Visite d'Emmanuel Macron dans la vallée de La Roya : ce qu'attendent les sinistrés

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Écrit par Laurent Meney
Emmanuel Macron dans la Roya en 2020 après la catastrophe Alex
Emmanuel Macron dans la Roya en 2020 après la catastrophe Alex © Daniel Cole / AFP

C’était une promesse faite aux habitants de la Roya dans les Alpes-Maritimes, revenir dans la vallée après la tempête meurtrière Alex. Un lieu encore très marqué par la catastrophe. 15 mois après le drame, cela sera donc chose faite. Emmanuel Macron y est annoncé.

Emmanuel Macron se rendra à Nice et dans la vallée de la Roya lundi 10 janvier.

La dernière visite présidentielle dans la Roya date du 8 octobre 2020, une semaine après les crues qui avaient fait dix morts et huit disparus dans plusieurs vallées près de Nice et Menton.

La présence du chef de l'Etat est très attendue par une population encore meurtrie alors que des chantiers titanesques sont toujours en cours pour reconstruire la vallée et notamment les accès.

Un milliard d’euros a été investi dans la reconstruction, l’enveloppe globale des aides publiques a atteint 572 millions d’euros.

Parmi ceux qui seront présents lundi lors de la visite du chef de l’Etat, Sébastien Olharan, la maire de Breil-sur-Roya.  

L’essentiel c’est qu’il vienne

Sébastien Olharan

Maire de Breil-sur-Roya

Le maire fait référence au fait que sa venue était attendue pour l’anniversaire de la catastrophe.

"C’est important explique l’élu au-delà du symbole pour que l’on évoque la vallée dans la durée et pour l’image extérieure, que l’on se dise pourquoi ne pas aller faire du tourisme là-bas cet été."

Il ajoute : "cela participe du fait que l’on se relève explique-t-il avec conviction.  D’un point de vue politique il ajoute : "moi ce que je constate c’est que les engagements financiers de l’Etat sont tenus."

"On a eu un travail pertinent avec Xavier Pelletier", le préfet délégué à la reconstruction des vallées, "à Breil on n’a pas à se plaindre."

Évidemment reste problématique l’avenir de certaines maisons, définitivement inhabitables parfois qu’il faudra peut-être détruire, c’est du cas par cas, "on ne peut pas rayer d’un trait de plume tout un quartier."

"Pour les routes", ajoute le maire de Breil-sur-Roya, "le département a fait un travail remarquable".

Bien sûr il reste des points sur lesquels chacun doit travailler : la ligne ferroviaire avec l’Italie, tenter d’accélérer les travaux du tunnel de Tende.

Le maire qui demande un peu plus de souplesse : "parfois il nous faut beaucoup de temps pour obtenir des autorisations administratives,  par exemple vous n’imaginez pas le temps que j’ai passé pour remettre en place le jet d’eau de Breil !"

Et le moral des habitants ? Tout cet élan, les associations de bénévoles ont aussi joué un rôle positif. Et ces petites choses qui comptent.

"La mairie" explique Sébastien Olharan "est de nouveau accueillante, plus besoin de monter un étage, le rez-de-chaussé a été rénové. Et l’ancien bar a pu renaître sous le forme d’un chalet."

Descente aux enfers

Un optimisme que l’on retrouve aussi du côté de Tende. Pour son maire, Jean-Pierre Vassallo. "On était descendu aux enfers dans les heures qui ont suivi la tempête, la machine France est repartie. Quand je verrai le chef de l’Etat explique le maire je lui dirai ma reconnaissance, toutes les institutions ont suivi, le département, la communauté d’agglomération de la Riviera Française etc. "

Et puis confie Jean-Pierre Vassallo, "nul n’aurait parié qu’on  serait dans cette situation aujourd’hui, le train et les routes en partie rétablies, des prouesses techniques ont été faites. Mais on reste dans la douleur, 60 familles n’ont toujours pas pu rejoindre leur maison et les cicatrices sont toujours là."

De nombreux ouvrages d'art et routes restent à reconstruire. Dans la vallée de la Roya, le hameau de Casterino est encore largement coupé du monde en raison d'une route qui ne sera pas rétablie avant l'automne 2022, mettant en danger la survie de plusieurs établissements hôteliers.

Passage à Nice aussi

Emmanuel Macron se rendra lundi d'abord à Nice pour parler police et sécurité. A Nice, il rencontrera les forces de l'ordre et posera la première pierre du futur "hôtel des polices" qui doit réunir plusieurs forces de sécurité (police nationale et municipale, police des frontières, police judiciaire...) dans un commissariat doté de technologies de pointe, où travailleront à terme 2.000 agents, une première en France.

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