Législatives 2024 : Lelouis, Pena, Verny, Walter, Zulesi... ces 5 candidats pour qui ça s'est joué dans un mouchoir de poche

Cinq victoires ou défaites, selon le camp dans lequel on se place, se sont joués sur le fil dimanche 7 juillet, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Alpes-de-Haute-Provence, au second tour des élections légilsatives anticipées.

Candidats et militants ont retenu leur souffle jusqu'au dernier moment. Dans ces cinq circonscriptions des Bouches-du-Rhône et des Alpes-de-Haute-Provence, la victoire a basculé dans un camp à quelques centaines de voix près, dimanche 7 juillet, au second tour des élections législatives anticipées. Le Rassemblement national a remporté quatre victoires sur le fils dans les 3ᵉ, 8ᵉ et 14ᵉ circonscriptions des Bouches-du-Rhône et la 2ᵉ circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. L'union de la gauche a quant à elle créé la surprise dans la 11ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône. France 3 Provence-Alpes vous détaille ces cinq candidats pour qui ça s'est joué dans un mouchoir de poche.

Les élus 

835 voix d'avance pour Gisèle Lelouis (RN).

Le suspense a duré une partie de la nuit à Marseille. Le RN conserve in extremis son unique siège de 2022 à Marseille. La députée sortante RN de la 3ᵉ circonscription est réélue de justesse avec 50,93% des suffrages. Gisèle Lelouis a remercié ses électeurs dans un tweet, ajoutant " je continuerai à me battre pour vous, qui que vous soyez, d'où que vous veniez".

"Dans les prochaines semaines, je retournerai sur le terrain pour aller à votre rencontre dans nos quartiers nord de Marseille", assure la députée.

Son adversaire, Amine Kessaci, 20 ans, crée l'une des grosses surprises de ce second tour pour sa première campagne. Le charismatique jeune fondateur de l'association Conscience totalise 49,07% des voix, à peine, 835 voix derrière l'élue sortante.

"Je prends acte du vote populaire et de ma défaite face à une députée sortante absente", a déclaré Amine Kessaci devant ses soutiens, à l'annonce des résultats. "Il nous reste à nous battre, continuer à vivre et sourire, car notre sourire les embête. Nous avons une mission ce soir : face aux extrêmes, on ne baisse ni les yeux, ni les bras et on reste digne et fier", a-t-il ajouté.

272 voix d'avance pour Marc Pena (UG).

Dans la 11ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône, le candidat UG, apparenté socialiste, Marc Pena, ancien doyen de la faculté de droit, recueille  50,23% des suffrages face au candidat RN Hervé Fabre-Aubrespy (49,77%), ex-maire de Cabries, arrivé largement en tête du premier tour. 

"Je suis très très fier de cette victoire, j'avais 10 points de retard, c'était très difficile à rattraper, M. Fabre-Aubrespy est un candidat redoutable, je suis très heureux. J'ai su le faire en mobilisant le plus possible, notamment entre les deux tours les électeurs abstentionnistes et plus largement les électeurs de M. Laqhila qui s'est désisté, qui sont finalement venus sur ma candidature pour rejeter le RN", a souligné Marc Pena, sur France 3 Provence-Alpes, dimanche soir, qualifiant le maintien d'Anne-Laurence Petel de "déshonneur" dans l'autre circonscription aixoise. 

"Je pense que la façon dont s'est déroulée cette semaine, les pétitions qui ont circulé, les barrages, les déclarations sur les violentes manifestations qui ont été annoncées, ont joué en ma défaveur", a analysé le candidat battu.

Le député sortant Modem, qualifié pour le second tour avec 26,28% des suffrages, dans un mouchoir de poche avec 793 voix de retard sur Marc Pena, avait annoncé le lendemain du premier tour qu'il abandonnait la course pour faire barrage au RN.

858 voix d'avance pour Gérault Verny (UXD).

Quasi inconnu, Gérault Verny se cultive une notoriété en remportant la 14ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône, dans le secteur d'Aix-en-Provence. Proche de Marion Maréchal, le candidat de l'alliance RN-Ciotti a remporté la triangulaire avec 37,26% devant le socialiste aixois Jean-David Ciot (UG) 36, 03% et Anne-Laurence Pétel (26,71%).

Au premier tour, moins de trois points séparaient les trois candidats arrivés en tête. La députée sortante Ensemble, placée en troisième position, a maintenu sa candidature, malgré les consignes de son parti et les nombreuses voix l'accusant de faire le jeu du RN. "Il me semble normal que les candidats qui se sont présentés devant les électeurs respectent le choix des électeurs", s'est pour sa part félicité Gérault Verny, 39 ans, directeur d'une holding en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a toujours nié être encarté chez reconquête, mais Le Monde l'avait inclus dans une enquête sur les "cinquante lieutenants" d'Eric Zemmour pour sa campagne présidentielle de 2022.

Les battus

329 voix ont manqué à Jean-Marc Zulesi (ENS).

Le député sortant Ensemble de la 8ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône, Jean-Marc Zulesi (49,76%) battu par le candidat RN Romain Tonussi, conseiller municipal d'opposition de Miramas, âgé de 28 ans (50,24%). Il remporte sa première campagne. Une victoire sur le fil, 329 voix seulement séparent les deux candidats. Issue d'une famille de droite traditionnelle, Romain Tonussi a expliqué avoir basculé au RN après les attentats de 2015 et 2016, il milite en 2017 pour la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

"J'ai une part de responsabilité, c'est certain dans cette défaite, mais disons-le, les digues ont sauté ce soir, puisque beaucoup d'élus, notamment d'élus locaux n'ont pas fait le choix de me soutenir et de lutter contre le Rassemblement national", a regretté Jean-Marc Zulesi en direct sur l'antenne de France 3 Provence-Alpes dimanche soir, disant avoir "beaucoup d'inquiétude par rapport à notre avenir".

"On pensait que la victoire allait être presque large, mais finalement nous avons la victoire au bout et c'est ce qui compte," a réagi Romain Tonussi sur France 3 Provence-Alpes.

821 voix ont manqué à Léo Walter (LFI).

Tombeur de l'ex-ministre de l'Intérieur macroniste, Christophe Castaner, sur ses terres de Forcalquier en 2022, Léo Walter député sortant LFI de la 2ᵉ circonscription des Alpes-de-Hautes-Provence s'incline (49,03%) par 821 voix devant la candidate de l'union RN-Ciotti, Sophie Vaginay, 54 ans, maire de Barcelonnette élue en 2020, ex-RPR puis UMP et LR (50,97%).

"Il y a des défaites qui sonnent comme des victoires, a réagi Léo Walter sur X (anciennement Twitter). Ce soir, nous avons perdu une bataille dans les Alpes-de-Haute-Provence, mais un immense espoir s’est levé en France. Le combat n’est pas terminé : il commence !".

Après de longues années chez Les Républicains, Sophie Vaginay a fait le choix de l'alliance avec le Rassemblement national prônée par Eric Ciotti, expliquant vouloir défendre des "valeurs de travail, de méritocratie, de sécurité et d'ordre".  "Je pense qu'il faut faire l'union des droites pour arriver à sortir de l'ornière dans laquelle le président (Emmanuel Macron, ndlr) nous a placés", a-t-elle ajouté.

L'actualité "Politique" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Provence-Alpes-Côte d'Azur
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité