Littérature : la petite et la grande histoire de Toulouse dans la poche

De Tolosa cité antique à la naissance d’Airbus en passant par La Commune ou la peste, « Cette année-là » à Toulouse, une collection éditée en Haute-Garonne nous fait revivre l’histoire de la ville rose.  Le tout dans un format atypique et dans un style qui évite l’ennui.

La collection "cette année-là à Toulouse" aux éditions Midi-Pyrénéennes
La collection "cette année-là à Toulouse" aux éditions Midi-Pyrénéennes © Photo N.Albrand/F3 Occitanie

Quel rapport entre l’or de Tolosa, la peste de 1628 ou le premier Brennus du Stade Toulousain ? Tous figurent au catalogue de la collection « cette année-là » lancée par une maison d’édition basée à Portet-sur-Garonne.

« Pour revenir à la genèse de la création de cette collection, je dois dire que l’idée revient à Christian Thorel (NDR : ancien patron de la librairie toulousaine « Ombres Blanches »). Il imaginait une publication bon marché pour raconter, l’histoire de la mort du duc de Montmorency. Il faisait le constat que peu de personnes voyant au Capitole la dalle commémorant son exécution savait qui il était et pourquoi il avait été exécuté » raconte l’éditeur Bernard Seiden.

De -3.900 avant JC à 2019

21 livres et près de 8.700 exemplaires vendus plus tard, l’histoire du duc n’est toujours pas racontée (ça ne saurait tarder) mais beaucoup d’autres ont été livrées à un large public. « Le plus ancien remonte à – 3.900 et évoque les premiers groupes humains sédentaires au bord de la Garonne, le dernier célèbre le 50ème anniversaire du lancement du programme Airbus » s’enorgueillit Didier Foucault.

Et le directeur de collection de livrer la recette en trois temps qui permet à ces livrets de nous tenir en haleine. « D’abord le récit traditionnel de l’évènement, ensuite ce qu’il nous a révélé sociologiquement, culturellement, religieusement… et enfin la mémoire qu’on en a conservé ou sa postérité ».

Les 50 ans d'Airbus fêtés en 2019 sont aussi au catalogue
Les 50 ans d'Airbus fêtés en 2019 sont aussi au catalogue © Photo MaxPPP/Frédéric Charmeux

Ainsi, vous découvrirez entre autres pourquoi 15 000 Toulousains ont acclamé le premier Brennus en 1912 mais aucune fête n’avait été organisé pour la Coupe de France gagnée par le TFC en 1957. Vous comprendrez pourquoi, avant même le Brexit, la Grande-Bretagne n’a pas embarqué avec Airbus et pourquoi le 8 mai 1871 une foule accoure vers la cathédrale Sainte-Etienne.

Nous avons fait un effort d’accessibilité auprès du grand public, tout en étant rigoureux

Didier Foucault, directeur de la collection

Autre gros avantage : on peut mettre ces trésors de patrimoine historique dans la poche et les lire en un heure dans le train ou l’avion. Ce qui fait aussi leur succès, c’est le style d’écriture, synthétique mais enlevé en 48 pages maximum soit 12.500 signes. « Nous avons fait un effort d’accessibilité auprès du grand public, tout en étant rigoureux » certifie Didier Foucault, lui-même historien et, comme ses auteurs, professeur d’université de formation.

« Il n’y avait plus de bons livres d’histoire « régionale » ou « de ville » (cf la collection remarquée de Philippe Wolff chez Privat » raconte Bernard Seiden. « Je pense que le pari peut être gagné au regard du succès d’estime que nous avons chez les historiens et petit à petit auprès du public toulousain qu’il faut reconquérir » raconte le patron des éditions Midi-Pyrénéennes.

Moins de 7 euros et 1.000 exemplaires

Son seul regret, le tarif, 6,80 euros, qu’il estime encore un peu élevé. « Mais nous ne tirons qu’à 1.000 exemplaires, donc forcément ce n’est pas la même économie d’échelle que Folliot ou Pocket » sourit Bernard Seiden.

Un ouvrage sur les 20 ans de la catastrophe d'AZF est attendu prochainement
Un ouvrage sur les 20 ans de la catastrophe d'AZF est attendu prochainement © Photo BEP/Bruno Souillard/La Provence

Le tout était aussi de bien choisir les thèmes, qui évidemment foisonnent. « Nous sommes un petit comité scientifique avec l’éditeur et trois autres collègues » explique Didier Foucault. « Mais les idées viennent de partout, de jeunes chercheurs, de profs du secondaire ou encore de directeurs de bibliothèques » s’enthousiasme celui qui va voir la collection qu’il dirige encore s’étoffer.

D'autres villes à venir

Au-delà de Toulouse, des contacts ont été pris pour raconter l’histoire d’autres villes, Strasbourg, Nantes et Clermont-Ferrand notamment. D’ici septembre, quatre ou cinq titres sur Bordeaux devraient également sortir. Quant à la ville rose, les projets ne manquent pas l’histoire du texte de Monseigneur Saliège contre la déportation, le mouvement féministe à Toulouse et d’ici juin un ouvrage sur les 20 ans de la catastrophe d’AZF.

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