"On est fait comme des rats" : entre les barrages des agriculteurs et la météo, ils ne peuvent plus rentrer chez eux

Impossible de rentrer à la maison. Un couple de Toulousains se retrouve bloqué en Espagne du fait des manifestations des agriculteurs. Ils nous racontent leur galère alors que ce mercredi 28 février 2024, les agriculteurs sont de nouveau installés au milieu de l'autoroute qui mène à la frontière.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Les agriculteurs catalans sont une nouvelle fois passés à l'action. Depuis 24 heures, ils bloquent totalement l'autoroute AP-7 qui relie l'Espagne à la France. Aucun véhicule ne passe la frontière, sur les routes annexes, c'est aussi le chaos, obligeant les touristes à faire demi-tour. C'est le cas d'un couple de Toulousains qui ne sait plus par où passer pour rentrer à la maison.

Ce mercredi 28 février 2024, alors que les agriculteurs catalans prennent le petit-déjeuner au milieu de l'autoroute, sur l'AP-7, entre Girona et Figueres, Chantal et son mari, eux, commencent à ne plus voir le bout du chemin.

"On a essayé les petites routes de traverse"

Chantal et son mari, un couple toulousain, ont l'habitude d'aller passer quelques jours sur la Costa Brava, en Espagne. Des barrages d'agriculteurs, ils en avaient entendu parler il y a 15 jours déjà avec des manifestations à Barcelone notamment. Mais leur route n'avait pas été entravée. Cette fois-ci, c'est une toute autre histoire. Hier, mardi 27 février, ils quittent Palamós. "On a essayé d'aller prendre l'autoroute comme on fait d'habitude, nous raconte Chantal. Et là, on a commencé à croiser sur les petites routes plein de camions et des voitures qui étaient déjà arrêtés. Ça ne bougeait pas du tout."

L'entrée sur l'autoroute, à 30 kilomètres de la frontière ? Impossible. Tout est barré. 

"On a essayé de prendre des petites routes de traverse, on s'est un peu perdus, on a trouvé un endroit pour déjeuner à 4h de l'après-midi et là on nous a dit que tout était bloqué. L'autoroute, les nationales... Du coup, on est revenus à Palamós, à l'hôtel."

"Ce matin, on a envie de repartir, mais bon... On a des choses à faire sur Toulouse... On aimerait bien rentrer, on va essayer de s'avancer", nous dit Chantal qui n'est pas très optimiste.

"On est fait comme des rats"

Ce mercredi 28 février, le barrage est toujours en place sur l'autoroute qui relie l'Espagne et la France. Les Toulousains élaborent un plan B, cherchent une issue de secours. Passer par l'Escala et longer la côte ? "Je l'ai déjà fait, il y a longtemps. C'est une route qui surplombe la mer, où il y a beaucoup de virages, on va essayer ça. Si on peut y arriver..."

Autre option : passer par l'Andorre, par Puigcerdà et traverser les Pyrénées.

Sauf qu'il a beaucoup neigé et que c'est déconseillé. Surtout que l'on n'est pas équipé, on n'a pas de chaines, on n'a rien. On est fait comme des rats.

Chantal, bloquée en Espagne par les barrages d'agriculteurs

Le récit est entrecoupé de soupirs. D'habitude, il leur faut compter 3h15 pour rentrer à Toulouse. Par la côte et Banyuls, c'est au moins deux heures de plus. Mais là, une journée est déjà passée. "Même s'ils débloquent aujourd'hui, mais avec tout ce que l'on a vu... ça va durer très longtemps pour débloquer", se désespère Chantal qui va sans doute devoir songer à reprendre une nuit d'hôtel.

Les agriculteurs espagnols semblent vouloir prolonger le blocus. Ils menacent de maintenir le blocage de l'AP-7 jusqu'à jeudi 29 février. Selon le journal Diari de Girona, les agriculteurs catalans exigent une rencontre avec David Mascort, conseiller pour l'action climatique, l'alimentation et l'agenda rural de la Generalitat de Catalogne.

Cet après-midi, ils seront soutenus par leurs homologues français.