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Quel bilan pour la 52e édition du Salon International de l'Agriculture ?

© Maxppp
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Placée sous le signe du mouvement, la 52e édition du salon de l'agriculture s'est achevée dimanche, au terme de neuf jours de débats sur la modernité, l'innovation, voire l'industrialisation de l'agriculture. A un mois des élections départementales, le défilé des politique a également été incessant.

Par Erick Haas avec l'AFP

Dans les chiffres ...

La plus grande ferme de France reste aussi le salon le plus populaire de l'hexagone. Avec plus de 691.000 visiteurs à la clôture dimanche soir (691.058 visiteurs exactement), c'est moins que les 703.000 entrées de l'an dernier, mais cela reste un résultat honorable pour les organisateurs qui craignaient que les attentats de Paris et un plan Vigipirate à son plus haut niveau ne suscitent plus de réticences. Globalement, les exposants et les éleveurs se montrent satisfaits de cette 52e édition, "malgré la disparition de la nocturne du vendredi, qui représentait deux journées de chiffre d'affaires" soulignent certains d'entre eux.

Le climat en toile de fond

Sur le fond, ce salon s'est déroulé dans un contexte important pour le climat. A la fin de l'année, Paris accueillera  COP21, la grande conférence de l'ONU chargée de discuter et d'entériner de grandes décisions pour l'avenir de la planète. Une conférence que d'aucuns qualifient déjà comme celle "de la dernière chance".
En France, l'agriculture est responsable de 21% des émissions de gaz à effet de serre. Et même si avec leurs prairies les éleveurs atténuent leurs bilans carbone, les agriculteurs doivent prendre leur part de responsabilité dans la résolution du problème.
Dans cette perspective, les nouvelles technologies apparaissent comme un levier important d'actions et elles ont été largement mises en valeur cette année. Les drones, les GPS ou les machines agricoles de précision peuvent par exemple permettre de réduire considérablement l'utilisation d'énergie et de pesticides.


OGM, fermes-usine, agroécologie ... Des points de crispation

Lors d'un entretien à Agra presse, la veille de l'ouverture du salon, le président de la République a entrouvert une porte, affirmant que la France devait "poursuivre" sa recherche publique sur les OGM. D'une manière plus générale, François Hollande a assuré vouloir "investir davantage dans la recherche" et "faire de l'innovation un principe fondamental pour notre  agriculture", en mobilisant des centres de recherche reconnus internationalement (Inra, Irstea et Cirad).
Un signal très encourageant pour la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, qui plaide pour une agriculture compétitive, innovante et productiviste.

A propos de productivisme, et en référence à la polémique autour de la ferme dite "des 1.000 vaches" dans la Somme, Jean-Luc Poulain, président du salon et président de la Chambre d'agriculture de l'Oise a "enfoncé le clou" ...

Il faut arrêter de se voiler la face, les étables de 1.000 vaches en Allemagne, il y en pléthore


Mais ce modèle est vivement critiqué par les syndicats minoritaires et notamment la Confédération paysanne qui s'inquiète qu'une trentaine de "fermes-usines" soient
à l'étude, ou déjà à l'oeuvre, dans le pays. 
Dans la presse d'ailleurs - et c'est assez rare pour être souligné - de nombreux journalistes ont critiqué ce salon qui cultive une image d'Epinal du paysan, loin de la réalité. "L'importance des investissements nécessaires pour rester dans la compétition risque en effet de faire exploser le modèle familial. La tendance serait plus au modèle nord-américain ou brésilien" avec une "financiarisation de l'activité agricole", a souligné par exemple Le Journal de la Haute-Marne.

Enfin, L'agroécologie, chère au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, est aussi jugée avec ironie par Libération "tant sa politique fait la part belle à l'agrobusiness".


Le salon, terrain de campagne

A un mois des élections départementales, le salon s'est également transformé en terrain de campagne. La possible progression du Front national en milieu rural était dans toutes
les têtes. François Hollande, Manuel Valls pour le gouvernement, puis Alain Juppé pour l'UMP, ont d'ailleurs mis en garde les agriculteurs contre la tentation du FN. Un discours dûment relayé par la FNSEA, mais qui a passablement agacé les agriculteurs présents au salon, qui auraient préféré qu'on parle plus d'agriculture et moins de politique.

C'est la ruralité qui vote FN, pas le monde paysan


... S'est agacé Jean-Luc Poulain, rappelant "heureusement qu'on a l'Europe pour avoir cette agriculture performante". Des propos qui arrivent en contrepoint à ceux de Marine Le Pen qui propose une re-nationalisation de la politique agricole commune, alors que l'agriculture reste le premier poste de dépenses de l'Union européenne.
La présidente du FN, a en tous cas arpenté le salon toute la journée de jeudi, lors d'une visite en forme d'opération séduction, alors que Nicolas Sarkozy, venu la veille, est resté moins longtemps, mais avec un objectif relativement similaire. De nouveau à la tête de l'UMP il s'agissait avant tout pour lui de prendre la température de l'opinion publique à son égard, ce que les journalistes sur place n'ont pas manqué de relever.

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