Verdict aux assises de l'Hérault : de 25 à 30 ans de réclusion criminelle pour les meurtriers de Sofiane Perrin

Publié le Mis à jour le
Écrit par Ophélie Le Piver avec Sébastien Banus
Sofiane Perrin était âgé de 17 ans lorsque le drame a eu lieu.
Sofiane Perrin était âgé de 17 ans lorsque le drame a eu lieu. © H. Perrin.

Après 11 heures de délibération, les jurés ont rendu leur verdict dans le procès des meurtriers de Sofiane Perrin, tabassé à mort en mars 2016. Ils ont suivi en grande partie les réquisitions faites la veille par l'avocat général. Infligeant des peines de 25 ans à 30 ans de réclusion criminelle.

Après sept jours de procès aux Assises de l'Hérault, le verdict est donc tombé ce mardi soir concernant les 5 accusés du meurtre de Sofiane Perrin, battu à mort à l'âge de 17 ans dans la nuit du 29 au 30 mars 2016 pour une histoire d'argent sur fond de trafic de drogue. La plus courte peine échoit à Saïf Taïbi : 2 ans d'emprisonnement. Les plus lourdes vont de 25 ans pour Ademe Reghi, 28 ans pour Djamel Fellah et Anouar Taïbi et 30 ans de réclusion criminelle pour Hicham El Moutaouakil.

Enervement des condamnés

A l'énoncé du verdict, Anouar Taïbi a quitté la salle en hurlant son intention de faire appel, suivi de près par le bouillonnant Djamel Fellah. "C'est sans doute de trop lourdes peines" a réagi Maître Josy-Jean Bousquet, défenseur d'Anouar Taïbi, qui a reconnu sa culpabilité tout en niant avoir été le cerveau de l'affaire. L'avocat a tenté d'expliquer les réactions épidermiques des 2 condamnés :

Il y a de l'énervement parce que ça a duré 10 jours, qu'on a attendu le verdict 11 heures, que ce sont des jeunes qui voient leur avenir sombre dans les années qui viennent.

Maître Josy-Jean Bousquet,

avocat d'Anouar Taïbi

Un peu plus tôt, un autre avocat de la défense avait demandé une individualisation des peines, réclamant qu'on différencie les responsabilités de chacun. Il n'a pas été suivi par le jury. Ainsi, Adamee Reghi, dont le casier judiciaire était vierge contrairement à ceux des autres accusés, a écopé de 25 ans de réclusion alors que l'avocat général n'en avait réclamé que 22.

Un verdict divergent des réquisitions

A l'inverse, les peines prononcées à l'encontre de 3 des 5 protagonistes sont en-deça de ce qu'avait réclamé l'accusation : 30 ans pour Hicham El Moutaouakil qui encourait la perpétuité et 28 ans pour Djamel Fellah et Anouar Taïbi, contre lesquels 30 ans avaient été demandés. Un verdict qui, néanmoins, satisfait les parties civiles, à commencer par la mère de Sofiane, Laurence Perrin : "On est soulagés ! On a fait confiance à la justice et elle nous l'a rendu". En larmes, la sœur de Sofiane, Hourya Perrin, a ajouté :

Il n'y a rien évidemment qui sera à la hauteur de ce qu'on ressent, mais je pense que les peines sont exemplaires. Ça a été 10 jours très éprouvants, mais il y a tellement de soulagement qu'on va pouvoir essayer, maintenant, de commencer à faire notre deuil.

Hourya Perrin,

sœur de Sofiane Perrin

La parole aux accusés

La veille, la dernière journée du procès avait commencé par la prise de parole des différents accusés sur invitation de la présidente du tribunal. Tous ont dit regretter leurs actes, à commencer par Anouar Taïbi :

Je n’ai jamais voulu la mort de Sofiane, je n’ai pas de mots pour apaiser les victimes. Je regrette. Je pense à la famille de Sofiane, je pense aussi à ma famille et à mes deux filles. Je demande la clémence du tribunal et je demande pardon à tout le monde.

 Anouar Taïbi,

principal accusé considéré comme commanditaire

Une posture partagée par Hicham El Moutaouakil qui s’est exprimé avec beaucoup d’émotion : “Je ne sais pas quoi faire pour apaiser les victimes”, s'est-il lamenté, des trémolos dans la voix. “Si vous pensez que la peine demandée par Monsieur le procureur général peut les apaiser, je le ferai”. L’avocat général avait requis la perpétuité.

Changement de ton à la prise de parole de Djamel Fellah. Plus agressif, il a refusé "qu’on le traite de lâche" et a déclaré : “Je suis le seul à avoir voulu sauver Sofiane. Je ne suis pas le monstre que vous décrivez Monsieur Abratkiewicz”. Il a été rappelé à l’ordre. 

Une prise de parole qui s’est faite en l’absence des familles et des victimes, juste avant que les jurés se soient retirés en milieu de matinée pour délibérer.

Certain accusés ont annoncé qu'ils feraient appel de ce verdict.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.