TEMOIGNAGE. "On a jusqu'à 300 vies entre nos mains", les nageurs sauveteurs pas assez nombreux sur les plages cet été

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Cet été, sur les plages françaises, la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) manque de nageurs-sauveteurs pour veiller sur les vacanciers. En cause : des responsabilités lourdes à assumer et des postulants qui se manifestent trop tard. Voici le témoignage de deux jeunes secouristes en poste à Palavas-les-Flots (Hérault). ©Christophe Monteil et Enrique Garibaldi, France 3 Occitanie

Cet été, sur les plages d'Occitanie, la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) manque de nageurs-sauveteurs pour veiller sur les vacanciers. En cause : des responsabilités lourdes à assumer et des postulants qui se manifestent trop tard. Voici le témoignage de deux secouristes en poste à Palavas-les-Flots (Hérault).

Agathe Didier, 20 ans, et Mathieu Chadelas, 38 ans, passent l'été sur la plage de Palavas-les-Flots (Hérault) à veiller sur les vacanciers. Mais ces nageurs sauveteurs, bénévoles à la SNSM, la Société Nationale de Sauvetage en Mer, aimeraient bien du renfort. Car les candidats manquent cette année. L'association cherche toujours une centaine de secouristes au niveau national pour ce mois d'août. De quoi faire culpabiliser la jeune femme, qui a prévu de ne rester qu'un mois.

Le reste de l'année, Agathe Didier est étudiante à Nantes (Loire-Atlantique). C'est son deuxième été à surveiller les baigneurs et elle avait décidé de prendre quelques vacances en août. Un choix qu'elle regrette un peu.

Je pense que l'an prochain, je resterai deux mois, parce que mon chef de secteur manque vraiment de personnel. Je me sens un peu coupable de partir en vacances et de le laisser avec quelqu'un en moins.

Agathe Didier, adjointe au chef d'un poste de secours de Palavas

Jusqu'à 300 vies en leurs mains


Mathieu Chadelas, le chef de poste, travaille quant à lui tout l'été. C'est sa seizième saison et lui aussi constate la baisse du nombre de postulants à ce travail difficile. Une pénurie qu'il comprend.

La formation dure un an, ça se passe les soirs et les week-ends. On la suit en parallèle de nos métiers ou de nos études, ça demande un certain engagement. Le travail paraît très cool, mais les jeunes ne sont pas bêtes : ils savent très bien que c'est une grosse responsabilité. Sur la plage, on peut avoir jusqu'à 300 vies entre nos mains, ce n'est pas rien !

Mathieu Chadelas, chef d'un poste de secours de Palavas

Une année complète de formation

Par ailleurs, certains candidats se manifestent trop tard, comme l'explique Laurent Sagnimorte, le chef du secteur Maguelone/Palavas à la SNSM : "si on veut être en place sur la plage au premier échelon de sauveteur qualifié en juillet de l'année prochaine, il faut s'inscrire au mois de septembre de cette année. Or, chaque fois, quand on démarre la formation, on n'a pas assez de monde. Et puis en février ou en mars, les gens viennent nous voir. Mais c'est trop tard, car la préparation est lourde et longue".

Il faut en effet 300 heures, dont deux soirées en piscine par semaine, et une douzaine de modules d'apprentissage des premiers secours et de sauvetage aquatique pour former un seul des 1447 nageurs-sauveteurs répartis dans 250 postes de secours. Pour cela, la SNSM dispose de 32 centres de formation en France.

19000 plagistes secourus chaque année

En 2021, l'association a secouru gratuitement 19000 personnes sur les plages françaises, dont 1100 enfants perdus et retrouvés. Si les sauveteurs sont bénévoles, ils peuvent être défrayés, voire rémunérés pendant la saison estivale lorsqu'ils sont mis à la disposition des municipalités de bord de mer.

Ecrit avec Christophe Monteil et Enrique Garibaldi.

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