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Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : “On a fabriqué un coupable” selon la défense de Laurent Dejean

Laurent Dejean et son avocat Guy Debuisson. / © Manon Billing/AFP
Laurent Dejean et son avocat Guy Debuisson. / © Manon Billing/AFP

Jeud 28 mars 2019, 11ème jour d'audience du procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon en 2011, ses deux avocats, maîtres Debuisson père et fils, ont naturellement plaidé l'acquittement. Exhortant les jurés à "avoir le courage du doute". 

Par Marie Martin

"On est là pour se dire la vérité". C'est par ces mots que maître Guy Debuisson, avocat de Laurent Dejean, commence sa plaidoirie. "Cette enquête a été très mal menée. C'est un échec pour la gendarmerie. On est arrivé au "pinpin" du village, on a fabriqué un coupable". 

Après l'avocat général, qui a plaidé l'acquittement, après le démontage de l'enquête point par point par son fils Pierre, l'avocat toulousain a presque la partie facile. Il va longuement parler des erreurs judiciaires. Et tenter d'instiller le doute dans l'esprit des jurés. D'autant qu'il a avec lui ce non-lieu demandé par le parquet général, en février 2018, alors que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse examine la requête de Laurent Dejean qui conteste son renvoi devant une cour d'assises et demande sa remise en liberté. 

"Est-ce que vous avez assez de preuves dans ce dossier pour le condamner ? Vous avez le droit de répondre que vous ne savez pas". 
Il évoque l'affaire Patrice Dils. "Comment dorment les jurés qui l'ont condamné à 15 ans de prison pour rien ? Au bout de 15, on s'est aperçu qu'il était innocent. Imaginez celui-ci [il désigne de la main Laurent Dejean, assis dans le box des accusés] condamné et dans quatre ans, un autre se dénonce pour le meurtre de Patricia Bouchon..."

"Vous n'êtes pas là pour sauver l'enquête. La vérité doit être parfaite : c'est une règle d'or. Si non, vous piétinez votre conscience. Avoir l'intime conviction, c'est être sûr de chaque preuve". 

Or, Guy Debuisson insiste, il n'y a pas ici de preuve matérielle : pas d'ADN, pas de témoin direct de la scène de crime et bien sûr, pas d'aveu. "Jamais l'empilage d'éléments ne fabrique une preuve". 

Il y a des présomptions, il y a des soupçons, explique l'avocat. "Moi-même, je ne sais pas s'il est innocent ou coupableMais transformer l'opinion en preuve, ce n'est pas possible". 

"Vous ne pouvez pas être complice d'une erreur judiciaire. On ne le dit jamais, mais lors du délibéré, vous avez le choix de dire oui, il est coupable, non il n'est pas coupable mais aussi de voter blanc. Et chaque vote blanc est compté comme favorable à l'accusé". 

"Ayez le courage du doute", a-t-il conclu sa plaidoirie.

L'audience reprend demain, vendredi 29 mars 2019. La parole sera donnée une dernière fois à Laurent Dejean. Puis les jurés se retireront pour délibérer.

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