des tonnages quotidiens de 20 à 30% supérieurs à 2022. Cela a engorgé le marché et fait baissé les prix.

David Sève, arboriculteur à Beaucaire et président de la FDSEA du Gard

Une surproduction qui est mal tombée. Car la météo automnale dans le nord et l'ouest de la France n'a pas incité les consommateurs à se tourner vers les fruits d'été.

"Nous, ici, nous avons eu la chance d'avoir un bel été, chaud, alors les consommateurs ont acheté des abricots, des pêches, des melons, des pastèques. Ils ont consommé des fruits de saison mais sur une grande partie de la France, il n'a pas fait beau et les ventes de fruits d'été n'ont pas décollé" explique Mélodie Bonnet, gérante d'une boutique de primeurs.

Pour une fois, les consommateurs ont pu bénéficier de tarifs plus abordables dès juillet, à moins de 2,50€/kg pour des fruits de qualité.

Des ventes à perte

Résultat, les fruits ont peiné à se vendre. Et les arboriculteurs ont dû les brader pour récupérer tout de même un peu de trésorerie.

"En 2023, on est pour la plupart, dans la vente à perte. Pour s'en sortir, on a été obligé de laisser partir nos fruits en dessous du prix de revient. Mais on ne pouvait pas laisser les abricots pourrir sur les arbres. Au mieux, on n'a rien gagné" affirme David Sève.

Dans cette exploitation gardoise, une partie de la production a dû être donnée à des associations caritatives pour ne pas être perdue. Les arboriculteurs espèrent rattraper leur saison avec les pommes, dont la récolte commence tout juste.

Environ 150.000 tonnes d’abricots français auront été vendues cette année, dont plus de 40.000 tonnes exportées, notamment vers l'Allemagne et l'Italie. La Vallée du Rhône, le Gard et la Crau représentent 80% de la production nationale, les 20% restants sont cultivés en Roussillon.