Témoignage. "Ici, c'est mieux pour mon esprit et pour les enfants", une famille relogée après l'incendie de Vaulx-en-Velin

Publié le Écrit par Dolores Mazzola et Sandie Goldstein

À Vaulx-en-Velin, il y a un an, le 15 décembre, un incendie meurtrier a coûté la vie à 10 personnes dont quatre enfants. Sur les 31 familles devant être relogées cinq dossiers n'ont toujours pas trouvé d'issue. Rencontre avec des familles.

"Ici, c'est un immeuble de trois étages. Même du premier étage, je peux sauter. L'ascenseur marche tout le temps. Il y a un gardien et personne ne squatte en bas. C'est mieux pour mon esprit et les enfants", explique Loulou. Avec sa famille, elle est l'une des rescapées du terrible incendie du 12 Chemin des Barques, à Vaulx-en-Velin il y a un an.

Vérifier si les issues sont accessibles, s'il est possible de sauter par les fenêtres... La nuit du drame a laissé des traces. Malgré le traumatisme, cette mère de famille est aujourd'hui rassurée dans le nouveau bâtiment qu'elle occupe. Mais la question du relogement pour les familles rescapées reste complexe, un an après le drame.

Rester à Vaulx-en-Velin

Dans la nuit du 15 au 16 décembre il y a tout juste un an, un immeuble de sept étages à Vaulx-en-Velin était ravagé un terrible incendie. Le sinistre a fait 10 morts dont 4 enfants et 24 blessés. L'immeuble a été vidé de ses occupants : personne n'a pu regagner les lieux. Des travaux sont toujours en cours. Un an après, la question du relogement des occupants est toujours aussi cruciale et complexe pour les pouvoirs publics.

La moitié des familles qui ont pu être relogées l’ont été à Vaulx-en-Velin. C'est le cas de Loulou Abdallah et sa famille. Ils sont restés comme ils le souhaitaient dans la cité Vaudaise. Après trois mois dans un logement provisoire, le couple et ses trois enfants se sont finalement installés en mars dernier dans un T3 lumineux. Les trois enfants dorment dans la même petite chambre. La famille est un peu à l'étroit mais les propositions de relogement ne se bousculaient pas. La volonté de reprendre une vie normale a été plus forte que tout. La famille a accepté ce logement, un peu petit. Mais ils ont surtout le sentiment d'être enfin en sécurité.

"Cette aide nous a sauvés"


Comme les autres occupants, la famille sinistrée a tout perdu dans l'incendie qui a ravagé leur ancien immeuble du Mas du Taureau. Elle a été contrainte de tout racheter. Si la mairie a fourni des affaires de première nécessité, cette famille a aussi bénéficié des élans d'un des nombreux élans de générosité ayant suivi l’incendie. La famille a également pu bénéficier d’une cagnotte récoltée par une association.

Loulou a obtenu de quoi pouvoir assurer le quotidien : "Ils nous ont acheté une gazinière, le frigo, une machine à laver et les lits", commente cette mère. Un sérieux coup de pouce pour permettre à cette famille Vaudaise de redémarrer. "Sans cette aide, je ne sais pas comment j'aurais fait parce que les assurances prennent du temps. Ça nous a sauvés", assure Loulou.

Des ménages encore sans solutions

Sur les 31 ménages sinistrés devant être relogés cinq dossiers n’ont toujours pas trouvé d’issue. Notamment pour des raisons administratives. Quant aux demandes des foyers, elles concernent souvent de grands appartements. Mais l’offre est rare. Quand elle existe, les loyers sont élevés. 

Chemin des barques, Laetitia Berriguiga vivait au 7ème étage. Chez elle aussi, le traumatisme est encore bien présent. Au lendemain du sinistre, une association s'est montée "pour se soutenir et être entendus". Elle est la présidente de l'association des "victimes de l'incendie des barques" et accompagne les sinistrés. "Aujourd'hui, je suis toujours en train de chercher des soins psychologiques pour certaines personnes", explique la jeune femme. 

"Le toit sur la tête, c'est le point de départ qui permet de commencer à penser au reste, aux soins psychologiques et physiques, à l'avenir, à la reconstruction et à la justice aussi. C'est très important", explique-t-elle.

Et les propriétaires ? 

Si avoir un toit est essentiel pour commencer à se reconstruire, un an après rien n’est fini à Vaulx-en-Velin. Le père de Laetitia Berriguiga est propriétaire au 12 chemin des barques. Si la situation des locataires a été traitée, celle des propriétaires est encore floue selon la jeune femme. "Les propriétaires bataillent toujours avec leurs assurances pour avoir les meilleures indemnités et entreprendre des travaux dans leur logement, sans savoir si ensuite ils vont pouvoir le réintégrer ou devoir le vendre. Il y a aussi le volet judiciaire qui nous préoccupe beaucoup", explique Laetitia Berriguiga.

Laetitia, son père, Loulou et beaucoup d’autres seront présents samedi 16 décembre à Vaulx-en-Velin pour participer à la marche blanche en hommage aux victimes.

Ne manquez ce vendredi 15 décembre, le journal de France 3 Rhône-Alpes qui consacre une page spéciale à l'incendie de Vaulx-en-Velin. Un an après le drame du 12 Chemin des Barques, des reportages pour faire le point sur cette affaire. Marie-Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin, sera invitée sur le plateau du journal. 

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