Occitanie : ils espéraient ne rien payer pour leurs travaux d'économies d'énergie, ils se retrouvent lourdement endettés

Les pratiques frauduleuses sur les rénovations énergétiques gagnent du terrain / © MaxPPP
Les pratiques frauduleuses sur les rénovations énergétiques gagnent du terrain / © MaxPPP

Economies d’énergie riment souvent avec économies d’argent. Attrayants pour des particuliers, certains dispositifs de rénovation énergétique sont le fruit d’une véritable arnaque et de systèmes frauduleux bien rôdés dont il faut se méfier. Témoignages.
 

Par Sylvain Duchampt et Zoé Daval

Isolation, panneaux solaires, chaudières plus performantes. De plus en plus souvent, des annonces publicitaires et offres alléchantes vous promettent de réaliser des économies d’énergie. Problème, les escroqueries d’un système bien huilé sont monnaie courante. Leur mode d’emploi est simple : vendre du rêve aux particuliers. 

Les commerciaux leur garantissent des travaux subventionnés à 100% par des primes d’économie d’énergie, comme les CEE (Certificats d'économie d'énergie) ou le dispositif régional de l'Eco-Chèque mais les oblige à contracter un crédit, parfois sans que leurs clients soient au courant. 

Isoler ses combles à 1 euros : un rêve devenu cauchemar

Tout a commencé pour Jonathan Gauben en 2017 un soir d'avril. Après une longue journée de travail, le peintre  rentre chez lui, dans sa petite maison de la commune de Graulhet (Tarn). Il est 20 heures lorsqu'une personne frappe à sa porte.

"C'était un commercial d'une entreprise d'isolation des combles tarnaise. Il est arrivé à 20h et est parti à 23h30, le contrat pour isoler mes combles signé."  Une technique de vente bien ficelée car Jonathan Gauben n'avait pas l'intention de réaliser de tels travaux.

" Ils vous mettent en confiance et vous signez. En promettant qu'il n’y aurait rien à payer, que ce serait 1 euro( ...) Je suis comme tout le monde. Si on me promet des travaux à 1 euro et qui te font économiser de l'argent, ma foi, tu le fais."  Le jeune Tarnais se retrouve désormais à devoir régler une facture de 7 000 euros. 

Car lors de sa démonstration, le commercial de l'entreprise lui assure qu'un ensemble de primes vont couvrir le coût du chantier. Mais contre toute logique, il oblige Jonathan Gauben à contracter un crédit comme garantie.

"Il m'a fait souscrire un crédit qui, normalement, ne doit pas s’enclencher quand on reçoit toutes les primes. Une fois un certain délai passé, si on n’a pas toutes les primes, soit on rajoute de notre poche pour payer, soit le crédit s’enclenche. Et une fois que le crédit est enclenché c’est fini."

Et justement, le crédit a démarré car Jonathan Gauben n’a jamais touché une de ces primes. L’organisme versant l’argent des certificats d'économie d'énergie a décidé de bloquer son dossier comme 300 autres clients en Occitanie de cette société d’isolation. En cause : de faux bons de commandes rédigés par l’entreprise.
 

La société utilisait également dans son financement le dispositif d’aides régional : l’Eco Chèque.
Face à la multiplication des signalements, la Région a décidé de la radier.

Les deux gérants ont fermé leur entreprise et en ont créé une nouvelle, toujours spécialisée dans l’isolation et à nouveau partenaire du dispositif de l'Eco Chèque. 

Des panneaux photovoltaïques qu'ils ne souhaitaient pas installer

Produire et consommer sa propre électricité. L'installation de panneaux photovoltaïques est le nouvel eldorado des dispositifs d'économies d'énergie et des escrocs...

Lors de la dernière édition de la Foire internationale de Toulouse, Angélique et François se sont fait prendre au piège. Ce couple de la banlieue toulousaine se sont rendus à cet évènement, sans but précis, simplement par curiosité comme la plupart des visiteurs. Ils en sont revenus avec un bon de commande pour des panneaux photovoltaïques
 

"Lors de la foire, on ne nous a pas du tout laissé communiquer entre nous. Et je pense que si on avait pu échanger, nous aurions pu nous en sortir estime Angélique. Mon mari vient d'apprendre qu'il était au chômage depuis le 26 mars. Au moment où on a signé le bon de commande,  si on nous avait dit que c'était un crédit, nous n'aurions jamais signé."

 

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