Dijon : "il n’y a aucun danger", un pique-nique organisé pour défendre le non-port du masque à l’extérieur

Réunis au jardin de l’Arquebuse de Dijon en Côte-d’Or, les participants revendiquent le droit de ne pas porter le masque à l’extérieur et prônent le retour à une vie sociale normale.

"C'est une façon de retrouver des liens", explique une participante.
"C'est une façon de retrouver des liens", explique une participante. © France 3 Bourgogne

Ils étaient plus de 60 à avoir partagé un pique-nique au jardin botanique de l’Arquebuse à Dijon ce samedi 27 mars. Un regroupement pour proclamer la liberté de choisir de porter le masque ou non et pour affirmer le besoin de retrouver du lien social. Plusieurs associations et collectifs dont Reinfo Covid étaient à l’initiative de ce rassemblement.

"On est dans une situation où il y a un discours unique très anxiogène, expose le Docteur Claire Gallon, médecin généraliste à Asnières-les-Dijon (Côte d'Or), porte-parole du collectif. Nous, on veut dire qu'il est possible de gérer la crise autrement".

Des mesures sanitaires trop dures

La praticienne pointe alors du doigt le port du masque à l’extérieur, responsable d’instaurer la peur entre les individus. "Aujourd’hui, il faut avoir peur de l’autre et même de soi-même pour l’autre. Cette peur est invivable. Il faut lâcher ça", plaide-t-elle.

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Renouer une pratique sociale et rompre l’isolement, c’est ce que sont venus chercher beaucoup de participants. "On est chacun dans son coin. On ne sait plus qu’on est en lien, qu’on existe ensemble. Ce n’est pas seulement un pique-nique, c’est aussi une façon de retrouver des liens, de savoir qu’on existe ensemble", affirme Catherine.

Je ne vois plus de cas de Covid en tant que médecin, mais je vois des gens en détresse, dans l’isolement, dans la perte d’emploi, dans l’angoisse.

Claire Gallon, porte-parole Re-info Covid

Si la Côte-d’Or présente un taux d’incidence inférieur à celui de la France (147 cas pour 100 000 habitants dans le département, contre 325 cas pour 100 000 habitants sur l’ensemble du territoire), les hôpitaux constatent une hausse des prises en charge de patients. Au total, 211 personnes étaient hospitalisées en Côte-d’Or ce vendredi 26 mars, soit six de plus que jeudi.

Ils contestent les chiffres officiels

Des chiffres que certains manifestants présents ce samedi midi contestent, comme Michèle : "Je ne crois pas du tout aux informations officielles. Nous savons que les chiffres sont faux, très augmentés".

Pour beaucoup, le coronavirus ferait moins de morts qu’au plus haut de la pandémie. Pour rappel, 803 personnes sont décédées du Covid depuis le début de l’épidémie en Côte-d’Or. Un décès a été recensé ce vendredi dans le département.

"On est clairement sur une épidémie saisonnière, qui risque de revenir tous les ans, avec une mortalité quasiment équivalente à celle de la grippe. La problématique est uniquement sur une saturation des hôpitaux", confie la porte-parole de Reinfo Covid.

Ils jugent ce rassemblement sans danger

Un rassemblement en groupe et sans masque, et ce malgré l’interdiction de se rassembler à plus de 6 à l’extérieur. Ce mardi 23 mars, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a demandé aux préfets de région de se montrer plus sévères dans les sanctions à l’égard de ceux qui pourraient enfreindre les mesures sanitaires.

"Pourquoi 6 personnes maximum ? Pourquoi pas 5 ? Pourquoi pas 7 ? D’où ça sort 6, quelle est l’étude scientifique ? Il n’y en a pas ! Quelle est l’étude scientifique sur les masques à l’extérieur ? Il n’y en a pas !", répond Claire Gallon.

Il n’y aucun danger à ce qu’on est en train de faire. On est juste dans de la joie, du partage, de la simplicité. Et ça c’est positif en fait.

Claire Gallon, porte parole Re-info Covid

L’ensemble des participants estiment ainsi ne prendre aucun risque en se rassemblant ce samedi midi. "Il faut bien montrer que nous ne sommes pas dangereux. Le virus ne se transmet pas si facilement que ça, il faut vraiment des contacts très serrés. Il faut rencontrer des gens déjà malades avec des symptômes", avance Michèle.

La préfecture explique ne pas avoir autorisé un rassemblement qu'elle juge "irresponsable" dans le contexte sanitaire actuelle.

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